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Écoles anglophones désertées, bilinguisme réclamé

En 18 ans, le nombre total d'élèves a chuté... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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En 18 ans, le nombre total d'élèves a chuté de près du quart dans les écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire English-Montréal.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

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Pendant que les élèves s'entassent dans les écoles publiques francophones de Montréal, leur nombre est en chute libre dans les écoles anglophones. Et les prochaines années ne s'annoncent guère mieux avec des établissements qui deviendront carrément vacants, selon des données obtenues par La Presse. Une situation qui n'est pas étrangère à la loi 101 sur la langue française, estime la Commission scolaire English-Montréal, qui entend promouvoir le bilinguisme.

Chute du nombre d'élèves

En 18 ans, le nombre total d'élèves a chuté de près du quart dans les écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM), la plus vaste commission scolaire anglophone de la province avec environ 80 établissements. Cette semaine, à peine un peu plus de 19 000 jeunes ont fait leur rentrée, comparativement à 25 000 en 1998. La chute d'inscriptions est plus importante au secondaire et dans certains arrondissements, notamment dans Saint-Léonard et Villeray. À l'école secondaire John-F.-Kennedy, rue Villeray, le nombre d'élèves a chuté de près de la moitié, avec à peine 300 élèves, comparativement à près de 600 en 2010. Ironiquement, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) est en manque criant de classes pour ses élèves dans ce secteur de la métropole.

« Être bilingue, c'est gagnant »

Sous le nouveau slogan « Être bilingue, c'est gagnant », English-Montréal entend donner le coup d'envoi à une vaste campagne de promotion du bilinguisme. Elle en dévoilera les détails, aujourd'hui, à l'école primaire Pierre-de-Coubertin, dans Saint-Léonard, où on note une centaine d'inscriptions en moins depuis cinq ans, avec 492 élèves. « La loi 101 et l'impossibilité pour les immigrants de fréquenter nos écoles sont les principaux facteurs de la baisse d'inscriptions, estime la présidente de la CSEM, Angela Mancini. On constate cependant que des parents qui seraient admissibles choisissent des écoles francophones. Il faut faire comprendre qu'il est possible d'apprendre les deux langues de façon soutenue dans nos écoles. On a d'ailleurs un des plus hauts taux de réussite dans nos écoles », fait-elle remarquer.

98 152
C'est le nombre d'élèves inscrits cette année dans une ou l'autre des quelque 327 écoles publiques anglophones, secteur primaire, secondaire et adulte, pour l'ensemble des neuf commissions scolaires de langue anglaise du Québec. À titre comparatif, la CSDM compte près de 115 000 élèves répartis dans 190 établissements.

Des écoles vacantes

Dans l'ouest de l'île de Montréal, la Commission scolaire Lester B. Pearson compte 500 élèves de moins au primaire et au secondaire que l'an dernier, avec cinq bâtiments vacants, dont trois écoles primaires vouées à la vente. Dans l'arrondissement de Lachine, un moratoire d'un an a été accordé à l'école secondaire Lakeside, de la rue Sherbrooke, où on compte cette année 445 élèves pour une capacité de 1150 élèves. Les autres arrondissements les plus touchés par les baisses de clientèle sont Verdun et LaSalle, arrondissement où deux écoles primaires sont vacantes. À Pointe-Claire et à Baie-d'Urfé, une légère augmentation est prévue dans certaines écoles primaires. Plus à l'ouest, à l'école secondaire Westwood d'Hudson, il y a 585 élèves inscrits pour une capacité d'accueil de plus de 1000 jeunes.

« Les deux clientèles cohabiteraient »

Selon la présidente de la Commission scolaire Lester B. Pearson (CSLBP), la solution passerait par des écoles bilingues. « Pour les immigrants, même des États-Unis, c'est impossible de fréquenter une école anglophone, déplore Suanne Stein Day. La solution serait de permettre l'ouverture d'écoles bilingues, où les deux clientèles cohabiteraient. Il faudrait aussi nous permettre l'ouverture de classes d'accueil. Nous sommes des experts du français, langue seconde. Il ne faut pas l'oublier », dit-elle. Cette année, la CSLBP comblera une partie de sa baisse de la clientèle grâce à 120 élèves provenant de Chine, et une légère hausse dans les maternelles.

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