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Négociations avec les enseignants: Québec jette du lest

Les négociateurs du comité patronal ont retiré tout... (PHOTO PASCAL RATTHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Les négociateurs du comité patronal ont retiré tout récemment la demande de faire passer de 32 à 35 heures la semaine de travail des enseignants, une source majeure d'irritation.

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(Québec) Déterminé à en arriver à une entente avec les employés du secteur public avant la fin du mois de novembre, le gouvernement Couillard jette du lest: des demandes patronales importantes ont été abandonnées à la table sectorielle de l'éducation.

Au cours des derniers jours, les discussions se sont accélérées partout et, sans être dans la poche, une entente sans décret paraît désormais probable, indiquent les sources de La Presse, tant du côté patronal que syndical. Le gouvernement Couillard espère qu'une entente pourra être trouvée avant le dépôt de la déclaration économique que prépare le ministre des Finances Carlos Leitao pour la fin du mois de novembre. Soucieux de donner de l'espace aux négociations, le front commun des centrales avait, la semaine dernière, reporté à décembre le point culminant de son mouvement de grève.

Pour les enseignants, les négociateurs du comité patronal ont retiré tout récemment la demande de faire passer de 32 à 35 heures la semaine de travail, une source majeure d'irritation. Le gouvernement renonce aussi à faire des économies en augmentant le ratio maître-élèves de la 4e à la 6e année du primaire. Si des aménagements sont acceptés par les syndicats, pour «optimiser» le «redéploiement» des ressources, l'augmentation des ratios pour les trois dernières années du primaire sera compensée par une réduction pour les classes des premières années. L'exercice se fera si la partie syndicale y consent, à coût nul - Québec espérait, à l'origine, arracher 160 millions d'économies d'une hausse des ratios.

«Il y a des progrès, un dialogue, des pourparlers constructifs à peu près à toutes les tables à l'heure actuelle. Les pourparlers avancent de façon constructive», a souligné hier le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

«Un pas dans la bonne direction»

À la CSQ, qui représente tous les syndiqués de l'éducation, on voit dans ces avancées «un message important» du gouvernement. «Ce sont des irritants majeurs qui sont mis de côté. On est encore loin du compte, mais c'est un pas dans la bonne direction», résume-t-on. Québec a réagi ainsi favorablement au retour à la table de négociation de la Fédération des syndicats de l'enseignement (73 000 enseignants) au début du mois d'octobre.

Québec a aussi abandonné son projet de mettre fin à une lettre d'entente qui prévoyait des effectifs supplémentaires pour le soutien aux élèves en difficulté. Ces ententes devaient se terminer en mars dernier, et lors du dépôt des offres, Québec avait indiqué son intention d'y mettre fin. Il a confirmé que ces ententes seraient maintenues.

C'est environ 600 postes d'enseignants «ressources», des spécialistes en orthopédagogie, qui se trouvent consolidés avec l'abandon de cette demande patronale, par laquelle Québec visait à économiser 100 millions lors du dépôt de ses offres, en décembre 2014.

Finalement, le gouvernement abandonne son intention de mettre fin à la «pondération a priori», une mesure qui détermine souvent des ratios maître-élèves réduits pour les groupes difficiles. Seule réserve de Québec: on veut abandonner cette évaluation en début d'année pour les élèves qui ont des troubles envahissants du comportement.

Avec ces propositions des derniers jours, Québec est convaincu que les négociations vont s'accélérer jusqu'à un règlement, une volonté constatée aussi du côté syndical. Dans plusieurs secteurs, les discussions sont intensives: on compte pas moins de 58 tables distinctes de négociations et, bien que les centrales se gardent bien de l'admettre, des progrès sont aussi constatés à la table centrale, où on discute salaire et retraite.

Infirmières

Mardi, La Presse a révélé que le gouvernement Couillard avait aussi reculé sur son intention d'abolir les primes «majorées» des infirmières. En fin de semaine, en déposant sa proposition globale à la table sectorielle de négociations, comme pour l'éducation, le comité patronal a rayé ces demandes pour permettre d'accélérer les discussions. «Ce sont des primes qu'on avait obtenues de haute lutte, leur disparition était un irritant majeur», a indiqué en entrevue Mme Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé. Le ton a manifestement changé dans les négociations avec Québec. «On est maintenant dans un mode réel de négociations depuis notre retour aux tables le 1er octobre. On est dans un mode respectueux et transparent. Le climat est meilleur, c'est clair, nous sommes davantage en confiance», a résumé Mme Laurent.

«Il reste beaucoup de points en litige, mais quand on est dans un mode où les discussions sont honnêtes, cela nous amène sur la voie pour en arriver à une entente», ajoute-t-elle.

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