Une école ferme en raison de malaises chez des élèves

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Selon Annette Dubé-Vollant, directrice des services éducatifs, il y a eu au cours des derniers jours l'installation d'une génératrice et la conversion du système de chauffage, qui est passé du mazout à l'électricité. Et ensuite, cette odeur, qui a entraîné toutes sortes de malaises.

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Louise Leduc
La Presse

L'école primaire de la communauté atikamekw de Manawan (située à 90 kilomètres au nord de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière) est fermée depuis mardi en raison de divers malaises - étourdissements, vomissements, maux de tête - dont se sont mis à souffrir des élèves et des membres du personnel. Une preuve de plus, selon le conseil de bande, de la vétusté de cette école.

« Ça fait dix ans qu'on demande au gouvernement fédéral d'avoir une nouvelle école, explique Jean-Roch Ottawa, chef du conseil de bande des Atikamekw de Manawan. Elle est trop petite, trop vieille, on la rafistole depuis des années. En 2014, en raison de moisissures, il a fallu faire des travaux de décontamination, mais ça ne suffit pas. »

Au cours des derniers jours, explique Annette Dubé-Vollant, directrice des services éducatifs, il y a eu installation d'une génératrice et conversion du système de chauffage, qui est passé du mazout à l'électricité. Et ensuite, cette odeur, qui a entraîné toutes sortes de malaises. « Nous n'avons pas voulu prendre de risque et l'école a été fermée pour le reste de la semaine. L'odeur est de moins en moins forte, une firme spécialisée en hygiène industrielle nous dit qu'elle pourra peut-être rouvrir cette semaine. »

Il reste que l'école est trop vieille, qu'on n'en finit plus de la rabibocher, dit-elle aussi. L'école, elle explose. « On attend 84 enfants à la maternelle 4 ans à la rentrée prochaine et on n'a aucune idée où on va les mettre. Dans des roulottes, j'imagine », illustre-t-elle.

À un moment donné, le gymnase a été condamné : à la fonte des neiges, le toit coulait.

« POURQUOI LES CHOSES TARDENT-ELLES TANT, CHEZ NOUS ? »

L'état de délabrement de l'école doit être connu, insiste le chef Ottawa. « Cette misère doit être dite, souligne-t-il. Vivrait-on pareille situation à Joliette ? »

En tout cas, à Montréal, moisissures et manque d'espace sont aussi le lot de plusieurs écoles, lui soumet-on. « Oui, j'entends dire cela, mais chez vous, parfois, on entend dire qu'on détruit des écoles insalubres et qu'on en reconstruit ou qu'on en rénove. Pourquoi les choses tardent-elles tant, chez nous ? Parce qu'on est une Première Nation ? On a notre part de responsabilité dans la misère qu'on vit, on l'assume, mais le gouvernement, qui a constitué les réserves, a aussi la sienne. »

Or, le gouvernement n'écoute pas Manawan, se plaint-il, disant ne pas avoir eu d'accusé de réception à sa lettre de février au ministère des Affaires autochtones dans laquelle une nouvelle école est réclamée.

Andicha Ottawa, dont le fils fréquente l'école primaire, explique qu'il a souffert, lui, de maux de tête et d'étourdissement.

Il va mieux et il n'était pas mécontent de pouvoir profiter du soleil et de la neige pendant ces journées de congé venues de nulle part. Mme Ottawa trouve cela moins drôle. « Les enfants étaient en examen, j'espère que les journées vont être reprises. »

Pour sa part, le ministère des Affaires autochtones a fait savoir qu'il suivait la situation de près et que « ses représentants [étaient] en communication sur une base continue avec le conseil de bande et s'assurent, entre autres, que les élèves ser[aie]nt de retour en classe dans les plus brefs délais ».




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