Élèves en difficulté: adapter les solutions pour chacun

Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement, il... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement, il serait bon de limiter à 10% le nombre d'élèves en difficulté intégrés dans les classes. D'autres intervenants comme l'Association québécoise des troubles d'apprentissage rappellent que chaque élève est différent et qu'il faut en tenir compte pour établir des plans d'intervention dotés de ressources humaines et financières suffisantes.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Plus de 100 participants sont attendus à la journée de discussions sur l'intégration organisée par le ministère de l'Éducation, aujourd'hui à Québec. Afin d'avoir un aperçu des enjeux, La Presse a posé trois questions à certains intervenants et vous présente leurs réponses.

1 L'intégration des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation (EHDAA) dans les classes régulières, telle que pratiquée actuellement, est-elle réussie?

2 Quelle est selon vous la principale lacune ?

3 Nommez deux solutions pour faciliter l'intégration.

Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE)

1 Non. Dès le départ, nous avons remis toute la responsabilité sur le dos des enseignants en pratiquant une intégration massive sans accorder à l'école les ressources nécessaires.

2 L'absence de ressources dans l'école et auprès de l'enseignant.

3 L'école a la responsabilité d'intégrer tous les élèves, mais n'a pas l'autonomie nécessaire pour tous les faire réussir. Il faut aussi optimiser la concertation entre le milieu de la santé et le milieu scolaire, incontournable pour établir un diagnostic précis qui va permettre à l'école de rendre le meilleur service à l'élève.

Fédération autonome de l'enseignement

1 De manière générale, la réponse est non.

2 L'intégration est appliquée sans discernement et repose sur l'idée que la classe ordinaire répond naturellement aux besoins de tous les élèves, indépendamment des difficultés de ceux-ci.

3 Premièrement, il faut s'entendre sur le concept même d'intégration et partager la même interprétation. La FAE partage l'idée que l'école doit accueillir tous les élèves. Cependant, il n'est pas vrai que la classe régulière doive accueillir tous les élèves. Deuxièmement, il devient urgent de convenir d'une politique de prévention qui cible prioritairement les élèves du préscolaire et du primaire.

Fédération des syndicats de l'enseignement

1 Non, absolument pas! On a maintenant franchi le seuil au-delà duquel l'intégration ne sert plus personne, ni les élèves intégrés, ni les autres élèves, ni les enseignants qui croulent sous la tâche.

2 Il y en a plusieurs, mais on peut résumer en disant qu'il n'y a pas de balises à l'intégration et qu'il n'y a pas d'évaluation des besoins et des capacités des élèves.

3 Limiter à 10% le nombre d'élèves intégrés dans la classe. Tenir compte de la composition de la classe avant d'intégrer les élèves. La classe ordinaire n'est pas non plus la seule solution.

Association québécoise des troubles d'apprentissage

1 Ça dépend. Il y a de très belles expériences d'intégration, mais elles ne représentent certainement pas la majorité.

2 On cherche des solutions établies arbitrairement (p. ex.: limiter le nombre d'élèves ayant des besoins particuliers à un par classe). Les plans d'intervention sont aussi souvent des documents administratifs qui se retrouvent au fond d'un dossier.

3 Reconnaître toute l'importance des plans d'intervention. Si l'intégration est la bonne condition pour un, elle ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Il faut connaître les besoins particuliers de la clientèle et maîtriser les moyens d'adaptation qui existent. Il faut des ressources, bien sûr, humaines et financières.

Alliance des professeurs de Montréal

1 Non, parce que les services sont organisés davantage en fonction des ressources disponibles plutôt qu'en fonction des besoins réels des élèves.

2 Le nombre excessif d'élèves intégrés dans les classes ordinaires ainsi que la quantité importante de types de difficultés.

3 Revoir le concept même d'intégration en définissant clairement la notion de contrainte excessive pour avoir des classes plus homogènes. Augmenter les services directs aux élèves et le soutien aux enseignants en permettant davantage les références vers les classes et les écoles spéciales.

Gérald Boutin, professeur à l'UQAM*

1 Si l'on prend en considération le principal objectif de ce type d'intégration, à savoir la réussite scolaire de ces élèves, les statistiques disponibles et les observations des personnes concernées, cette mesure est loin de donner les résultats attendus.

2 La façon de considérer l'intégration scolaire en classe ordinaire comme un remède à tous les maux est la principale lacune.

3 Je mettrais l'accent sur certains points comme tenir compte des caractéristiques propres à l'élève concerné avant de prendre une décision à son sujet. Et prendre en considération les moyens disponibles sur le plan des ressources humaines et matérielles. Dans tous les cas, il faut bien reconnaître que certains élèves ne peuvent être «intégrés» de facto en classe ordinaire au risque de ne pas recevoir les soins nécessaires et de nuire à la conduite de la classe.

Fédération des commissions scolaires du Québec

1 Le succès varie selon les milieux.

2 Il manque de balises. Il faut des précisions du ministère de l'Éducation sur la façon dont on doit intégrer les élèves.

3 Il faut accorder plus de souplesse aux intervenants. Il faut aussi plus de stabilité autour des enfants en difficulté.

* Coauteur du livre Inclusion ou illusion, élèves en difficulté en classe ordinaire, aux éditons Nouvelles




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