Le retour des cours d'éducation sexuelle réclamé

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La disparition des cours d'éducation sexuelle à l'école en 2001 à eu un effet... (Photo: Martin Tremblay, Archives La Presse)

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Photo: Martin Tremblay, Archives La Presse

 

Anabelle Nicoud
La Presse

La disparition des cours d'éducation sexuelle à l'école en 2001 à eu un effet très négatif sur le comportement et la santé sexuelle des jeunes Québécois, ont expliqué mercredi les groupes de la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes, qui réclament leur retour dans les écoles.

L'abolition des cours d'éducation sexuelle a eu un effet désastreux sur la santé des jeunes. «Je suis catégorique: les cliniques sont débordées, les jeunes arrivent en larmes, c'est tout un volet de leur éducation qui a disparu», dit Rita Lamothe, membre élue du comité Condition féminine de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Plusieurs problèmes ont apparu à la suite de la disparition des cours. Selon le Dr Réjean Thomas, fondateur de la Clinique L'Actuel, les infections transmissibles sexuellement (ITS) font des ravages. «Depuis 2003, il est clairement démontré que les cas de syphilis, de chlamydia et de gonorrhée ont augmenté», dit-il, avant d'ajouter que l'abolition des cours n'a sûrement pas aidé.

«On ne peut pas dire que ce soit la cause, mais j'ajoute ça à la banalisation du sida», poursuit le Dr Thomas. Selon lui, le tiers des cas d'infertilité au Québec est lié aux infections transmissibles sexuellement. «On paie pour traiter l'infertilité, on paie pour le vaccin contre le virus du papillome humain, mais jamais pour la prévention», regrette-t-il.

En plus des maladies, les plus jeunes filles sont aussi exposées à des problèmes de comportement. La violence physique ou psychologique est de plus en plus banalisée, croit Rosa Pires, du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.

«On constate qu'il y a une banalisation de la violence psychologique: 58% des filles agressées ne signalent pas leur agression parce qu'elles considèrent que ce n'était pas suffisamment important», déplore Rosa Pires.

Depuis 2001, l'éducation sexuelle relève de l'ensemble des enseignants, qui n'ont pas de directives précises en la matière. Or, «quand tout le monde doit enseigner quelque chose de flou, personne ne le fait», croit Josée Scalabrini, vice-présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).

«Ce qu'on demande, c'est que les notions de respect, d'estime de soi, de consentement et de respect des autres soient enseignées. Une sexualité ne se vit pas n'importe où, n'importe comment. Il faut que tous les intervenants soient formés, qu'ils viennent de l'éducation, de la santé ou des services sociaux», dit-elle.

Le 14 octobre, la Marche mondiale des femmes au Québec revendiquera le rétablissement des cours. Du côté du cabinet de la nouvelle ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, on dit tendre une oreille attentive à ces revendications. «On va regarder tout le dossier et il y aura des rencontres dans les prochaines semaines», assure Amélie Légaré, l'attachée de presse de la ministre.

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