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Plaidoyer de la Santé publique de Montréal pour les CPE

« En moyenne, les CPE offrent des services de... (Archives La Presse)

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« En moyenne, les CPE offrent des services de meilleure qualité. C'est l'ensemble des enquêtes qui appuient ces conclusions », soutient en entrevue la Dre Catherine Dea, coauteure du mémoire qui sera présenté aujourd'hui devant la Commission sur l'éducation à la petite enfance.

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Pour « réduire les inégalités sociales » et « favoriser le développement des enfants », la Direction régionale de santé publique (DSP) de Montréal recommande l'ajout de places en centres de la petite enfance (CPE) dans les quartiers défavorisés et un moratoire sur les nouvelles places en garderies privées. Ces recommandations se retrouvent dans un mémoire obtenu par La Presse qui sera présenté aujourd'hui devant la Commission sur l'éducation à la petite enfance.

Cette consultation « indépendante et non partisane » gérée par l'Institut du Nouveau Monde a été lancée par l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) pour « dresser un bilan sur l'éducation à la petite enfance au Québec » 20 ans après le lancement de la politique familiale du Québec. L'AQCPE représente « les intérêts de la majorité » des CPE du Québec.

Même si ses recommandations donnent un appui majeur aux CPE, le directeur de la Santé publique de Montréal, Richard Massé, assure ne pas faire de « politique partisane en aucune façon ».

ÉTUDES À L'APPUI

Le mémoire de 38 pages de la Santé publique montréalaise fait état de dizaines d'études scientifiques pour appuyer ses trois grandes recommandations : augmenter l'accès aux CPE, améliorer la qualité dans l'ensemble des services éducatifs à l'enfance et valoriser l'action entre les acteurs des différents réseaux. Le DSP propose notamment d'accroître les exigences de formation pour les éducatrices et d'offrir gratuitement des places à temps plein en CPE à tous les enfants vivant sous le seuil de faible revenu.

« [Le CPE] est le modèle qui offre le plus de potentiel pour améliorer le développement des enfants et pour réduire les inégalités de santé. En moyenne, les CPE offrent des services de meilleure qualité. C'est l'ensemble des enquêtes qui appuient ces conclusions », soutient en entrevue la Dre Catherine Dea, coauteure du mémoire. Toutefois, il existe un grand « enjeu d'accessibilité », déplore-t-elle, puisque les enfants de familles plus défavorisées sont ceux qui fréquentent le moins les CPE, même si ce sont eux qui en profiteraient le plus.

ASSURER LA QUALITÉ DES SERVICES

Selon la Santé publique montréalaise, les études démontrent que les garderies privées non subventionnées, dont le nombre de places a augmenté de 554 % depuis 2009, offrent un service de moindre qualité. Le DSP recommande ainsi de « freiner le développement des garderies privées » jusqu'à ce que des mesures pour améliorer leur qualité soient prises.

« On ne fait pas ça parce qu'on est contre le développement de services privés. On dit : il faut d'abord que la qualité des services soit assurée, et c'est la chose qui apparaît primordiale, primordiale », martèle le directeur Richard Massé, en détachant chaque syllabe.

La Santé publique montréalaise émet également de sérieuses réserves sur le déploiement tous azimuts de la maternelle aux enfants de 4 ans en l'absence d'évaluations « rigoureuses et scientifiques » à l'appui de cette mesure. « La priorité, c'est que les enfants aient accès à des services le plus tôt possible pour pouvoir se développer avec la meilleure qualité », soutient Richard Massé.

- Avec Ariane Lacoursière, La Presse

QUELQUES LIGNES DIRECTRICES 

  • Développer de nouvelles places en CPE en ciblant prioritairement les quartiers défavorisés et les quartiers moins bien desservis.
  • Offrir gratuitement des places à temps plein en CPE à tous les enfants vivant sous le seuil de faible revenu et en faire la promotion.
  • Déclarer un nouveau moratoire sur le développement de nouvelles places en garderies privées.
  • S'assurer que 100 % des éducatrices satisfont aux exigences de formation initiale du ministère de la Famille et qu'elles aient accès à de la formation continue.
  • S'assurer que la qualité des maternelles 4 ans à temps plein et leur impact positif sur le développement des enfants aient été démontrés par des évaluations rigoureuses avant de les déployer à plus grande échelle.
  • Augmenter le financement à la mission des organismes communautaires travaillant auprès des enfants et de leur famille.

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