Recteurs à Concordia: trois petits tours et puis s'en vont... avec leurs primes

Le départ de la dernière rectrice, Judith Woodsworth,... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Le départ de la dernière rectrice, Judith Woodsworth, a été annoncé sans tambour ni trompette, le 22 décembre, seulement deux ans et demi après son entrée en poste.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Louise Leduc
La Presse

L'Université Concordia se cherche de nouveau un recteur. Les deux derniers ont quitté leurs fonctions au bout de deux ans, et ce, avec des primes de départ totalisant 1,7 million.

Le départ de la dernière rectrice, Judith Woodsworth, a été annoncé sans tambour ni trompette, le 22 décembre, seulement deux ans et demi après son entrée en poste.

Le communiqué évoque «des raisons personnelles», sans préciser davantage de quel type il s'agit.

On y cite le président du conseil d'administration, Peter Kruyt, qui se dit «profondément reconnaissant envers Judith» et qui vante «son leadership, ses réalisations et son engagement depuis deux ans et demi».

M. Kruyt a souligné de la même manière le départ de Claude Lajeunesse, en 2007. Il l'a remercié chaleureusement par communiqué, en vantant aussi ses «réalisations» et «son leadership et son engagement au cours des deux dernières années».

Le départ de ces deux recteurs s'ajoute à celui de quatre autres cadres de l'Université Concordia.

Au service des communications de l'Université, hier, on n'a offert aucun commentaire. Christine Mota, porte-parole, a cependant confirmé que Mme Woodsworth a reçu à son départ une prime de 703 500$ et son prédécesseur, une prime d'environ 1 million.

Dans le journal The Gazette d'hier, l'affaire a été largement commentée.

Donald L. Boisvert, professeur au département de religion de l'Université Concordia écrit notamment, dans une lettre ouverte, qu'il y a beaucoup trop de non-dits et il fustige les membres du conseil d'administration qui, à son avis, sont totalement déconnectés de l'Université.

Plus encore, il avance que le départ de Mme Woodsworth relève d'une «vendetta personnelle» de certains membres du conseil d'administration.

Pour lui, de deux choses l'une: «Soit le conseil d'administration fait de mauvais choix quand il nomme ses recteurs - et est ainsi directement responsable de ce qui arrive - soit il agit de mauvaise foi en n'appuyant pas leurs hauts administrateurs une fois qu'ils ont été nommés.»

«Cela fait déjà plusieurs décennies que le conseil d'administration admet des gens qui ont peu de loyauté envers l'Université Concordia, qui la connaissent mal et qui ne connaissent pas davantage le rôle et la valeur sociale des universités en général».

Le président du conseil d'administration, Peter Kruyt, n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

L'Université se retrouve donc de nouveau en mode recrutement. Un recteur par intérim sera nommé d'ici une ou deux semaines, tandis que la nomination d'un nouveau recteur pourrait prendre de six mois à un an, selon la porte-parole Christine Mota.

Le salaire de recteur à Concordia est de 350 000$.




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