Intimidation à l'école: les souffre-douleur victimes de la génétique

La génétique expliquait 70% du risque de victimisation.... (Photo Jocelyn Riendeau, archives La Tribune)

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La génétique expliquait 70% du risque de victimisation.

Photo Jocelyn Riendeau, archives La Tribune

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La victimisation à l'école primaire a une forte composante génétique, conclut une étude de l'Université Laval. Les enfants victimes d'intimidation sont donc victimes de leurs gènes.

«Nous avons été surpris par le degré de corrélation entre la victimisation et la génétique», explique Michel Boivin, psychologue à l'Université Laval, qui publie ses résultats dans la revue Child Development. «C'est probablement parce que nous avons pris quatre mesures différentes. Mais le lien est indéniablement là.»

Les chercheurs ont analysé le parcours de 800 jumeaux de la région montréalaise. Le tiers d'entre eux étaient monozygotes, c'est-à-dire génétiquement identiques. Ils leur ont d'abord demandé s'ils étaient victimes d'intimidation, puis ont demandé l'avis de leurs camarades de classe et de leur professeur. Ils ont ensuite proposé à leurs camarades d'évaluer leur popularité.

Conclusion: la génétique expliquait 70% du risque de victimisation. À titre de comparaison, une autre étude avec le même échantillon a montré que l'influence des gènes sur la préparation à l'école, en maternelle, était de seulement 20%.

«Dans une autre étude qui sera publiée sous peu, nous montrons que les victimes d'intimidation, au début du primaire, ont souvent des problèmes de comportement ou d'hyperactivité, explique le chercheur. Il se peut que les gènes jouent sur ces points. Une étudiante va aussi vérifier l'influence du surpoids et des problèmes de langage.»

Avoir un jumeau rend plus populaire

Petite consolation: à la maternelle, le fait d'avoir un jumeau rend plus populaire et protège de l'intimidation. «Mais, c'est un effet petit et temporaire», précise M. Boivin. Le chercheur veut aussi déterminer si le fait d'être dans la même classe que son jumeau a une influence sur le risque de souffrir d'intimidation. Environ 30% des jumeaux sont dans la même classe en maternelle; la proportion chute à 25% en première année.

Les jumeaux étudiés ont grandi dans des familles légèrement plus riches que la moyenne. «Dans les milieux vraiment défavorisés, il se peut que la génétique ait un impact moins grand et que l'environnement social ait un plus grand impact», estime M. Boivin.

Les 800 jumeaux suivis par des chercheurs d'une demi-douzaine d'universités forment la plus importante cohorte du genre au Canada, selon Michel Boivin, psychologue à l'Université Laval. Les cohortes de jumeaux sont utilisées en recherche biomédicale et psychologique pour déterminer l'importance des gènes dans certains comportements ou maladies. M. Boivin s'en est notamment servi pour démontrer que la réponse au stress est en partie génétique dans les milieux aisés, mais pas du tout dans les milieux pauvres. Les jumeaux, qui sont interrogés presque chaque année, sont nés dans la région montréalaise entre 1995 et 1998.

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