Garderies privées: moyens de pression en préparation

Selon la nouvelle formule de financement, la subvention... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Selon la nouvelle formule de financement, la subvention serait bonifiée en fonction du salaire versé aux éducatrices.

Photo: Alain Roberge, La Presse

(Québec) Après les éducatrices syndiquées, les garderies privées préparent des moyens de pression. Québec a accepté en principe de revoir leurs subventions, mais il refuse pour le moment de débloquer des fonds, a appris La Presse.

La ministre de la Famille, Yolande James, aurait donné son accord à une nouvelle formule de financement lors de pourparlers récents avec l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ). Mais elle ne se serait toujours pas entendue avec sa collègue présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, qui tient les cordons de la bourse.

Selon la nouvelle formule de financement, la subvention serait bonifiée en fonction du salaire versé aux éducatrices. L'AGPQ souhaite qu'une garderie privée touche la même subvention qu'un centre de la petite enfance (CPE) - sans but lucratif - si elle offre un salaire équivalent à ses éducatrices. Notons que les CPE reçoivent une subvention pour leurs immobilisations à laquelle les garderies privées n'ont pas droit. Dans les deux cas, les parents paient 7 $ par jour.

La nouvelle formule coûterait environ 20 millions de dollars de plus par année, estime l'AGPQ. Le gouvernement croit que la facture serait plus élevée. Il serait réfractaire à aller aussi loin que le souhaite l'AGPQ.

«Les discussions se poursuivent avec les garderies privées. Il n'y a pas encore d'entente, mais ça avance bien», se contente d'affirmer l'attaché de presse de Mme James, Olivier Duchesneau.

Dans son budget déposé la semaine dernière, le ministre des Finances, Raymond Bachand, n'a annoncé aucun montant pour augmenter les subventions des garderies privées. L'AGPQ est «inquiète» et «s'impatiente». Elle prépare des moyens de pression. «On est en train de regarder nos options. On a gardé les pancartes de la dernière manifestation», l'automne dernier, lance son directeur général, Jean-François Belleau.

L'AGPQ se plaint depuis plusieurs années d'un sous-financement. Ses membres reçoivent de l'État 35 $ par jour pour chaque enfant de plus de 18 mois, comparativement à 38,35 $ pour un CPE. L'écart est de 3,35 $. Il s'élève à plus de 6$ dans le cas des poupons (52,55 $ pour une garderie contre 59,45 $ pour un CPE). Il s'agit des subventions de base, puisque les garderies qui donnent des salaires se rapprochant des CPE touchent une prime.

Furieuses que le gouvernement reste sourd à leurs revendications, les garderies privées ont organisé des manifestations l'an dernier. Elles ont même menacé de faire la grève en novembre. Yolande James a finalement accepté de mettre sur pied un «chantier stratégique» pour revoir les règles de financement.

Les travaux devaient prendre fin le 31 janvier. Ils se sont prolongés parce que le ministère de la Famille s'est retrouvé en conflit avec les éducatrices des CPE syndiqués à la CSN, puis avec celles des CPE affiliés à la CSQ. Et ils s'étirent encore en raison des réticences du Conseil du trésor.

Les millions nécessaires pourraient provenir du «fonds de suppléance», qui sert à éponger les factures additionnelles ou imprévues en cours d'année. Ce fonds s'élève à 313 millions de dollars, dont 72 millions sont déjà réservés pour financer une quarantaine de mesures du budget. Il doit aussi servir à payer l'entente avec les éducatrices des CPE.

Une garderie privée accorde en moyenne un salaire de 16,42 $ l'heure à ses éducatrices. C'est 19,02 $ pour un CPE.

Selon la nouvelle formule de financement, plus une garderie offre des salaires qui se rapprochent de ceux en vigueur dans les CPE, plus sa subvention serait bonifiée.

Les garderies où les salaires seraient trop éloignés de la moyenne n'auraient rien de plus.

Une garderie de 80 places qui paie ses éducatrices 16,42 $ l'heure recevrait environ 15 000 $ de plus par année. La prime serait de 40 000 $ pour celle qui donne des salaires de 19,02 $. Ce sont les calculs de l'AGPQ basés sur l'état actuel des travaux du chantier.

Les garderies doivent compter deux éducatrices formées sur trois. Celles qui ne respectent pas le ratio se verraient imposer des amendes plus salées.

SUBVENTION DE BASE

Enfant de plus de 18 mois : 35 $ par jour en garderie privée, 38,35 $ par jour en CPE

Poupon : 52,55 $ par jour en garderie privée, 59,45 $ par jour en CPE

Nombre de garderies privées subventionnées : 649

Nombre de places en garderies privées subventionnées : 40 967

Nombre total de places à 7 $ par jour : 216 838

(En date du 29 février)




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