Quatre mois de salaire pour faire garder son enfant en Ontario

Si une garderie omet de conclure une entente... (PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT)

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Si une garderie omet de conclure une entente avec un parent, y inscrit des renseignements «faux et trompeurs» ou permet à un parent d'inscrire de tels renseignements, elle «commet une infraction et est passible d'une amende de 250 $ à 1000 $».

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La Presse Canadienne
OTTAWA

C'est en Ontario que les frais de garderies grugent le plus le salaire des parents au Canada, conclut un rapport du Centre canadien de politiques alternatives.

Ainsi, à Brampton, en Ontario, les frais de garderie médians accaparent l'équivalent de 36% des revenus annuels de la mère, soit environ quatre mois de travail. À Toronto, London et Windsor, c'est 34% du salaire de la mère qui passerait aux frais de garde annuels. Cet indicateur prend en compte non seulement les tarifs quotidiens, mais aussi le revenu des mères, qui est moins élevé dans certaines régions. Ainsi, à Ottawa, l'indicateur frais de garde/salaire de la mère est de 26%, surtout parce que les salaires y sont plus élevés.

Le coauteur de l'étude, l'économiste David Macdonald, a expliqué qu'on avait choisi cet indicateur parce que ce sont souvent les mères qui, pour s'occuper des enfants, prennent des congés payés ou occupent un emploi à temps partiel, ou qui s'absentent du travail pour prendre soin d'un enfant malade. «Lorsque les frais de garderies sont plus abordables, les femmes ont davantage le choix d'aller travailler ou pas», note-t-il.

Sans grande surprise, c'est au Québec que cet indicateur est le plus bas au pays - autour de 5% -, à cause du programme de «garderies à 7 $» (7,30 $ depuis octobre). Ainsi, à Gatineau, les frais de garderies coûtent aux mères environ deux semaines de travail par année, soit 4,0% du revenu annuel. À Montréal, Longueuil et Québec, c'est 6,0% - et 7,0% à Laval.

L'étude du Centre canadien de politiques alternatives a comparé les frais médians de garderies dans 22 grandes villes canadiennes. C'est à Toronto que les tarifs sont les plus élevés, à 1676 $ par mois par enfant. Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, arrive pas très loin derrière avec 1394 $, suivi des autres grandes villes ontariennes et de Vancouver.

En comparaison, ces frais sont de 152 $ par mois partout au Québec. Vient ensuite Winnipeg, à 651 $ par mois en moyenne, grâce à un plafonnement des tarifs imposé par le Manitoba.

À l'inverse - ou par conséquent -, c'est au Québec que les dépenses publiques pour chaque place en garderies étaient les plus élevées, à près de 6000 $ (en 2012), contre environ 3000 $ en Ontario et 1600 $ au Nouveau-Brunswick.

«Des frais de garde abordables bénéficient non seulement aux parents, mais aussi à l'économie canadienne», notent les auteurs de l'étude. «Lorsque les parents ont accès à des frais de garde abordables, comme c'est le cas au Québec, ils choisissent en grande majorité de travailler - et c'est surtout vrai pour les femmes. Ainsi, il y a un bénéfice économique réel à ne pas freiner l'accès au marché du travail par des frais de garde élevés.»

Le coût croissant des garderies est devenu un sujet d'actualité depuis un certain temps au pays. Au fédéral, Thomas Mulcair a promis le mois dernier qu'un gouvernement néo-démocrate consacrerait 5 milliards $ par année pour créer un million de places en garderies à 15 $ par jour maximum. Cette idée d'un programme national de garderies avait déjà été évoquée en 2005 par le gouvernement libéral de Paul Martin, avec une enveloppe similaire de 5 milliards $ par année.

Le projet a ensuite été écarté par le nouveau gouvernement conservateur, qui a adopté plutôt la Prestation universelle pour la garde d'enfants, qui verse aux familles un montant mensuel imposable de 100 $ pour chaque enfant âgé de moins de six ans.

Au Québec, le gouvernement libéral de Philippe Couillard songe maintenant à moduler les tarifs de garderies en fonction du revenu familial. Ainsi, le tarif pourrait atteindre jusqu'à 20 $ par jour, en fonction du salaire des parents, craignent les partisans du tarif universel. Le réseau québécois des centres de la petite enfance a été mis sur pied en 1997 par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, sous la houlette de la ministre de l'Éducation Pauline Marois.

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