Anglais intensif en 6e année: les enseignants demandent à Québec de reculer

«Nous sommes conscients que l'apprentissage d'une deuxième langue... (Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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«Nous sommes conscients que l'apprentissage d'une deuxième langue est souhaitable. C'est vraiment le caractère généralisé de la mesure qui pose problème. Il y a des populations d'élèves pour qui cette mesure n'est pas souhaitable», a indiqué le président de la FAE, Pierre St-Germain.

Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse

(Québec) Le programme d'apprentissage intensif de l'anglais en 6e année est contesté. Après avoir exprimé leurs réserves, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE‑CSQ) quittent la table de travail et demandent carrément la fin du programme.

«On a des milliers d'élèves déjà en difficulté d'apprentissage et on veut leur imposer un nouvel obstacle, ce programme mur-à-mur qui ajoute une langue et diminue le temps pour les autres matières? C'est irresponsable», lance Pierre St-Germain, président de la FAE.

Mais la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'a pas l'intention de reculer. «On a beaucoup de respect pour les acteurs du milieu, mais on va continuer de travailler avec les autres membres du comité et on va aller de l'avant», a indiqué son attachée de presse, Hélène Sauvageau.

Le programme d'apprentissage intensif de l'anglais avait été annoncé dans le dernier discours inaugural du premier ministre Charest, en février 2010. «Ça nous avait surpris. Ce n'était pas une demande des écoles, mais on était de bonne foi, alors on a accepté de participer aux consultations», raconte Manon Bernard, présidente de la FSE.

Selon ce programme, l'anglais serait enseigné de façon intensive durant la seconde moitié de la 6e année du primaire. Il y aurait donc moins de temps pour les autres matières, qui ne seraient enseignées que durant la première moitié de l'année. Au total, 400 heures de la 6e année seraient consacrées à l'anglais.

Cette idée avait déjà été proposée 10 ans plus tôt par Gérald Larose, alors président de la Commission des états généraux sur la situation et l'avenir de la langue française. L'ADQ la proposait aussi en 2010. Certaines écoles offrent déjà un tel programme. C'est le cas de 16 des 21 écoles de la commission scolaire du Lac-Saint-Jean.

Le gouvernement Charest veut la mettre en place graduellement. Elle doit être appliquée dans toute la province d'ici cinq ans. La ministre Beauchamp a déjà reconnu qu'il manquait d'enseignants qualifiés pour l'appliquer partout dès la prochaine rentrée.

Des comités ont été formés pour gérer le recrutement d'enseignants, l'impact sur le programme scolaire et les relations entre les commissions scolaires anglophones et francophones. Après quelques mois de participation, la FSE et la FAE les quittent.

Mme Bernard dit ne pas s'opposer au principe de l'enseignement intensif de l'anglais. «Ça peut être intéressant dans certains cas, mais on s'oppose à son application généralisée», précise-t-elle. Plusieurs cas poseraient problème. Elle mentionne par exemple les élèves qui parlent déjà très bien anglais et risqueraient donc de perdre leur temps durant cet apprentissage intensif. Des écoles en région comprennent des classes multiniveaux, avec des élèves de 5e et 6e année, ce qui compliquerait l'application du programme.

L'anglais intensif ajoutera aux difficultés des jeunes qui souffrent déjà de troubles d'apprentissage, ajoute M. St-Germain. «Et notre priorité, ça devrait être de les aider, lance-t-il. Aussi, des jeunes nouveaux arrivants ne maîtrisent pas bien le français et on va leur enlever du temps pour l'apprendre», dénonce-t-il.




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