Des réfugiés syriens apprennent le français en classe d'accueil

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Avant de pouvoir fréquenter les classes régulières au Québec, les enfants réfugiés doivent apprendre les rudiments du français dans des classes d'accueil.

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne

L'enseignante Evelyn Bissonnette demande à ses 14 jeunes élèves de se lever, à tour de rôle, et de se présenter.

« Bonjour, dit un petit bonhomme, d'un ton assuré, et en français. Je m'appelle George, j'ai sept ans et je parle français, arabe et anglais. Et je viens de Syrie. »

George est arrivé au Canada il y a deux mois seulement et déjà, il parle un français presque sans accent.

« Est-ce que tu as des frères et soeurs, George? », demande l'enseignante de cette classe d'accueil qui comprend 11 petits Syriens de six et sept ans.

« J'ai sept ans », répond le garçon de façon automatique. Son accent est très bien, mais sa compréhension du français oral est encore difficile. Mme Bissonnette soutient par contre que d'ici trois mois, la plupart de ses élèves parleront français et le comprendront sans problèmes.

La jeune enseignante est aux premières lignes des grandes manoeuvres d'intégration de milliers de réfugiés que le Québec veut recevoir dans le cadre du programme canadien, qui prévoit l'accueil de 25 000 Syriens d'ici la fin du mois de février.

Avant de pouvoir fréquenter les classes régulières au Québec, les enfants réfugiés doivent apprendre les rudiments du français dans des classes d'accueil. Comme celle de Mme Bissonnette, qui enseigne dans l'une des 10 classes d'accueil à l'école François-de-Laval, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, dans le nord de Montréal.

« En général, ils apprennent très, très vite, précise l'enseignante. Évidemment, c'est souvent des phrases qui sont répétées, des choses que je répète souvent. C'est beaucoup du non-verbal. »

L'école François-de-Laval compte cette année 10 classes d'accueil, pour des élèves de cinq à douze ans de Syrie mais aussi d'Afrique du Nord et d'Afrique centrale.

« Ici, c'est la première fois qu'on a autant de classes d'accueil, note la travailleuse sociale Francine Caron. L'immigration est venue du Liban d'abord, puis de la Syrie, de l'Algérie, du Maroc, de l'Égypte - l'année dernière, c'était beaucoup d'Afrique centrale. 

« Il y a 15-20 ans, la population rétrécissait dans le quartier. Puis maintenant, avec l'immigration, ça fait un boom démographique », note Mme Caron, qui assure le lien entre l'école et les différents groupes communautaires de l'arrondissement. L'an dernier, on a même construit une annexe à l'école François-de-Laval, rappelle-t-elle.

La salle de classe de Mme Bissonnette ressemble à toutes les autres, avec ses lettres de l'alphabet bien en vue sur des affiches. Elle explique que les enfants ont un besoin insatiable d'apprendre, de s'instruire. « Ils ont besoin de beaucoup de contenu », dit-elle.

« Même s'ils ne comprennent pas bien le français, je dois faire beaucoup de mathématiques avec eux, parce que ça va leur permettre de se sentir compétents. Mais même si c'est en français, ils sont très engagés. »

Un garçon vient devant la classe et explique à ses camarades que quelqu'un a tracé une grande ligne rouge dans son livre.

« Est-ce qu'Edmond a fait ça? », demande Mme Bissonnette. Le garçon fait signe que oui et va se rasseoir à sa place.

« Edmond, c'est mon petit tannant: il cache les bouteilles d'eau », dit l'enseignante au sujet de ce Syrien de sept ans.

Puis, la petite classe devient de plus en plus bruyante. George a trois petits amis assis sur lui, et tous rigolent comme des fous. Mme Bissonnette doit intervenir: « OK, vous allez tout ranger. Je vais ramasser. »

Pendant l'heure du dîner, l'enseignante explique que les immigrants qui ne parlent pas français fréquentent la classe d'accueil pendant un an, avant d'être intégrés à des classes régulières. Mais le cursus est sensiblement le même.

Jusqu'ici, le programme d'accueil se déroule bien, selon l'enseignante et la travailleuse sociale. La plupart des enfants s'intègrent très bien, disent-elles, notamment parce qu'il s'agit de réfugiés parrainés par des organismes privés, et donc pris en charge par des proches ou par la communauté.

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