Une formation collégiale à moderniser?

Les avis sont partagés sur l'avenir de la... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les avis sont partagés sur l'avenir de la formation collégiale.

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Que faut-il changer à la formation offerte dans les cégeps?

Les élèves du secondaire qui espèrent être dispensés de philosophie ou de français risquent d'être déçus.

«Qu'ils ne fondent pas trop d'espoirs là-dessus: on veut former de bons techniciens ou de bons étudiants universitaires, mais aussi de bons citoyens», souligne le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne.

Par contre, dit-il, «après 25 ans, il est peut-être souhaitable qu'on actualise tout ça».

En entrevue avec La Presse, mercredi, le ministre de l'Éducation Yves Bolduc a fait part de son intention de mettre sur pied des comités de travail dès cette année pour réfléchir aux changements à apporter à la formation collégiale.

Le ministre fait ainsi écho à une demande «quasi historique» de la Fédération des cégeps, selon M. Beauchesne. Le Règlement sur le régime des études collégiales, qui décrit les normes des programmes au cégep, n'a pas été réformé depuis 1993.

«Qu'est-ce qu'on veut comme formation générale?, demande Jean Beauchesne. Certains diront un cours d'économie, d'autres un autre cours d'éducation physique, ou encore un cours d'histoire. Il y a une large réflexion à faire. Après cette réflexion, la solution sera peut-être d'avoir un minimum obligatoire et une palette de choix, selon les forces et les faiblesses des étudiants.»

Assouplir et adapter

Une chose est sûre: la Fédération des cégeps souhaite «assouplir» la formation pour l'adapter aux particularités des programmes et du marché du travail.

Actuellement, les programmes préuniversitaires (comme sciences de la nature et sciences humaines) durent deux ans et les programmes techniques, trois ans. Tous les élèves doivent suivre 14 cours obligatoires.

«Dans le réseau, souligne Jean Beauchesne, on a 130 programmes techniques. Pourquoi faut-il que les 130 programmes durent trois ans?» Les programmes du domaine de la santé (dont soins infirmiers), déjà très chargés, auraient peut-être avantage à se donner en quatre ans, dit-il.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) entend consulter ses membres pour mettre à jour sa positon sur la révision des programmes. D'emblée, son président, Alexis Tremblay, a souligné l'importance, pour la FECQ, de «préserver l'intégrité de la formation générale».

«Plus qu'un simple tremplin vers le marché du travail ou l'université, c'est surtout une formation citoyenne qui, depuis plus de 50 ans, permet à la jeunesse de s'éduquer et d'évoluer», dit-il.

La Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ), qui représente 33 000 membres, ne propose pas, pour l'instant, de changement précis au contenu de la formation collégiale, mais souhaite que «le diplôme d'études collégiales reste un diplôme d'État».

La FNEEQ croit cependant qu'il y a matière à modifier la loi pour y ajouter une disposition permettant de mieux baliser la création des nouveaux programmes dans les cégeps.

Concurrence

Un tel article permettrait d'éviter que les collèges se fassent concurrence, selon la présidente de la FNEEQ, Caroline Senneville. Elle cite l'exemple du Collège André-Grasset, qui a ouvert l'an dernier un programme similaire à celui d'Art et technologies des médias, au cégep de Jonquière.

«Rien, dans la loi, ne permettait à un ministre de l'Enseignement supérieur de protéger ce programme-là, qui est unique», rappelle Mme Senneville.

Ce genre de compétition pourrait faire mal aux cégeps en région, dont plusieurs seront touchés par une importante baisse démographique d'ici 2020.

La Fédération des cégeps, la FNEEQ et la FECQ ont salué l'intention du ministre Yves Bolduc de revoir la formule de financement des cégeps (actuellement en fonction du nombre d'élèves) pour pallier, justement, la baisse d'effectifs prévus dans les cégeps de région.

Alexis Tremblay, de la FECQ, souhaite toutefois que le ministre aille plus loin en mettant en place un programme de mobilité étudiante» pour mieux répartir les élèves dans les différents cégeps. Cela pourrait notamment se traduire par des mesures financières incitatives pour étudier en région.

Questionné à ce sujet mercredi, le ministre Bolduc a répondu que le problème de la baisse d'effectifs en région est «plus complexe». «Par contre, des programmes pourraient être offerts à des immigrés qui pourraient par exemple aller à Sept-Îles. Il faudra regarder tout ça avec les cégeps.»

En quoi consiste la formation collégiale?

Programmes préuniversitaires (2 ans)

  • 4 cours de français
  • 3 cours de philosophie
  • 2 cours d'anglais, langue seconde
  • 3 cours d'éducation physique
  • 2 cours complémentaires
  • De 12 à 16 cours du programme préuniversitaire

Programmes techniques (3 ans)

  • 4 cours de français
  • 3 cours de philosophie
  • 2 cours d'anglais, langue seconde
  • 3 cours d'éducation physique
  • 2 cours complémentaires
  • De 16 à 36 cours du programme technique




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