Éducation autochtone: Paul Martin condamne l'inaction d'Ottawa

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L'ancien premier ministre du Canada, Paul Martin

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

L'ancien premier ministre libéral Paul Martin a condamné l'inaction du gouvernement conservateur pour le sous-financement des écoles autochtones, qui privent ces enfants de chances réelles de réussite.

«C'est moralement mal», a-t-il lancé lors d'un discours présenté à la réunion générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) qui se termine jeudi à Montréal. «C'est honteux».

Selon lui, l'argent nécessaire pour avoir des écoles autochtones similaires aux autres au pays est bien moindre que ce que coûteront toutes les vies de ces jeunes gâchées par le décrochage scolaire, le chômage et le suicide.

Il est inadmissible que deux enfants de six ans vivant à quelques kilomètres de distance, l'un vivant sur une réserve mais l'autre non, n'aient pas les mêmes opportunités et que l'un d'eux reçoive beaucoup moins, a illustré l'ancien chef du gouvernement fédéral.

Il se dit convaincu que les Canadiens soutiendront les Premières Nations dans leurs initiatives scolaires.

Son discours a été accueilli par une ovation, ce que les chefs du Parti libéral du Canada et du NPD n'ont pas obtenu mardi. L'ancien premier ministre avait négocié avec les Premières Nations ce qui est devenu en 2006 l'Accord de Kelowna, qui comportait de nombreuses mesures pour réduire les inégalités entre les peuples autochtones et les non-autochtones, notamment en éducation. Le plan libéral de 5 milliards de dollars n'a pas été mis en oeuvre par le gouvernement conservateur qui a pris le pouvoir plus tard cette année-là.

«Et des années plus tard, il y a toujours un écart massif dans l'éducation», juge-t-il.

Paul Martin a incité les Autochtones à ne pas attendre après Ottawa et à formuler leurs propres plans d'éducation, avec leur expertise personnelle.

Il n'y a pas de ministère de l'Éducation au fédéral et «croyez-moi, il n'y a pas d'experts en éducation», a-t-il dit.

Très impliqué auprès des Premières Nations depuis la fin de sa carrière politique, il a aussi rappelé le résultat d'une initiative de sa fondation - l'Initiative d'éducation autochtone Martin - qui a mené un projet-pilote dans deux écoles primaires autochtones en Ontario. Avec le financement nécessaire et de l'expertise, les taux de littératie chez les jeunes a bondi de 13% à 70% en seulement quatre ans, a-t-il fait valoir.

Selon lui, il est possible de financer de tels projets dans toutes les écoles autochtones au pays: «La question qu'il faut se poser est: quel sera le coût de ne rien faire?».

Ce projet-pilote a fait dire à un Autochtone présent: «C'est un mythe que nos enfants sont stupides et paresseux. Lorsqu'ils ont les outils, ils vont réussir».

L'an dernier, le gouvernement conservateur a proposé un projet de loi sur l'éducation des Autochtones assorti d'un budget de 1,9 milliard.

Le projet de loi des conservateurs a profondément divisé la communauté autochtone - beaucoup jugeaient qu'Ottawa conservait trop de contrôle - et a aussi précipité la démission de Shawn Atleo qui était alors chef national de l'APN.

Ce plan était trop paternaliste, a commenté après son discours M. Martin. Et l'argent alloué était bien inférieur à ce qui était prévu par l'accord de Kelowna, a-t-il de plus critiqué.

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