Frais de scolarité: la manif déborde

Quelques milliers d'étudiants et cégépiens ont envahi le square Phillips, rue Sainte-Catherine, jeudi après-midi, et ont marché vers la place Émilie-Gamelin, près de l'UQAM, en grève comme deux autres universités et sept cégeps. Après que les organisateurs eurent décrété la fin de la manifestation, un petit groupe s'est toutefois dirigé vers le pont Jacques-Cartier pour bloquer la circulation.

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Les étudiants ont notamment emprunté le boulevard Saint-Laurent.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

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Le Groupe tactique d'intervention a empêché un groupe de plusieurs centaines de manifestants d'embarquer sur le pont Jacques-Cartier.

Photo : Patrick Sanfaçon, La Presse

Les porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont scandé leur farouche opposition à toute hausse de tarifs qui restreindrait l'accessibilité aux études postsecondaires au Québec.

La porte-parole Jeanne Reynolds, dans un discours enflammé, a déploré la demande du gouvernement Charest qui a incité les institutions d'enseignement et les professeurs à traverser les piquets de grève pour offrir les cours comme si de rien n'était.

Les étudiants et cégépiens qui ont participé à la manifestation proviennent de tous les horizons, a-t-elle déclaré. Certains ont la chance d'avoir des parents suffisamment aisés ou dévoués pour payer leurs études. Ils manifestent tout de même par solidarité aux côtés de leurs confrères qui seront durement touchés par les hausses, selon elle.

«Oui, il y a une forte inflation, mais le désengagement du gouvernement envers les étudiants est impardonnable, a déploré Joannie, étudiante en sexologie à l'UQAM. Avec les hausses, ceux qui ont déjà accès aux prêts et bourses y auront toujours droit, mais ceux qui n'en ont pas actuellement n'en auront pas plus après la hausse. Et tous ne pourront pas suivre.»

«Moi, j'ai une mère seule. Je n'ai pas de prêts et bourses. Je dois travailler. Avec la hausse, je travaillerai plus, ce qui n'est pas bon pour l'engagement scolaire», a renchéri Pascale, qui étudie en éducation spécialisée.

À ce sujet, Félix, en technique de céramique au cégep du Vieux Montréal, a expliqué que, selon les statistiques, «en 1968, un étudiant devait travailler quatre semaines par année pour payer une année d'études. En 2015, ce sera huit semaines au salaire minimum». C'est probablement ce qu'il devra faire.

«On est trois enfants chez moi, ma mère est seule et rescapée du cancer, mon père s'est suicidé. Elle n'arrivera pas à me payer des études au-delà du cégep», a-t-il raconté.

Son amie Éliane Thivierge croit de son côté qu'avant de refiler la facture aux étudiants, «le gouvernement aurait dû faire une enquête sur la gestion des universités». On aurait peut-être trouvé là de quoi éviter la hausse annoncée des droits.

Pont bloqué à l'heure de pointe

Vers 16 h, les organisateurs ont clos la manifestation en remerciant les participants pour leur présence. Un petit groupe est alors parti pour le pont Jacques-Cartier. Les étudiants ont bloqué les voies dans les deux sens pendant environ une demi-heure.

«Ils ne pensent pas aux travailleurs moyens qui vont être pris dans la congestion routière à 1,40$ le litre d'essence», a dit Pierre Morel, un automobiliste qui tentait de rentrer à Montréal.

Alexandra Croze, étudiante en études hispaniques, a affirmé que le but des manifestants n'était pas de frustrer les automobilistes. «On voulait prendre la rampe piétonnière à la file indienne, mais les policiers nous en ont empêchés. On veut être entendus. On veut rejoindre la population.»

Les équipes spécialisées du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont finalement forcé les manifestants à dégager les voies du pont. Les policiers ont ensuite repoussé les étudiants jusqu'au parc Émilie-Gamelin. Ils ont arrêté un seul manifestant qui refusait d'obtempérer.

D'autres manifestations à venir

Plusieurs votes de grève sont à venir dans les prochaines semaines. Près des trois quarts des étudiants et cégépiens de la province doivent encore se prononcer. Jeudi, 10 000 étudiants de l'Université Laval étaient en grève d'une journée. Ils se sont ainsi ajoutés aux 52 000 étudiants et élèves en grève générale illimitée.

Les étudiants de l'Université du Québec en Outaouais votaient jeudi en soirée. Au moment de mettre sous presse, les résultats n'étaient toujours pas connus. Un peu plus de 6000 membres pourraient donc s'ajouter au mouvement.

Les étudiants promettent une action d'envergure tous les jeudis d'ici à ce que le gouvernement recule, «comme il l'a fait dans plusieurs dossiers». Deux grandes manifestations sont également prévues, le 1er mars

à Québec et le 22, à Montréal.

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