La grève du zèle s'intensifie dans les écoles

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Au nombre des 12 tâches «à ne pas faire», on demande aux enseignants «d'assigner seulement assez de devoirs/travaux pour être en mesure de faire les corrections durant les heures de présence à l'école».

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Les enseignants passent de la parole aux actes et entament la grève du zèle. Signe que les moyens de pression ont atteint un point de non-retour, des syndicats ont envoyé une liste détaillée de 12 actes à «ne pas faire» à leurs membres. Selon cette liste, finie la correction des devoirs à la maison jusqu'à nouvel ordre.

Sorties sportives, fêtes de la rentrée, concerts, classes blanches et classes vertes annulés. Journées portes ouvertes en péril. Correction des devoirs et des travaux des élèves à la maison réduite au strict minimum. Les moyens de pression s'intensifient, dans les écoles publiques de la province.

Les enseignants des écoles primaires et secondaires publiques ont reçu la consigne de leurs associations, au printemps, de ne pas exécuter de tâches au-delà des 32 heures requises. Dans le milieu, on parle d'une grève du zèle. Si l'impact de ces mesures n'était pratiquement pas palpable chez les élèves jusqu'à maintenant, les mesures prendront de l'ampleur au cours des prochaines semaines, a appris La Presse.

«La majorité de nos enseignants suivent la grève du zèle à la lettre depuis le début de la rentrée, a confirmé le président du Syndicat des enseignant(e)s de Pearson (SEP), John Donnelly. On pense que les parents vont commencer à nous en parler lors des rencontres de parents qui commencent la semaine prochaine. Et on espère obtenir leur appui, on espère qu'ils nous aideront à faire pression auprès du gouvernement.»

En prévision d'une assemblée générale pour l'obtention d'un vote de grève, autour du 23 septembre, le SEP a envoyé à ses quelque 3000 enseignants répartis dans 57 établissements scolaires de l'Ouest-de-l'Île jusqu'à la frontière de l'Ontario les tâches «à faire» et «à ne pas faire» durant la grève du zèle. La liste de 22 consignes à respecter, que La Presse a obtenue, est assortie d'une définition de la grève du zèle consistant à effectuer les tâches seulement durant les heures de présence à l'école.

«À ne pas faire»

Au nombre des 12 tâches «à ne pas faire», on demande aux enseignants «d'assigner seulement assez de devoirs/travaux pour être en mesure de faire les corrections durant les heures de présence à l'école». On leur demande aussi de ne pas organiser d'excursions ou d'activités scolaires nécessitant de quitter l'école durant la grille horaire des élèves et de ne pas travailler à l'extérieur durant l'heure du dîner.

«À faire»

Parmi les 10 tâches «à faire», on leur demande, entre autres, de prolonger la récréation de 10 minutes et de retarder le début des classes de 10 minutes (au primaire) ou d'arrêter d'enseigner 10 minutes avant la fin des classes au secondaire. Si on leur demande de prendre les présences et de signaler les absences comme à l'habitude, «ce sera toutefois à la direction de remplir le formulaire du gouvernement», précise le syndicat.

La présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire, Hélène Bourdages, confirme «qu'il est en train de se passer quelque chose dans les écoles». Déjà, des fêtes de la rentrée ont été annulées, et elle estime que des journées ou soirées portes ouvertes dans les écoles secondaires sont «remises en question».

«Les enseignants ont des choix à faire, explique-t-elle. Moins de tâches vont tomber dans la colonne "bénévolat". Pour les journées portes ouvertes, par exemple, on donne normalement une compensation en temps lors des examens de fin d'année. Par conséquent, si on veut respecter de façon stricte la semaine de 32 heures, il n'y aura pas de portes ouvertes cette année. Le problème avec ça, c'est qu'on risque d'avoir moins d'inscriptions l'an prochain et que des groupes seront donc supprimés.»

Privés de pommes

Même son de cloche à la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE), où la présidente, Lorraine Normand-Charbonneau, espère que les élèves ne seront pas pris en otage durant les négociations avec le gouvernement.

«Il ne faudrait surtout pas que les enseignants passent des messages à travers les élèves. Parce que même avec les meilleures intentions, les élèves seront touchés. Une sortie de pommes, c'est peut-être juste des pommes, ça paraît banal, mais il n'en demeure pas moins que pour des jeunes, ça signifie qu'ils n'iront pas aux pommes cet automne.»

Votes de grève partout au Québec

Au cours des deux prochaines semaines, des assemblées auront lieu partout au Québec pour donner un mandat de grève de six jours à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), qui représente plus de 60 000 membres. Mardi, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente 34 000 enseignants, a annoncé trois jours de grève, d'abord le 30 septembre, puis à des dates tournantes entre le 14 et le 30 octobre prochain. Quelque 275 000 élèves de 10 commissions scolaires, principalement à Montréal et à Laval, seront touchés par le mouvement.

À la Fédération des syndicats de l'enseignement, le plus important regroupement d'enseignantes et d'enseignants de commissions scolaires francophones au Québec, on rappelle que le but, c'est qu'il y ait le moins d'impact possible sur les élèves. Néanmoins, la présidente, Josée Scalabrini, confirme que les enseignants ont reçu la consigne de ne pas exécuter de tâches au-delà des 32 heures prévues, sur une période de 5  jours par semaine.

«Ce que les gens doivent comprendre, c'est que l'horaire des enseignants est très chargé à partir du moment où ils mettent le pied dans l'école. Ce qu'on tente de faire respecter, ce sont des compensations pour des tâches effectuées à l'heure du dîner ou après les heures de classe.»

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