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Cours d'éducation financière: Proulx presse le pas malgré l'opposition des syndicats

Sébastien Proulx, ministre de l'Éducation du Québec... (Archives La Presse canadienne)

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Sébastien Proulx, ministre de l'Éducation du Québec

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(Québec) Menacé de poursuites par les syndicats, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, modifie à la dernière minute le régime pédagogique afin d'implanter dans les règles le cours d'éducation financière pour la rentrée automnale. Le délai est si serré qu'il écourte la durée normale de consultation pour arriver à respecter les conventions collectives des enseignants.

Il rendra public aujourd'hui, dans la Gazette officielle, son projet de règlement pour modifier le régime pédagogique, passage obligé pour créer un nouveau cours. Ce projet, dont La Presse a pris connaissance, ajoute l'éducation financière à la liste des matières obligatoires en cinquième secondaire.

Comme prévu, le cours Monde contemporain sera amputé pour faire une place au nouveau cours. Il passera de quatre à deux unités, donc de 100 à 50 heures. L'éducation financière comptera pour deux unités (50 heures). Les écoles ajouteront toutefois Monde contemporain parmi les cours à option afin d'offrir la possibilité aux élèves d'avoir accès à toute la matière du programme.

Le projet de règlement est publié dans la Gazette officielle, ce qui donne la possibilité aux personnes et aux groupes intéressés de soumettre leur opinion au gouvernement avant que la décision ne soit prise officiellement. La durée de consultation est normalement de 45 jours. Or, dans un geste rare, Sébastien Proulx a décidé de la raccourcir à 20 jours.

PAS D'AUTRE CHOIX, DIT LE CABINET

À son cabinet, on explique que la démarche est tout à fait légale et que les autorisations nécessaires ont été obtenues. Le gouvernement n'avait d'autres choix que d'écourter la consultation pour respecter les conventions collectives, explique-t-on.

En vertu des contrats de travail des enseignants, les commissions scolaires doivent, avant la fin du mois d'avril, déterminer leurs besoins d'effectifs pour l'année scolaire à venir et en informer les syndicats. Elles doivent également leur remettre la liste des enseignants qui seront affectés, et ce, par discipline.

Depuis des semaines, les syndicats menacent d'intenter des recours judiciaires, reprochant au gouvernement de ne pas respecter les règles avec l'implantation du cours d'éducation financière dès la prochaine rentrée. Ils craignent que les délais prévus aux conventions collectives ne soient pas respectés par les commissions scolaires.

LETTRE EN NOVEMBRE

Sébastien Proulx avait envoyé une lettre le 24 novembre aux commissions scolaires pour les informer de sa décision d'introduire l'éducation financière à la rentrée 2017. Mais le flou persistait, puisqu'aucun changement au régime pédagogique n'avait été présenté officiellement. Le ministre le dissipe aujourd'hui.

De son côté, l'Association québécoise pour l'enseignement en univers social demande un moratoire sur l'implantation du cours d'éducation financière, qui se fait selon elle beaucoup trop rapidement. Elle veut surtout préserver le cours Monde contemporain dans son intégralité. Elle reproche au ministre de ne pas avoir procédé d'abord par un projet-pilote dans quelques écoles, comme il l'a fait pour le nouveau cours d'histoire.




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