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Lutte contre l'intimidation: pas d'entente sur un plan d'intervention

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), on explique... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), on explique qu'un protocole d'intervention sur l'intimidation a été conclu au tournant des années 2000 avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Toutefois, la mise à jour qu'exige la loi 56 n'a toujours pas été signée.

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Plus de deux ans après l'adoption par Québec d'une loi visant à combattre l'intimidation dans les écoles, les commissions scolaires de Montréal et le corps policier n'ont toujours pas conclu d'entente établissant un plan d'intervention, et ce, même si la loi l'exige.

Le projet de loi 56 adopté par l'Assemblée nationale en juin 2012 prévoit pourtant «qu'une commission scolaire et l'autorité de qui relève chacun des corps de police desservant son territoire doivent conclure une entente concernant les modalités d'intervention des [policiers] en cas d'urgence, ainsi que lorsqu'un acte d'intimidation ou de violence leur est signalé».

Selon nos informations, les négociations seraient interrompues depuis janvier dernier, après que l'ancienne ministre péquiste de l'Éducation, Marie Malavoy, eut signifié qu'elle établirait par règlement les éléments essentiels de ces ententes. Ce règlement devrait être adopté cet automne, dit-on au Ministère, puis les commissions scolaires auraient 12 mois pour parvenir à une entente. 

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), on explique qu'un protocole d'intervention sur l'intimidation a été conclu au tournant des années 2000 avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Toutefois, la mise à jour qu'exige la loi 56 n'a toujours pas été signée. Selon le responsable des communications Jean-Michel Nahas, une nouvelle rencontre à ce sujet est prévue en octobre.

Du côté de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le responsable des relations de presse nous a invités à interroger le service de police. «Puisque c'est le SPVM qui prépare ce dossier, nous préférons vous recommander à eux», a indiqué Alain Perron.

«Il faut prendre nos responsabilités»

Cette situation déçoit l'acteur et animateur Jasmin Roy, qui préside la fondation du même nom visant à lutter contre la discrimination, l'intimidation et la violence dans les écoles du Québec.

«Nous sommes tous responsables. Si, en tant qu'adultes, nous ne prenons pas nos obligations au sérieux, nous sommes aussi responsables qu'une personne qui voit un enfant se faire intimider et qui ne fait rien, a-t-il affirmé en entrevue avec La Presse. Terminons ce que la loi 56 nous demande de faire. Si on dit aux jeunes de dénoncer, soyons des modèles positifs et agissons en conséquence.»

Des centaines d'intervenants et d'organismes impliqués dans la lutte contre la violence à l'école sont réunis aujourd'hui à Québec dans le cadre d'un Forum sur l'intimidation présidé par la ministre de la Famille Francine Charbonneau.

Selon M. Roy, plusieurs progrès ont été effectués depuis l'adoption en 2012 de la loi 56 contre l'intimidation à l'école. Or la formation sur ce sujet qui est destinée aux enseignants est toujours insuffisante, a-t-il affirmé.

«Plus de 80% des enseignants n'ont pas reçu de formation adéquate pour traiter de l'enjeu de l'intimidation, et très peu ont suivi des cours en formation continue. Quand c'est le cas, on parle d'une séance d'environ trois heures. Dans le plan d'action qui sera élaboré après le Forum, le gouvernement doit s'attaquer en priorité à cette question», a-t-il expliqué.

Lors du Forum, la ministre Francine Charbonneau a promis de faire table rase du passé et d'écouter l'ensemble des partenaires. Même la définition de l'intimidation, pourtant inscrite dans la loi 56 adoptée il y a deux ans sous un autre gouvernement libéral, pourrait être revue.

À son cabinet politique, on explique que toutes les options sont sur la table et que l'action gouvernementale sera guidée par les réflexions du milieu. Pour finir, la loi 56 pourrait-elle être revue de fond en comble?

«Je ne confirme pas et je n'infirme pas. Nous serons attentifs aux commentaires et aux échanges, et à partir de là, nous déciderons d'un plan d'action», a brièvement répondu Lindsay Jacques-Dubé, attachée de presse de la ministre de la Famille.

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