Projet «Lab-école»: les syndicats d'enseignants en colère

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx a assuré jeudi que des femmes et des enseignants feraient partie du projet. Il a aussi salué l'aide offerte par Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault.

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Les syndicats d'enseignants ont déploré jeudi que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx ait fait appel à un trio de personnalités connues pour réfléchir à l'école de demain, au lieu de consulter les enseignants sur le terrain. «Le ministre a fait le choix de ne pas travailler avec les enseignants», a résumé Sylvie Théberge, vice-présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).

La Presse a révélé jeudi que les vedettes dans leur domaine d'expertise Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault avaient obtenu un budget de 1,5 million de dollars par année pour le projet «Lab-école», mentionné brièvement dans le budget Leitão mardi. Les trois hommes, qui ne seront pas rémunérés pour ce travail, auront un an pour «développer les concepts» des écoles québécoises du futur et remettre un rapport au ministre Proulx. Ils devront concevoir un «nouveau milieu de vie qui donne le goût aux enfants d'apprendre», indiquent les documents budgétaires.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx a assuré jeudi que des femmes et des enseignants feraient partie du projet. Il a aussi salué l'aide offerte par Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault. « Je vais toujours recevoir comme un bon coup de main un appui, et surtout saluer l'engagement de gens qui disent : je ne vais pas là pour avoir des contrats, mais pour contribuer à l'avancement de la société», a-t-il déclaré à La Presse

Le président de la Fédération autonome des enseignants (FAE) a tiré à boulets rouges sur cette initiative du ministre Proulx. « C'est un geste méprisant à l'endroit des profs ! Il y a quelque chose de complètement hallucinant ! Est-ce que ce ministre-là a perdu pied dans la réalité ? Il est ailleurs que dans la réalité», s'insurge Sylvain Mallette. 

Le président du syndicat, qui représente 34 000 enseignants, dénonce cet «exercice de relations publiques» et «électoraliste» du ministre. Même s'il ne remet pas en question les compétences de ces trois experts, Sylvain Mallette maintient que les enseignants auraient très bien pu faire le travail du «trio de choc» sans «partir en voyage». «On dit au ministre : écoutez-nous, on en a des solutions. On le sait que ça prend des écoles saines, des écoles ouvertes sur leur milieu, des écoles vertes, etc. », dit le président de la FAE.

«Ç'a été comme une claque au visage», a réagi la vice-présidente de la FSE, Sylvie Théberge, en apprenant le financement de ce laboratoire d'idées. «Ce que [le ministre Proulx] est en train de nous dire officiellement, c'est que le point de vue des vedettes vaut plus que celui des enseignants et enseignantes, ce qui est un peu insultant», dénonce-t-elle.

Selon Sylvie Théberge, le ministre Proulx devrait d'abord «améliorer l'école d'aujourd'hui» en haussant le financement, puis consulter les enseignants «pour penser à l'école de demain». «On n'est pas contre le projet, mais actuellement des élèves en difficulté n'ont pas de service», dit-elle. La FSE représente 35 syndicats d'enseignants et 65 000 enseignants.

Ce projet est une «opération marketing» du ministre Proulx souligne la présidente de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Renaud. « C'est beaucoup plus vendeur de parler de ça que de parler de la réalité actuelle dans nos écoles publiques, et particulièrement à la Commission scolaire de Montréal. Il y a des élèves en détresse dans nos écoles, des élèves qui pensent à décrocher, des élèves qui vivent échec après échec, parce qu'ils n'ont pas les services requis», dénonce-t-elle.

Catherine Renaud maintient que les enseignants sont bien mieux placés que ces trois hommes pour réfléchir à l'école de demain. «On espère que ces gens-là ne réfléchiront pas tout seuls dans leur coin et qu'il y aura une réflexion et une concertation avec les enseignants et enseignantes, parce que sinon, ils vont travailler dans le vide. On va peut-être avoir de belles écoles, mais qui ne seront pas fonctionnelles», dit-elle. 

Le chef cuisinier et animateur Ricardo Larrivée, l'architecte Pierre Thibault et Pierre Lavoie, du Grand Défi Pierre Lavoie, ont refusé de nous accorder une entrevue jeudi pour diverses raisons. M. Larrivée était en tournage, alors que Pierre Lavoie était à l'extérieur du pays. En entrevue avec Radio-Canada jeudi matin, Pierre Thibault a évoqué un «projet de société [...] à être partagé avec toute la communauté». « On est une société avancée. On est capables de faire les meilleures écoles au monde», a dit l'architecte.

- Avec la collaboration de Denis Lessard




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