La géographie: une matière en voie de disparition?

À la fin des années 90, les élèves... (Photothèque La Presse)

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À la fin des années 90, les élèves québécois qui terminaient leur secondaire avaient suivi au moins 200 heures de cours de géographie. Ce chiffre est passé à 150 heures, et la demande pour ces cours ne cesse de diminuer au cégep.

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Depuis l'avènement de la réforme de l'éducation, à la fin des années 90, les élèves québécois suivent 50 heures de moins de cours de géographie au secondaire. Dans les cégeps, cette matière est de moins en moins populaire. Certains géographes déplorent cette situation et estiment qu'elle menace l'identité québécoise.

«La géographie est un vecteur de l'identité nationale et permet de donner un sens du territoire et de la nation. Éliminer cette matière des cursus scolaires est une erreur», croit André-Louis Sanguin, qui a enseigné la géographie à l'Université du Québec à Chicoutimi et à l'UQAM de 1970 à 1986. M. Sanguin a ensuite été engagé par l'Université Paris-Sorbonne. Il explique que, en France, la géographie est une matière obligatoire du primaire au secondaire. «Et c'est ainsi dans tous les pays de l'Union européenne. Pourquoi? Parce que la géographie permet de fortifier l'identité nationale», dit-il.

À la fin des années 90, les élèves québécois qui terminaient leur secondaire avaient suivi au moins 200 heures de cours de géographie. Ce chiffre est passé à 150 heures, et la demande pour ces cours ne cesse de diminuer au cégep.

Les géographes de la province sont si inquiets qu'ils tiendront une conférence intitulée Qu'advient-il de la géographie? en mai prochain, à l'occasion du 79e congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). Jules Lamarre, coordonnateur de la Maison de la géographie de Montréal et l'un des instigateurs du colloque, estime que la géographie est «en crise».

Enseignante de géographie à la retraite, Suzanne Laurin est plus nuancée. Elle s'attriste de la diminution du nombre d'heures de géographie au secondaire. Mais selon elle, le contenu des cours est bien meilleur qu'avant. «C'est beaucoup plus mondialisé. Le programme n'est vraiment pas si mauvais», dit-elle.

Edmond Pauli, qui a enseigné durant toute sa carrière en quatrième et cinquième secondaire, s'attriste pour sa part que l'enseignement de la géographie ait été intégré à celui de l'histoire. En effet, le cours Univers social fait une plus grande place à l'histoire. Les élèves reçoivent au moins 500 heures de cours d'histoire durant leur secondaire. «C'est important de pouvoir comprendre des enjeux en fonction de réalités territoriales. On n'a qu'à penser à ce qui s'est passé en Haïti ou en Tunisie. Le territoire est un enjeu important, et la géographie est essentielle pour bien le comprendre», soutient M. Pauli.

Professeur de géographie au cégep Rosemont, Christian Sabourin a écrit son mémoire de maîtrise sur le déclin de la géographie au Québec. Des 11 cégeps qu'il a étudiés, 7 ont retiré le cours Espace québécois de leur cursus depuis quelques années. «On note la disparition constante des cours de géographie au cégep. Surtout ceux sur le Québec. C'est triste parce que les jeunes manquent des notions importantes pour la compréhension du territoire québécois», croit M. Sabourin.

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