Abolir les élections scolaires est «sexiste», dit la FCSQ

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La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

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(QUÉBEC) Abolir les commissions scolaires et les élections scolaires est une décision «sexiste». C'est le nouvel argument de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), qui est montée au créneau, jeudi, contre le projet du gouvernement Couillard de mettre fin à la démocratie scolaire.

Pas moins de 51% des 800 commissaires scolaires sont des femmes, a fait valoir la FCSQ. Les commissions scolaires sont donc le seul ordre de gouvernement à avoir atteint la parité des sexes et leur abolition serait donc un recul dans l'égalité homme-femme, a plaidé la présidente de la FCSQ, Josée Bouchard, au cours d'une conférence de presse à Québec.

«Bien sûr qu'elle est sexiste (cette décision), tout à fait! En plus, nous, depuis cinq ans, on gère plus d'un milliard de dollars de compressions. Ce sont des réseaux de services publics qui sont majoritairement occupés par des femmes. Alors on est visés de tous les côtés», a-t-elle dit.

Cependant, Mme Bouchard ne va pas jusqu'à qualifier le gouvernement Couillard lui-même de sexiste. «Le gouvernement n'y a tout simplement pas pensé (à la mixité), c'est aussi simple que ça. Parce que s'il avait tenu compte de ça, il ne se serait pas engagé», a-t-elle dit.

«Est-ce que la décision avait des visées sexistes? Vous poserez la question aux principaux intéressés, mais les conséquences de ces décisions sont sexistes, et ça c'est réel, c'est sur le terrain qu'on le constate», a renchéri Claire Bolduc, de Solidarité rurale, qui était au côté de Mme Bouchard, avec d'autres femmes de divers mouvements, et notamment la sénatrice d'allégeance libérale Céline Hervieux-Payette.

Le gouvernement Couillard a de surcroît pris d'autres décisions qui ont aussi miné la représentativité des femmes, que ce soit l'abolition des Centres locaux de développement ou les changements dans les conseils d'administration du réseau de la santé, a déploré Mme Bolduc.

«C'est la démocratie, on l'a abolie, on l'a massacrée. (...) C'est au monde de l'éducation qu'on s'attaque, cela fait mal parce que, encore une fois, ce sont des femmes qui prédominent par leur activité professionnelle», a-t-elle dit.

Même les nouveaux modes de représentation suggérés par le gouvernement en lieu et place ne trouvent pas grâce aux yeux de celles qui défendent les élues scolaires.

«Une personne qui est nommée, à qui rend-elle des comptes? À son nominateur, qui lui a dit quoi faire, quoi penser», a soulevé Mme Bolduc.

«Moi, je suis redevable devant la population, a dit Mme Bouchard. Je ne suis pas redevable à un ministre qui va faire descendre la décision. Parce que c'est un mirage, la décentralisation.»

À l'opposé d'un mandat électif, la présidente de la FCSQ a laissé entendre que les nominations au sein des conseils d'administration sont souvent motivées par les allégeances, la loyauté, l'obéissance, et qu'on fera appel «plus naturellement» à des hommes.

Pour sa part, la sénatrice Hervieux-Payette n'a pas hésité à vanter les qualités des élues, par rapport à leurs collègues masculins.

«Les femmes sont peut-être dévouées une petite «coche» de plus que les hommes, parce que pour arriver là, elles ont dû faire beaucoup plus d'efforts», a-t-elle dit.

Même au Sénat, les femmes sont tellement plus assidues aux séances que les hommes qu'on pourrait croire que la Chambre haute est composée en majorité de femmes, a-t-elle affirmé en lançant une pique à ses collègues.

«On arrive là et on se dit que la majorité sont des femmes, mais non, c'est parce que nos collègues masculins ont évidemment des choses très importantes à faire dans leur bureau, et nous, on a seulement à siéger à leur place au Sénat», a dit la sénatrice Hervieux-Payette.

Les commissions scolaires sont engagées dans un bras de fer avec le gouvernement pour leur survie même.

Le gouvernement Couillard veut remplacer les élections scolaires par une autre instance décisionnelle, une structure au sein de laquelle les parents et les enseignants seraient notamment représentés. Un projet de loi sera déposé afin d'abolir les élections scolaires.

Le gouvernement a invoqué le très bas taux de participation à ce scrutin pour justifier sa volonté de remanier les structures actuelles. Aux élections scolaires de novembre 2014, le taux de participation a été inférieur à 5%.

Des organisations anglophones ont déjà fait savoir qu'elles allaient contester les plans du gouvernement, au nom de leur droit constitutionnel d'élire leurs représentants scolaires.

En outre, Québec souhaite aussi fusionner des commissions scolaires, mais le ministre de l'Éducation, François Blais, s'est défendu de vouloir imposer cette solution.

Les commissions scolaires gèrent l'enseignement préscolaire, primaire et secondaire, de même que les centres de formation professionnelle et l'éducation aux adultes. Elles ont un pouvoir de taxation foncière, qui leur rapporte environ 2 milliards $ par an.

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