École Ahuntsic Annexe: un projet d'agrandissement critiqué

«On va agrandir par la cour, qui est... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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«On va agrandir par la cour, qui est déjà si petite que les enfants ne peuvent à peu près pas y courir», affirme Véronique Blais, dont les jumeaux de 10 ans fréquentent l'école Ahuntsic Annexe.

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Louise Leduc
La Presse

Pourquoi consacrer 4 millions à agrandir une école si enclavée qu'il n'y aura pas de gymnase et que sa cour sera réduite à peau de chagrin? Des parents de l'école Ahuntsic Annexe accusent la Commission scolaire de Montréal (CSDM) d'improvisation et de ne pas avoir consulté la Ville, ce qui n'est pas faux, confirme l'administration Coderre.

Selon Véronique Blais, dont les jumeaux de 10 ans fréquentent cette école qui comptera à terme 250 élèves, ce projet est un non-sens. «On va agrandir par la cour, qui est déjà si petite que les enfants ne peuvent à peu près pas y courir. Et au lieu d'un gymnase, il y aura une salle d'activité physique, qui sera grande comme deux classes. Qu'est-ce que les enfants pourront y faire? De la jonglerie?»

Fortement opposée au projet au départ, la fondation de l'école est aujourd'hui un peu plus mitigée. À l'heure actuelle, pour leurs cours d'éducation physique, les élèves doivent marcher jusqu'à l'école la plus proche, qui dispose d'un gymnase. Une salle d'activités, «c'est déjà un progrès, même si ce n'est pas idéal», indique Jean-Grégoire Djénandji, président de la fondation.

«Tant qu'à investir 4 millions en fonds publics, ne serait-il pas souhaitable de le faire au bon endroit?», demande pour sa part Diane Duchesne, dont la fille de 11 ans fréquente cette école.

À la CSDM, Alain Perron, responsable des communications, fait valoir que les plans définitifs n'ont pas encore été adoptés. En conséquence, dit-il, «nous ne pouvons déterminer l'emprise qu'aura l'agrandissement sur la cour».

La cour actuelle a une superficie de 1410 m2, selon la CSDM.

Comme d'autres commissions scolaires, la CSDM est aux prises avec une augmentation du nombre d'élèves au primaire, qui fait imploser ses écoles.

Pas de demande formulée à la Ville

À la même période l'an dernier, Russell Copeman, responsable de l'urbanisme à la Ville, a dit en entrevue à La Presse que l'administration municipale et les commissions scolaires avaient la ferme intention de mieux dialoguer à l'avenir.

Cette fois encore, pour l'école Ahuntsic Annexe, ce n'est pas arrivé. Aux communications de la Ville, on indique qu'on n'a pas eu de demande de la CSDM «afin de trouver un terrain alternatif ou d'agrandir une école».

C'est par une citoyenne qu'Émilie Thuillier, conseillère d'Ahuntsic, a été mise au courant du projet d'agrandissement de cette école. «J'avais pourtant rencontré un commissaire de la CSDM quelques semaines plus tôt sur un autre sujet, et on ne m'en avait pas parlé, a indiqué Mme Thuillier. Cet agrandissement ne figurait pas davantage dans le plan des investissements que la CSDM projette d'ici 2018 et qu'on m'a remis il y a quelques mois.»

Comme d'autres parents, Mme Duchesne croit qu'il aurait été beaucoup plus approprié d'agrandir une autre école du quartier, l'école Saint-André-Apôtre, qui est attenante à un parc.

Selon ce qu'on a dit aux parents, la CSDM n'aurait pas cru bon de discuter de cette avenue avec la Ville, présumant qu'elle aurait la même réponse négative qu'elle a reçue quand elle a voulu agrandir une autre école (Saint-André-Apôtre) à partir d'un parc municipal.

«Ce n'est certes pas la première option, pour la Ville, que de construire dans un parc, mais l'arrondissement, dans le cas de l'école Saint-André-Apôtre, avait proposé deux autres solutions», précise Mme Thuillier.

Cette élue municipale ne cache pas son ras-le-bol. «Les commissions scolaires sont en compétition avec les promoteurs immobiliers, qui sont toujours les premiers à mettre la patte sur les terrains», dénonce-t-elle.

Et Québec n'agit pas. «Les enfants montréalais sont traités comme des citoyens de seconde zone. À Québec, on semble se dire qu'on en a, des écoles, à Montréal, et qu'il faut s'en contenter.»

En tant que porte-parole de Québec en forme, la médaillée olympique Sylvie Bernier a visité quantité d'écoles où elle a vu de ces salles d'activités qui tiennent lieu de gymnases «et des cours d'école où l'on voit souvent plus d'espaces de stationnement que d'espace pour courir». «Tout ça, ça me touche beaucoup», souligne-t-elle.

Il est regrettable, à son avis, que «l'éducation physique ne semble plus une priorité au Québec. C'est pourtant tellement important, et pas seulement pour des raisons de santé. L'éducation physique aide à la réussite scolaire, à la concentration, à l'estime de soi...»

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