Front commun des garderies pour exiger la tête de Francine Charbonneau

La ministre Francine Charbonneau.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La ministre Francine Charbonneau.

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(Québec) Dans une sortie jamais vue, deux associations d'ordinaire rivales, celles des CPE et des garderies privées, s'unissent pour réclamer la tête de la ministre de la Famille, Francine Charbonneau.

Elles font cette demande au premier ministre Philippe Couillard au moment même où celui-ci planifie un remaniement ministériel.

« La confiance n'y est tout simplement plus. On vit, en ce moment, un grave climat de confrontation avec le ministère de la Famille, la ministre étant responsable en grande partie de ça, et elle doit céder sa place », a soutenu mercredi Louis Senécal, de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« Avec l'AQCPE, peut-être on a eu nos différences, mais aujourd'hui on est dans le même bateau, on a les mêmes inquiétudes », a ajouté Samir Alahmad, de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ). « Vraiment, un changement s'impose. Mme Charbonneau n'a plus notre confiance ».

Aux côtés du député péquiste Mathieu Traversy, les deux dirigeants ont tenu des propos lapidaires au sujet de Mme Charbonneau, lui reprochant de « connaître mal ses dossiers », d'être « mal préparée », d'agir sans consulter le réseau, de « gérer d'une façon très cavalière ». « On a connu plusieurs ministres, et d'ailleurs, il y a beaucoup de roulement à ce ministère-là, mais c'est certainement le pire moment qui est vécu dans l'histoire de ce ministère-là. On se retrouve vraiment avec un numéro de téléphone où on appelle, et c'est une boîte vocale qui répond, et personne ne retourne l'appel. On n'a jamais eu autant d'un climat de confrontation que ça », a affirmé M. Senécal.

Selon M. Alahmad, « le courant n'a jamais passé depuis l'arrivée de Mme Charbonneau. On n'a jamais vu une période où il n'y a jamais eu une consultation de la façon qu'on vit ça présentement. C'est la confrontation, et la confrontation, et la confrontation. »

Philippe Couillard doit « prendre acte » que les ponts sont coupés avec Mme Charbonneau et qu'il doit nommer un nouveau ministre pour les rétablir. Pour M. Senécal, « ça ne mènera à rien » de maintenir Mme Charbonneau en poste, surtout que le gouvernement veut faire des réformes importantes.

L'AQCPE et l'AGPQ blâment Québec pour la modulation du tarif des services de garde, les compressions dans le réseau, le report du développement de places, le cafouillage entourant le dépôt d'un projet de loi pour sanctionner les parents et les garderies pour les « places fantômes ». Elles considèrent qu'un nouveau ministre pourrait être ouvert à mener des consultations en vue de corriger le tir, entre autres, sur la modulation du tarif. Rappelons toutefois que cette décision a été annoncée par le premier ministre lui-même et qu'elle est enchâssée dans un projet de loi déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitao. Ce dernier martèle que le tarif sera modulé en fonction des revenus des parents, comme prévu.

Plus tard, lors de la période des questions au Salon bleu, le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a souligné la sortie « historique » des deux associations. « Les ponts sont coupés. La ministre s'est complètement discréditée », a-t-il lancé, demandant lui aussi la tête de la ministre.

Philippe Couillard a répondu que Mme Charbonneau aura l'occasion de rencontrer les deux associations, laissant entendre qu'elle demeurera en poste, au moins à court terme. « Je suis persuadée que la ministre sera très heureuse de continuer à travailler avec le milieu de services de garde partout au Québec et, contrairement à ceux qui nous ont précédés, de faire des annonces qui sont véritablement munies de financement », a-t-il dit. Il a vanté les « vertus » de la modulation du tarif, une mesure qui incarne la « véritable justice sociale » et va « sauver » le réseau de service de garde, selon lui.

Francine Charbonneau a réagi brièvement en disant qu'elle travaille « avec les associations, pas pour les associations » en vue prendre des décisions qui ne sont pas "faciles". « Quand les accusations sont personnelles plutôt que professionnelles, vous avez compris que ça s'en vient bas », a-t-elle laissé tomber. 

La sortie de l'AQCPE et de l'AGPQ a fait bondir la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec. Sa porte-parole, Marie-Claude Collin, candidate libérale aux dernières élections, s'est portée à la défense de Mme Charbonneau. « Ce qui dérange les deux associations, c'est qu'elles n'ont plus le monopole et le pouvoir. C'est leur développement qui est menacé, et c'est ça qui les dérange », a-t-elle dit à La Presse. Elle a souligné que les deux associations ont également eu un conflit avec Nicole Léger, ministre de la Famille sous le gouvernement Marois. L'AQCPE avait même brandi la menace d'un autre « printemps érable » en raison des compressions du Parti québécois, mais une entente était finalement intervenue. Des garderies privées avaient fait la grève, et Nicole Léger leur avait imposé des sanctions.

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