L'UQAM se protège à fort prix

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L'Université du Québec à Montréal (UQAM) dépense en... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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L'Université du Québec à Montréal (UQAM) dépense en moyenne 3,4 millions par année en sécurité.

Photo: Alain Roberge, La Presse

Ariane Lacoursière
La Presse

Les différentes universités du Québec dépensent chaque année des millions de dollars pour assurer la sécurité sur leur campus. Alors que l'Université du Québec à Montréal (UQAM) dépense en moyenne 3,4 millions par année en sécurité, l'Université McGill en dépense 2,2 millions, révèlent des données obtenues par La Presse grâce à la loi sur l'accès à l'information.

Les tâches confiées aux agents de sécurité dans les universités sont sensiblement les mêmes. Elles consistent à surveiller les installations contre le vol et le vandalisme et à assurer la sécurité du personnel et des étudiants.

 

Mais chaque campus a ses particularités. À l'UQAM, les agents doivent composer chaque jour avec la présence de toxicomanes et de sans-abri dans les pavillons. Le directeur de la prévention et de la sécurité à l'UQAM, Alain Gingras, explique que son institution doit être protégée «24 heures sur 24, sept jours sur sept».

Il ajoute «qu'étant donné la situation» de son université, la valeur des contrats donnés à des firmes de sécurité est parfois plus élevée. «On a aussi 120 agents qui travaillent pour nous. Je crois que nous avons l'un des plus gros contrats de sécurité de toutes les universités», dit M. Gingras.

Un exemple illustre bien les exigences du campus de l'UQAM, selon M. Gingras. Il explique que pour éviter de paralyser le centre-ville en évacuant l'université chaque fois qu'une alarme est déclenchée, l'UQAM a adopté un système de double signal.

Quand une alarme sonne dans un pavillon, trois agents de sécurité s'y rendent pour inspecter les lieux. Ces derniers prennent ensuite la décision d'évacuer ou non l'édifice. «Étant donné la communauté environnante, les sonnettes d'alarme pourraient être tirées chaque jour et ça causerait des problèmes au centre-ville. On doit donc adopter ce système qui demande d'avoir plus d'agents», explique M. Gingras.

Le 11 décembre 2008, une fausse alarme au tireur fou avait causé un immense branle-bas de combat à l'UQAM. Mais selon M. Gingras, si l'établissement a pu réagir rapidement à l'incident, c'est parce que plusieurs agents de sécurité y travaillent.

Plusieurs raisons entraînent des variations dans les coûts de sécurité des universités. «C'est sûr qu'il doit y avoir moins de vols à Rimouski qu'en plein centre-ville de Montréal!» illustre le porte-parole de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Mario Bélanger.

Et même à Montréal, les réalités sont différentes. Située sur les flancs du mont Royal, à l'écart des foules hétéroclites du centre-ville, l'Université de Montréal dépense tout de même en moyenne 3 millions de dollars par année en sécurité. «On a un campus très étendu. Trois stations de métro nous desservent. On a une quarantaine d'édifices à surveiller. On a un centre sportif très fréquenté. On a une salle de spectacle. On a aussi un campus à Saint-Hyacinthe dont il faut s'occuper», énumère la porte-parole de l'Université de Montréal, Sophie Langlois.

L'établissement reçoit aussi fréquemment la visite de personnalités publiques. Durant ces événements, la sécurité doit être renforcée. «On a eu une foule monstre quand Ségolène Royal est venue ici. Même chose pour Ingrid Betancourt», commente Mme Langlois. Par ailleurs, l'Université de Montréal est la seule au Québec où les agents de sécurité sont assermentés et ont le pouvoir d'arrêter et d'enquêter sur leur campus.

L'Université McGill doit elle aussi assurer la sécurité de 160 édifices situés sur deux campus différents (centre-ville et Macdonald à Sainte-Anne-de-Bellevue). Mais avec des dépenses de sécurité d'environ 2,3 millions par année, l'Université McGill se tire mieux d'affaire que ses vis-à-vis francophones. «Ici, tous nos contrats de sécurité sont confiés à des firmes externes», affirme le directeur adjoint des services de sécurité à McGill, Pierre Barbarie, qui ajoute toutefois que puisque chaque campus est très différent, il est impossible de les comparer.

 

Coût annuel moyen des dépenses de sécurité

Université du Québec à Rimouski: 303 398$

Université du Québec à Chicoutimi: 319 292$

Université du Québec à Trois-Rivières: 455 490$

Université Concordia*: 1 287 319$

Université de Sherbrooke**: 1 680 442$

Université Laval***: 1 906 846$

Université McGill: 2 257 609$

Université de Montréal: 3 000 000$

Université du Québec à Montréal: 3 379 511$

* Les données fournies par l'Université Concordia sont partielles. Il s'agit des sommes dépensées chaque année en contrats de sécurité avec des firmes externes. L'Université Concordia a demandé à La Presse de procéder à une autre demande d'accès à l'information pour obtenir le coût des agents à l'interne.

** Les dépenses de l'Université de Sherbrooke ne tiennent pas compte des remboursements faits par certains groupes. Par exemple, la sécurité assurée durant les matchs de football du Vert et Or est ensuite remboursée à l'université par l'équipe sportive à la fin de l'année.

*** L'Université Laval n'a pas voulu commenter ses dépenses.

 

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