UQAM: le recteur accusé de «jeter de l'huile sur le feu»

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Une marche silencieuse a eu lieu près de l'UQAM, jeudi.

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Louise Leduc
La Presse

En conférence de presse réunissant deux professeurs, deux chargés de cours et deux étudiants de l'UQAM jeudi matin, Sandrine Ricci, chargée de cours, a dénoncé «le comportement pompier-pyromane de la direction, qui jette de l'huile sur le feu».

«Plusieurs d'entre nous ont rencontré le recteur hier pendant plus de deux heures pour tenter de lui faire comprendre que s'il ne levait pas les expulsions d'étudiants - qui s'ajoutent aux revendications sociétales - il y aurait escalade de la violence sur le campus. On n'a entendu aucune concession de sa part», a dit Mme Ricci.

«Le recteur (Robert) Proulx nous assure qu'il n'a pas de commande politique, note Marcos Ancelovici, professeur de sociologie. Or, le ministre (François) Blais dit, lui, qu'il passe des coups de fil. C'est à se demander qui il appelle!»

Au sujet de l'entrée en scène massive des policiers, hier, René Delvaux, dont la demande de prolongement de sa maîtrise a été refusée par l'UQAM, relève que les militants ne s'attendaient pas du tout à cela, «pas plus qu'on ne s'attendait à ce que la direction expulse des étudiants».

Des représentants étudiants et des professeurs de l'UQAM ont demandé la démission du recteur Robert Proulx.

L'un de ceux qui a pris la parole lors de la rencontre avec la presse, Michel Lacroix, professeur au Département d'études littéraires, a soutenu que les étudiants qui étaient cagoulés ou masqués lors des levées de cours ou des manifestations le faisaient parce qu'ils n'avaient pas le choix, puisqu'ils étaient filmés et qu'ils craignaient d'être expulsés de l'université comme neuf autres étudiants l'ont été.

Le groupe a laissé entendre que si la grève étudiante avait dégénéré, ce n'était la faute que de la direction de l'université, qui a fait appel à une firme de sécurité qui surveille et filme des manifestants. Selon ces représentants, les levées de cours ont eu lieu pacifiquement et ne justifiaient pas l'intervention d'un service de sécurité.

Marcos Ancelovici, professeur en sociologie, a soutenu que le recteur de l'UQAM avait failli à sa mission de procurer un environnement sain et de dialoguer, donc qu'il ne lui restait qu'une chose à faire: démissionner.

Manifestation silencieuse

Non masqués et à l'invitation de l'un de leurs leaders, une centaine de manifestants basés à l'UQAM ont entrepris ce matin de marcher en silence dans l'institution et autour pour dénoncer le fait que leur contestation soit muselée.

Le tout s'est passé dans le calme. 

«Comme vous savez, il y a eu tabassage hier et le but ici n'est pas de défier l'injonction», a affirmé un manifestant.

Nouveau vote au cégep du Vieux Montréal

Les étudiants du cégep du Vieux Montréal devront de nouveau se prononcer vendredi matin sur la pertinence de poursuivre ou non la grève, une pétition signée par 303 personnes ayant réclamé la reprise du vote serré et jugé peu orthodoxe pris en début de semaine.

Pas moins de trois votes successifs à main levée avaient été pris, mardi, en assemblée générale : les deux premiers, en faveur du retour en classe, le troisième et décisif, favorisant la reconduction de la grève.

De nombreuses personnes se sont plaintes de tactiques qu'elles considèrent anti-démocratiques.

Le cégep du Vieux-Montréal, qui ne s'est pas positionné là-dessus, a quand même plaidé pour un vote secret et a rappelé par voie de communiqué plus tôt cette semaine que la session risquait d'être perdue, le temps commençant à manquer.

Le SPVM à l'UQAM: un abus de pouvoir de la direction, dénonce la CSN

La CSN dénonce jeudi «l'abus de pouvoir» de l'UQAM.

«La direction de l'UQAM fait fausse route en empruntant la voie de la répression politique et policière», estime la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, Dominique Daigneault.

Selon elle, les arrestations à l'UQAM, hier, vont accentuer la colère des étudiants.

Le CCMM-CSN condamne aussi l'expulsion possible de neuf étudiants, demande le retrait des procédures et réclame que l'UQAM cesse d'exiger de son personnel que les cours soient donnés. 

«Cela ajoute à l'indignation de la communauté universitaire. Il y a des conditions minimales à respecter pour enseigner et apprendre. Les gestes posés par la direction de l'UQAM sont totalement inacceptables et sont loin de permettre d'atteindre ces conditions», conclut la présidente du CCMM-CSN, qui est elle-même enseignante.

Le rez-de-chaussée du pavillon J.-A.DeSève a été endommagé... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 2.0

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Le rez-de-chaussée du pavillon J.-A.DeSève a été endommagé par l'occupation et l'intervention du SPVM.

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Le pavillon J.-A.-DeSève fermé pour la journée

En raison des événements survenus dans la nuit de jeudi au pavillon J.-A.-DeSève de l'UQAM, la direction en a décrété la fermeture complète pour la journée.

L'UQAM explique que cette fermeture permettra au personnel de remettre les lieux en état.

Cette décision fait en sorte que les cours qui devaient être dispensés ce jeudi au pavillon J.-A.-DeSève sont annulés. Les services habituellement offerts à ce pavillon, tels ceux du bureau de l'aide financière, seront également fermés.

Le pavillon J.-A. DeSève a été le théâtre d'une occupation pendant plusieurs heures, mercredi soir et tôt jeudi matin. Les portes du bâtiment ont été bloquées avec de multiples objets, les occupants dénonçant l'arrestation de 22 personnes plus tôt en journée.

Après avoir été tolérée pendant près de quatre heures, l'occupation du pavillon J.-A.-DeSève de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) a pris fin en début de nuit, jeudi, après une intervention musclée du Service de police de la Ville Montréal (SPVM).

La police a donné l'assaut contre les occupants un peu après minuit. Plusieurs agents du SPVM ont alors fait un énorme trou dans une vitrine de l'entrée du pavillon afin de pénétrer dans le bâtiment, dont les portes avaient été bloquées avec de multiples objets.

Les occupants, qui souhaitaient dénoncer l'arrestation de 22 personnes par le SPVM plus tôt en journée, ont alors fui à l'extérieur du pavillon en empruntant une sortie à l'arrière du bâtiment.

Certains manifestants plus radicaux ont à ce moment décidé de s'en prendre à des véhicules de police. Un panneau de signalisation a entre autres été lancé dans le pare-brise d'une camionnette du SPVM, alors que quatre autres véhicules ont subi des dommages divers.

Quelques dizaines de manifestants ont ensuite emprunté la rue Sainte-Catherine en direction est, où ils se sont emparés de tout objet pouvant être lancé sur la voie publique.

Des dizaines de poubelles ont été lancées dans la rue, des bacs à fleurs ont été arrachés et des panneaux de signalisation ont été utilisés pour bloquer la circulation, notamment.

L'ensemble des personnes arrêtées ou interpellées ont été remises en liberté. Les 22 personnes faisant face à des accusations criminelles devront comparaître par voie de sommation.

Plus tôt mercredi, la direction de l'UQAM avait demandé à la police de faire respecter l'injonction obtenue pour la poursuite normale de ses activités.

- Avec La Presse Canadienne

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