Exclusif

Vidéosurveillance pour contrer la violence dans les écoles

La vidéosurveillance existe depuis plusieurs années dans le... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

Agrandir

La vidéosurveillance existe depuis plusieurs années dans le domaine de l'éducation, surtout au secondaire. Mais qu'une commission scolaire décide d'installer massivement des caméras dans toutes ses écoles, c'est une autre histoire.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) aura ses élèves à l'oeil. D'ici trois ans, 895 nouvelles caméras à la fine pointe de la technologie seront installées dans 80 écoles. C'est plus de 35 caméras par établissement secondaire, et au moins 6 par école primaire. Une mesure d'une rare ampleur dans le milieu scolaire québécois.

«C'est une demande qu'on recevait des écoles, explique le porte-parole Jean-Michel Nahas. Certaines avaient déjà des caméras, d'autres non, et plusieurs fonctionnaient avec des systèmes différents. On a voulu uniformiser.»

La vidéosurveillance existe depuis plusieurs années dans le domaine de l'éducation, surtout au secondaire. Mais qu'une commission scolaire décide d'installer massivement des caméras dans toutes ses écoles, c'est une autre histoire.

«Habituellement, on voit plus du cas par cas que du mur-à-mur», observe le professeur et psychologue Égide Royer, de l'Université Laval, expert des comportements violents à l'école.

À la Commission scolaire de Montréal, par exemple. Les écoles peuvent demander des caméras pour contrer des problématiques précises ou identifier les visiteurs à la porte. «Elles doivent démontrer que ça va permettre de régler un problème», affirme le porte-parole Alain Perron. Même son de cloche ailleurs au Québec.

La CSMB a décidé d'aller plus loin. Huit de ses douze écoles secondaires sont déjà munies de caméras. Quelques-unes des 60 écoles primaires en ont aussi. «Le conseil des commissaires plaidait depuis deux ans déjà pour que tout le monde soit couvert par souci d'équité. La tragédie de Newtown [qui a fait 26 morts dans une école primaire aux États-Unis] nous a ouverts à une nouvelle réalité. Ç'a été l'élément déclencheur», note M. Nahas.

Ainsi, chaque établissement secondaire recevra 36 caméras neuves dotées d'un système d'opération unique et centralisé. Trente seront installées dans les aires communes à l'intérieur des bâtiments - comme la cafétéria, les zones de casiers ou l'agora - et six à l'extérieur. Les écoles primaires auront pour leur part droit à six caméras, toutes destinées à l'extérieur. Coût des travaux: 1,6 million - 1,1 million assumé par la commission scolaire et 500 000$ par les écoles.

«Il n'y aura pas quelqu'un assis derrière des écrans en train de surveiller. Mais s'il se passe un événement ou que la police est appelée, on pourra regarder les enregistrements.»

Dans la majeure partie des établissements primaires, les caméras, assez rares au Québec, seront une nouveauté. «On ne veut pas transformer ça en Big Brother, mais on veut aussi améliorer la sécurité.» D'où l'idée de ne les installer qu'à l'extérieur. «Comme ça, le personnel pourra garder un oeil sur ceux qui se présentent à la porte», précise Jean-Michel Nahas.

Système controversé

La vidéosurveillance à l'école ne fait pas l'unanimité dans le milieu de l'éducation. En France, le concept fait l'objet d'un perpétuel débat. Aux États-Unis, où 70% des établissements scolaires sont munis de caméras, l'Association nationale des psychologues scolaires américains estime «qu'il n'y a aucune preuve claire que leur utilisation est efficace pour prévenir la violence». Selon leurs études, les caméras ne feraient que déplacer les comportements délinquants ailleurs. Pire, elles pourraient encourager la violence à grande échelle, comme dans le cas du tueur de Virginia Tech, qui avait envoyé des images de son crime aux stations de télévision.

La Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement voit les choses autrement. «C'est dommage qu'on en soit rendu là, mais ça aide à contrôler le vandalisme, la drogue et la violence, convient la présidente Lorraine Normand-Charbonneau. On est dans une société où il faut des preuves avant d'accuser quelqu'un.»

Elle-même directrice d'école, elle rappelle toutefois l'importance de respecter la vie privée. «On ne met pas de caméras dans les classes, les vestiaires ou les salles de bains», dit-elle. À la CSMB, on dit s'être conformé à un avis de la Commission d'accès à l'information sur la vidéosurveillance pour choisir les endroits où seront installées les caméras.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer