Inquiétudes face à de possibles coupes d'enseignants dans une école spécialisée

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Selon le plan d'effectifs sur la table à propos de l'école Dominique-Savio, trois classes sont abolies au primaire, passant de 7 à 4. Au secondaire, le nombre de classes passera de 7 à 5.

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Louise Leduc
La Presse

La Commission scolaire de Montréal entend réduire du tiers le nombre d'enseignants à l'école spécialisée Dominique-Savio, qui accueille presque exclusivement des jeunes de la DPJ. Le nombre d'élèves par classe explosera, allant même jusqu'à quadrupler dans certains cas.

Les enseignants sont indignés par ces coupes, à telle enseigne qu'ils ont fait parvenir à La Presse une lettre intitulée «Coupure chez les plus démunis» qu'ils ont tous cosignée.

Il s'agit là d'une rare sortie publique d'enseignants, dont toute prise de parole doit normalement être autorisée par leur commission scolaire. Mais cette fois, il n'y a pas eu de demande de permission de parler.

Selon le plan d'effectifs sur la table, trois classes sont abolies au primaire, passant de 7 à 4. Au secondaire, le nombre de classes passera de 7 à 5.

Comme il s'agit actuellement d'élèves particulièrement difficiles, les enseignants avaient jusqu'ici de trois à six élèves au primaire. Ce nombre passera à 10, voire 12 élèves. Les classes du secondaire, qui comptaient entre 6 et 8 jeunes, seront composées de 12 à 14 élèves.

«Les ratios restent dans la légalité, mais ils atteignent un maximum, ce qui ne s'est jamais vu jusqu'ici», indique Samuel Arsenault, délégué syndical.

Des élèves en crise

Dans leur lettre, les 23 cosignataires font remarquer que les enfants dont il est question ici présentent de multiples problèmes: troubles d'apprentissage, troubles de comportement, troubles de l'attachement, problèmes de santé mentale...

«Les élèves qui sont admis à l'école arrivent souvent en crise puisqu'ils viennent d'être retirés de leur famille», explique M. Arsenault.

Cela se traduit par des agents de sécurité à l'école, par des salles de retrait et par une vie scolaire qui n'a rien d'un long fleuve tranquille, comprend-on en lisant la lettre. «Ces enfants qui sont nés dans les cris et la violence reproduisent fréquemment ce qu'ils connaissent, peut-on lire. Puisque nous, enseignants, sommes les personnes les plus significatives dans leur vie tout au long de l'année scolaire, il n'est pas rare que nous subissions [...] leur colère ou leur tristesse exprimées violemment.»

«Un squelette sans chair»

Si les coupes s'avèrent, «cette école ne deviendra que l'ombre d'elle-même, un squelette sans chair», dénoncent les enseignants, qui s'inquiètent de ne pouvoir bien gérer des classes aussi pleines.

Samuel Arsenault dénonce le fait que son école soit assimilée à n'importe quelle école qui compte un certain nombre d'élèves difficiles dans des classes ordinaires. «Ce n'est pas notre cas. Notre cas, c'est que nous n'avons que des élèves qui ont de gros problèmes et qui n'ont pas de famille à leurs côtés».

«Et comme ils n'ont pas de famille pour dénoncer la situation, qui peut le faire, à part nous, les enseignants?», demande M. Arsenault.

Pour tout commentaire, la Commission scolaire de Montréal nous a écrit par courriel qu'«il est prématuré pour nous de commenter puisqu'il n'y a pas de décision prise à ce sujet».

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