Grève dans les garderies: le manque d'autonomie, coeur du litige

La présidente de la Fédération des intervenants en... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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La présidente de la Fédération des intervenants en petite enfance du Québec, Kathleen Courville, s'est adressée hier aux intervenantes qui prenaient part à un rassemblement familial au parc La Fontaine, à Montréal.

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CAMILLE CARPENTIER
La Presse

Les parents de 92 000 enfants du Québec ont dû trouver un plan B lundi, car leur garderie n'a pas ouvert ses portes. C'est que 13 600 responsables de services de garde en milieu familial ont déclenché une première journée de grève.

La Fédération des intervenants en petite enfance du Québec (FIPEQ) souhaitait ainsi faire pression sur la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, qu'elle accuse de laisser traîner les négociations qui durent depuis octobre dernier avec Québec pour le renouvellement d'une convention collective échue depuis novembre 2013. De son côté, la ministre déplore ce débrayage, estimant que l'impatience de la CSQ, à laquelle la Fédération est associée, pénalise les familles québécoises. 

La CSN, qui représente elle aussi des responsables de services de garde, est également en négociation avec l'État, mais n'a pas déclenché de grève. Voici cinq éléments pour comprendre le litige entre Québec et les garderies en milieu familial.

Autonomie

Les éducatrices demandent davantage d'autonomie dans l'exercice de leur métier. Comme travailleuses, les responsables des services de garde en milieu familial se trouvent dans une zone grise. Elles sont travailleuses autonomes, mais sont également salariées de l'État. «On est considérées comme des CPE, mais en milieu familial, explique une éducatrice, Nathalie Bertrand. Je suis d'accord pour qu'il y ait des lois qui régissent les services de garde, je n'ai rien contre ça. Mais quand c'est rendu que tu ne te sens plus chez toi, là, ça devient problématique.»

Bureaux coordonnateurs

Les travailleuses associent ce manque d'autonomie à l'emprise des bureaux coordonnateurs sur leurs pratiques. «L'enjeu majeur qui fait bloquer les négociations en ce moment, c'est la relation de travail entre les bureaux coordonnateurs et les services de garde», estime Kathleen Courville, présidente de la FIPEQ. Ceux-ci ont sous leur responsabilité les services de garde d'une région donnée et prennent en charge la répartition des inscriptions et les subventions gouvernementales. Ils s'assurent également de la conformité des lieux. Une des principales revendications de la FIPEQ consiste à harmoniser les pratiques de ces bureaux, dont certains prennent des décisions démesurées selon certaines éducatrices. Mme Courville souhaite obtenir de Québec «un processus de règlement des litiges pour pouvoir contester les décisions qui sont prises par les bureaux coordonnateurs et qui ne sont pas justifiées».

Salaires et horaire

Les éducatrices en milieu familial assurent travailler plus de 50 heures par semaine, mais n'être payées que pour 35 comme les éducatrices en CPE. «C'est 50 heures en présence des enfants, mais c'est sans compter toutes les tâches qu'on fait autour de ça. On travaille fort et on mérite mieux», a lancé Kathleen Courville devant des partisanes réunies au parc La Fontaine, hier.

Négociations à la traîne

La CSQ accuse la ministre Charbonneau de faire stagner les négociations en cours depuis l'automne dernier. La principale intéressée estime que la centrale syndicale s'impatiente inutilement, rappelant la complexité du dossier. «Ce n'est pas en allant vite qu'on fait bien les choses, dit Francine Charbonneau. Des femmes qui travaillent à partir de chez elles et qui ont une convention collective, c'est déjà un grand pas. On ne peut pas faire ça à la vitesse grand V.»

La CSN aussi à la table

La CSN participe également aux négociations avec Québec et représente environ 2000 éducatrices. Bien qu'elle n'ait pas les mêmes revendications que la CSQ, la CSN note la même problématique quant aux bureaux coordonnateurs. «Les bureaux ont une latitude trop grande, ils peuvent maintenir une idée au-delà du fait qu'ils ont tort. Ils ont une trop grande latitude», explique Lucie Longchamps, responsable du dossier à la CSN. Bien qu'elle reconnaisse la lenteur des négociations avec le gouvernement, elle n'est pas dérangée par la vitesse à laquelle vont les échanges, contrairement à ses collègues de la CSQ. «On croit qu'il y a un escalier dans les moyens de pression et on ne sauterait pas à ce moyen-là pour le moment.» Elle propose plutôt de laisser le temps à la nouvelle ministre de la Famille de prendre sa place et d'apprivoiser le dossier.




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