Les enseignants dénoncent la demande d'augmenter leur tâche

La Fédération des syndicats de l'enseignement (CSQ) et... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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La Fédération des syndicats de l'enseignement (CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec ont manifesté devant les bureaux du ministère de l'Éducation, le 28 janvier dernier.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), affiliée à la CSQ, a exprimé de façon très visible vendredi sa colère face aux demandes de Québec en marge des actuelles négociations pour le renouvellement du contrat de travail de ses 62 000 membres, enseignants au primaire et au secondaire.

Le syndicat a installé des banderoles géantes au pont Jacques-Cartier, à Montréal, ainsi qu'au pont Pierre-Laporte et sur l'autoroute Dufferin-Montmorency à Québec, indiquant son refus d'accepter un alourdissement de la tâche des enseignants.

Selon la FSE, Québec demande aux enseignants d'augmenter de trois heures par semaine leur présence à l'école et de ne plus comptabiliser dans ces heures le temps qui était jusqu'ici alloué aux tâches périphériques à l'enseignement, soit un ajout de huit heures par semaine sans rémunération additionnelle.

Selon l'entente actuelle, la semaine de travail d'un enseignant prévoit 27 heures de temps avec les élèves - ce qui comprend par exemple l'enseignement, la récupération, l'accompagnement particulier, les sorties avec les élèves - et cinq heures de «temps de nature personnelle», pour les tâches périphériques.

«Avec ses demandes, le gouvernement nous dit qu'il nous veut 35 heures dans l'école, au service des élèves», a indiqué la présidente de la FSE, Josée Scalabrini, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Donc, on ne tient plus compte de la correction, de la préparation des cours, des recherches que les enseignants doivent faire pour aider un élève qui a une problématique quelconque. On ne tient plus compte des rencontres qu'il faut avoir avec les pairs et les professionnels pour le suivi ou l'accompagnement d'un élève en difficulté», a-t-elle fait valoir.

Le syndicat estime qu'il s'agit là de demandes insoutenables pour le personnel enseignant, qui cherchait justement, dans ces négociations, à obtenir le contraire «À travers les années, la tâche s'est tellement alourdie, précise Mme Scalabrini. Nous avons des demandes surtout sur la tâche: la composition des groupes, les élèves en troubles de comportement qui ne sont pas comptabilisés dans nos classes. Une reconnaissance de la taille et de la composition des groupes.»

Or, la partie patronale demande également d'augmenter la taille des groupes et d'en revoir leur composition pour ne plus tenir compte des difficultés des élèves.

La Fédération rappelle que des études réalisées par des chercheurs universitaires indépendants et par le ministère de l'Éducation lui-même font état de taux d'épuisement inquiétants chez les enseignants, ceux-ci allant jusqu'à 22 % de membres vivant un degré d'épuisement élevé et 31 % un niveau d'épuisement moyen.

Le roulement de personnel constitue aussi un indicateur inquiétant selon le syndicat, qui signale que près d'un enseignant sur cinq quitte la profession dans les cinq premières années de pratique.

Leur contrat de travail vient à échéance le 31 mars. Les parties discutent des questions normatives à la table sectorielle de l'éducation, alors que les questions monétaires font l'objet de discussions à l'échelle nationale pour l'ensemble des syndiqués du secteur public.

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