Québec étudiera la qualité des milieux de garde

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Dans son dernier budget déposé avant le déclenchement des élections, le gouvernement Marois voulait faire passer le tarif quotidien des CPE à 9 $ en deux ans. Une telle hausse de deux dollars aurait permis de récolter environ 125 millions de plus par année.

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L'Institut de la statistique du Québec vient de lancer une nouvelle étude d'envergure pour évaluer la qualité des milieux de garde de la province. Tout au long de 2014, des responsables de services de garde en milieu familial, des centres de la petite enfance et des garderies privées seront visités et évalués. La dernière étude du genre, intitulée Grandir en qualité, remonte à 2003. En voici les principales conclusions.

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infographie La Presse

PRINCIPALES FORCES DES RSG

Jeux libres favorisés.

Bonne capacité d'écoute envers les enfants.

Qualités personnelles favorables au développement de relations solides avec les enfants; par exemple, elles sont attentives, enthousiastes, disponibles, chaleureuses et patientes envers eux.

PRINCIPALES FAIBLESSES

Matériel pas assez adapté aux besoins des enfants, soit parce qu'il n'est pas sécuritaire ou en bon état, soit parce qu'il est insuffisant ou qu'il n'est pas assez varié.

Activités éducatives non planifiées ou planifiées de façon inadéquate.

Le caractère sain des lieux n'est pas assuré (ratio enfants/adulte, sac de plastique à la portée des enfants, prises électriques non couvertes...).

Un réseau de qualité, assure le syndicat des intervenantes

La vice-présidente pour la région de Montréal de l'Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM), Nadia Lemsouri, assure que la grande majorité de ses membres offre de bons services. «Contrairement aux garderies privées qui ne sont soumises à aucun contrôle, on reçoit trois visites par année du bureau coordonnateur», explique-t-elle. Même si elle reconnaît que la sévérité des inspections varie d'un territoire à l'autre, Mme Lemsouri assure que les règles à suivre par les RSG sont «très strictes» et que les milieux sont de qualité. «On ne peut vraiment pas se comparer aux garderies privées, qui fonctionnent sans aucune surveillance mais qui sont quand même subventionnées par

le gouvernement par l'entremise des crédits d'impôt pour frais de garde», dit-elle. Mme Lemsouri affirme même que certains bureaux coordonnateurs sont «trop stricts». Représentante du secteur RSG pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), et elle-même RSG depuis 20 ans, Lucie Longchamps estime que les rares cas problèmes portent ombrage «à un milieu de très grande qualité». «Nos éducatrices sont compétentes. Les parents préfèrent souvent le milieu familial à la grosse garderie. C'est plus intime. Moins bruyant. Le réseau est surveillé et de bonne qualité», martèle-t-elle.

Différents milieux, différents problèmes

De 2009 à 2014, une vingtaine de responsables de garde en milieu familial (RSG) à 7$ ont contesté jusque devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) la révocation de leur permis. Mais dans les faits, les conflits entre bureaux coordonnateurs et RSG sont bien plus nombreux. «La très grande majorité de nos conflits se règlent à l'amiable. Les cas au TAQ, c'est la pointe de l'iceberg», précise le directeur d'un bureau coordonnateur de la grande région de Montréal.

Dans la plupart des cas qui se sont retrouvés en cour, il s'est écoulé plusieurs semaines, voire plusieurs années, entre le moment où des infractions ont été relevées dans la garderie et celui où le permis de la RSG a été suspendu.

Dans tous les cas, il est impossible de connaître le nom de la personne responsable impliquée, ni même le territoire où les faits reprochés se sont produits.

CAS 1 «crisse, t'as pas compris?»

En février 2010, une employée d'une caisse populaire sursaute en voyant une dame interagir de manière très agressive avec des enfants qui semblent sous sa garde. La responsable de garde en milieu familial, qui se promène devant la caisse populaire, crie après un des enfants. «As-tu fini de pousser les amis, toé?», dit la responsable, tout en empoignant le petit par le collet. La responsable attache ensuite le chapeau de l'enfant si brusquement que la tête de celui-ci «se [promène] d'avant à arrière», est-il écrit dans le jugement du Tribunal administratif du Québec. Peu après, la dame interpelle encore le petit: «Crisse, t'as pas compris? Je t'ai dit de pas pousser, tu comprends-tu ça?»

Le 2 mars 2010, un parent porte plainte contre cette même responsable. Car quand il vient chercher son enfant, la responsable n'est pas présente et a laissé les enfants sous la garde de sa fille. Le parent est choqué de voir son enfant «couché sur le ventre dans un carrosse et attaché avec des sangles». Le petit hurlait. «Il essayait de se lever, mais ne pouvait pas bouger, est-il écrit dans le jugement du TAQ».

Le 13 juillet, le permis de la ressource sera finalement révoqué.

Durée de l'intervention > 6 mois

CAS 2 Verres pleins de moisissures

En juin 2009, des inspectrices d'un bureau coordonnateur remarquent que les verres utilisés dans une RSG sont insalubres. Des noircissures et des dépôts de lait sont visibles partout. Les neuf enfants de cette ressource boivent dans des verres laissant voir du lait caillé autour du bec et de la moisissure ayant l'aspect de fromage cottage. Parce qu'aucune amélioration n'est visible au fil des semaines, le permis a finalement été révoqué le 14 septembre 2009.

Durée de l'intervention > 4 mois

CAS 3 Un voleur à la garderie

Dès 2008, un bureau coordonnateur reçoit des plaintes de parents disant que des enfants d'un service de garde en milieu familial de son territoire rentrent parfois à la maison avec des coups de soleil. D'autres parents se plaignent aussi que la responsable baigne les enfants dans son spa et qu'elle fait brûler des feuilles mortes alors que des enfants se trouvent à proximité.

En octobre 2010, des inspectrices du bureau coordonnateur remarquent que l'ancien conjoint de la responsable se trouve sur les lieux. Or, l'homme possède un casier judiciaire pour vol et n'a pas le droit de se trouver en présence des enfants.

Qui plus est, l'homme abat des arbres avec une tronçonneuse à côté des bambins. Le permis de la dame sera finalement suspendu pour six mois en décembre 2010.

Durée de l'intervention > 3 ans




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