Droits de scolarité: le nombre d'étudiants français stagne

L'engouement des étudiants français ne se tarit pas, sauf... (PHOTO ÉMILIE CÔTÉ, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'engouement des étudiants français ne se tarit pas, sauf que la croissance semble avoir été stoppée.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

L'attrait du Québec ne se dément pas chez les étudiants français, malgré une hausse draconienne de leurs droits de scolarité, mais le nombre d'inscriptions stagne, selon les données les plus récentes du ministère de l'Enseignement supérieur obtenues par La Presse canadienne.

Depuis 2015, au nom du retour à l'équilibre budgétaire, les étudiants français inscrits au baccalauréat dans une université québécoise ne bénéficient plus de la réciprocité qui leur permettait de payer les mêmes droits de scolarité que leurs camarades d'ici, comme c'était le cas auparavant en vertu d'une entente avec la République française et le Gouvernement du Québec signée en 1978.

Désormais, ils sont assujettis aux mêmes grilles de tarifs que les étudiants canadiens hors Québec. Leurs droits de scolarité sont donc passés de près de 2300 $ à environ 7000 $ par année à plein temps.

Néanmoins, l'engouement ne se tarit pas, sauf que la croissance semble avoir été stoppée. Un tableau informationnel fourni par le ministère de l'Enseignement supérieur permet de constater qu'en 2015, ils étaient 10 272 Français à s'inscrire au premier cycle à l'automne, comparativement à 10 104 en 2014, soit à peine 168 étudiants de plus.

À titre de comparaison, entre 2010 et 2014, les inscriptions en provenance de la France sont passées de 5822 à 10 104, soit une hausse de pratiquement 74 % en cinq ans.

Le ministère ne dispose pas encore des chiffres officiels pour la session d'automne 2016, même si la période d'inscription est terminée.

Incidemment, l'augmentation des inscriptions françaises est beaucoup plus forte aux deuxième et troisième cycles, qui ont été épargnés par les changements de tarification et qui jouissent encore de la réciprocité.

Ainsi, au deuxième cycle, la cohorte d'inscrits originaires de France a grimpé de 2943 à 3272 (+11 %), de l'automne 2014 à celui de 2015. Au troisième cycle, pour la même période, les candidats français au doctorat sont passés de 1303 à 1392.

Notons toutefois que là encore, les hausses étaient bien plus marquées de 2010 à 2014. Les candidats français à la maîtrise étaient 2097 en 2010 et 2943 en 2014 (+40 %), tandis que les rangs des doctorants s'accroissaient de 885 à 1303 (+ 47 %).

En avril dernier, lors de l'étude des crédits budgétaires du ministère de l'Enseignement supérieur, l'opposition officielle avait manifesté des inquiétudes concernant l'effet de la hausse des droits de scolarité sur le pouvoir d'attraction des universités de langue française.

Le Parti québécois soupçonnait le gouvernement Couillard de vouloir déréglementer encore davantage les droits de scolarité des étudiants étrangers, une mesure qui profiterait bien davantage financièrement aux universités de langue anglaise qu'à celles de langue française, selon ce que faisait valoir le PQ.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, avait alors refusé de s'engager à ne pas hausser davantage les droits de scolarité des étudiants étrangers. Elle avait déclaré qu'elle attendait les résultats d'une étude d'impact avant de trancher.

Contacté lundi après-midi, le porte-parole de la ministre, Thierry Bélair, devait préciser si Mme David avait obtenu l'étude d'impact demandée, mais n'a pas donné suite à la demande de renseignement.

La décision unilatérale de hausser les droits de scolarité des étudiants français inscrits ici avait provoqué un froid diplomatique entre le Québec et la France.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, avait alors invoqué les «priorités budgétaires» et la «situation des finances publiques». Elle avait affirmé que tout le monde allait «faire des sacrifices» et «mettre l'épaule à la roue».

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