La CSQ prête à laisser une chance à Yves Bolduc

Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc.... (PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc.

PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Même si elle estime que le ministre de l'Éducation Yves Bolduc est un «élève à risque» qui a une «méconnaissance sérieuse» du réseau, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, n'est pas encore prête à exiger sa démission.

Si cette dernière a indiqué dimanche qu'elle était prête à donner la chance au coureur, Mme Chabot a toutefois prévenu que M. Bolduc devra donner un «coup de barre» afin de rassurer les intervenants du milieu.

«Il y a une question de jugement dans ces déclarations et cela illustre à quel point l'austérité et l'équilibre budgétaire à tout prix peuvent conduire dans des corridors où il ne faut pas aller», a dit la présidente de l'organisation syndicale la plus importante en éducation, à Montréal.

Le ministre de l'Éducation est sur la sellette depuis qu'il a affirmé, en entrevue, qu'il ne voyait aucun problème à ce que les commissions scolaires réduisent leur budget consacré à l'achat de livres pour leurs bibliothèques dans la foulée des compressions budgétaires imposées par Québec.

La CSQ a par ailleurs fait un clin d'oeil aux propos de M. Bolduc en organisant sa conférence de presse à la Bibliothèque nationale, à Montréal, où Mme Chabot était accompagnée de ses homologues de la Fédération des syndicats de l'enseignement, de la Fédération des professionnels de l'éducation du Québec, et de la Fédération du personnel de soutien scolaire.

Les quatre intervenants ont déploré une rentrée scolaire sous le signe de l'austérité, puisque selon eux, les coupes budgétaires des cinq dernières années dans le réseau scolaire atteignent près de 800 millions de dollars.

«Là, j'espère que personne ne croit que nous sommes seulement dans les coupures de frais de gestion, nous sommes rendus à l'os», a déploré Mme Chabot, qui croit que les services feront bientôt les frais des compressions.

Outre l'augmentation des taxes scolaires, Mme Chabot a rappelé que certains frais, comme ceux de transport scolaire et de surveillance pour le dîner, ont grimpé afin d'absorber les réductions budgétaires imposées.

Selon la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, plusieurs enveloppes budgétaires prévues pour des services aux élèves ont été regroupées par le ministère de l'Éducation avant l'imposition de compression.

«On nous dit que l'anglais intensif restera une priorité pour tout le monde, (mais) on n'y ajoute pas de services, pas de formation, (...) mais on veut continuer ce développement», a déploré Josée Scalabrini, en donnant un exemple.

Mme Scalabrini a toutefois tenu à calmer le jeu lorsqu'elle a été questionnée à savoir si les parents qui ont les moyens financiers pour envoyer leurs enfants dans le réseau privé devraient le faire.

«Le réseau public est encore un très bon réseau parce que les enseignants se donnent à 100 %, a-t-elle dit. Au-delà des conditions (...) nous tenons le réseau scolaire à bout de bras. Mais là, nous sommes épuisés.»

Les intervenants ont fait état d'une réduction d'effectifs professionnels dans plusieurs commissions scolaires, dont près de 25 % à la Commission scolaire de La Jonquière.

«Une présidente syndicale d'une petite commission scolaire me disait qu'en heures, on a coupé (...) l'équivalent de 26 éducateurs spécialisés, a dit Mme Scalabrini. Poste par poste, ça ne paraîtra pas.»

Si elle prévoit un «automne chaud» au Québec en raison de la volonté du gouvernement Couillard d'imposer des restrictions budgétaires à l'appareil public, la CSQ néanmoins décidé de soumettre une liste de priorités - qui réclame principalement l'abolition des compressions - à M. Bolduc.

Mme Chabot n'a toutefois pas voulu dire si l'«automne chaud» se traduirait par l'introduction de moyens de pression visant à défier le gouvernement Couillard.

«Nous avons un rendez-vous important de plusieurs groupes de la société civile en septembre et l'idée de développer un plan d'action pour l'automne sera mis sur la table», a-t-elle dit.

La CSQ représente plus de 200 000 membres, dont 130 000 dans le secteur de l'éducation.




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