Pas de consensus sur les droits de scolarité

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Pierre Duchesne

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(Trois-Rivières) Aucun consensus ne se dégage autour de l'épineux dossier des droits de scolarité à la deuxième rencontre de consultation en prévision du Sommet sur l'enseignement supérieur de février.

Alors que le gouvernement Marois préconise l'indexation, les associations étudiantes ont plaidé pour le gel, voire la gratuité scolaire, appuyées par les syndicats. Le patronat réclame une hausse et les universités laissent entendre qu'elles sont favorables à l'indexation, au minimum.

Sans surprise, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a fait un plaidoyer pour la gratuité scolaire. « L'éducation n'est pas un bien marchand, mais un droit », a soutenu sa porte-parole, Blandine Parchemal. L'ASSÉ calcule que la gratuité coûterait 668 millions de dollars et pourrait être financée par une hausse des impôts des particuliers et des entreprises. Elle réclame également un système de bourses « afin de réduire au maximum les iniquités ». Il faut abolir l'endettement étudiant, a-t-elle ajouté.

La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Éliane Laberge, a réclamé un gel des droits « dans une perspective de gratuité scolaire ». « Il y a encore beaucoup à faire » pour assurer l'accessibilité des études supérieures, a-t-elle soutenu. La Fédération étudiante universitaire du Québec réclame aussi le gel. Elle fait valoir notamment que les frais afférents imposés par les universités, en sus des droits de scolarité, sont en hausse année après année. C'est déjà une forme d'indexation de la facture étudiante, selon elle.

Selon la CSN, « la gratuité scolaire devrait être établie à tous les ordres d'enseignement». « À court terme, minimalement, ça veut dire un gel », a affirmé le trésorier, Pierre Patry. Cette mesure préserverait selon lui l'accessibilité des études. Quant à l'indexation, c'est « une menace » à l'accessibilité, a renchéri la présidente de la fédération des enseignants, Caroline Senneville.

Mario Beauchemin, de la CSQ, a souligné qu'une indexation ou une hausse brutale «pourrait freiner l'élan de scolarisation aux études supérieures» et «aurait un effet néfaste important». Selon lui, les étudiants ont déjà fait un effort avec la hausse de 100$ par année entre 2007 et 2012. «Ce qu'on propose, c'est un gel des droits dans une perspective de gratuité scolaire», a dit M. Beauchemin.

Dans son mémoire, l'Université du Québec cite une étude selon laquelle, «globalement, la hausse des droits de scolarité au Canada, parfois substantielle, n'a pas été accompagnée d'une baisse de la fréquentation».

La présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp, a indiqué que le gel est, dans les faits, «une diminution des droits de scolarité». La part de la contribution des étudiants dans le coût de leur formation serait en baisse année après année, a-t-elle expliqué.

En entrevue avec La Presse, elle n'a pas voulu dire à combien devraient être fixés les droits de scolarité. Elle estime que la hausse que voulait imposer le gouvernement Charest, de 254$ par année, «c'était beaucoup». À ses yeux, «l'indexation maintiendrait la situation actuelle» puisque les étudiants paieraient toujours, année après année, la même part du coût de leur formation.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a pour sa part plaidé pour une hausse des droits de scolarité. «C'est important de ne pas associer une augmentation des droits de scolarité avec une diminution de l'accès», a dit son porte-parole, François Vincent. Il a ajouté que l'éducation est un «investissement», faisant valoir les «gains futurs» des diplômés au chapitre des revenus.

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