Lac-Mégantic: des compagnies d'urgences environnementales à bout de patience

Les entrepreneurs, à force d'être maintenus dans l'ignorance,... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Les entrepreneurs, à force d'être maintenus dans l'ignorance, voient leur patience mise à rude épreuve.

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Tragédie à Lac-Mégantic

Actualité

Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

Le gouvernement du Québec est de nouveau critiqué pour la gestion du dossier des entrepreneurs qui attendent toujours d'être payés pour leur intervention d'urgence à Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, à la suite du déraillement d'un train.

Ces entrepreneurs dénoncent cette situation depuis plusieurs mois déjà. Certains avaient espoir de recevoir leur chèque avant la fin de l'année 2014. La firme Pomerleau, qui a obtenu le mandat de vérifier les factures des entrepreneurs, avait effectivement jusqu'à la fin du mois de décembre pour remettre son rapport.

Or, ce délai a été prolongé jusqu'au 31 janvier. Le ministère de l'Environnement assurait que les vérifications de la Ville de Lac-Mégantic et du gouvernement seraient terminées à la fin du mois de janvier ou au début février. «À ce moment, tous les fournisseurs auront été entièrement payés ou informés du résultat de la vérification de leurs réclamations.»

Pourtant, ces paiements n'ont pas encore été faits. Pomerleau refuse d'expliquer pourquoi les vérifications ont été prolongées, tout comme le ministère de l'Environnement, qui affirme avoir effectué un suivi «rigoureux» pour s'assurer du respect des délais, alors que dans les faits, ils ont pourtant été prolongés.

Selon nos informations, le gouvernement effectue maintenant des vérifications supplémentaires.

Aucune explication

Les entrepreneurs, à force d'être maintenus dans l'ignorance, voient leur patience mise à rude épreuve. C'est le cas de l'entreprise Accuworx, de Mississauga, en Ontario, qui est complètement sidérée par la gestion de son dossier. Le comptable de l'entreprise, Angelo Guglielmo, nage en plein cauchemar administratif depuis 14 mois.

Personne, depuis décembre 2013, n'a pris la peine de l'appeler pour lui faire part de l'évolution des vérifications des factures, qui représentent plusieurs milliers de dollars.

«C'est quand même incroyable! Comment peut-on expliquer que personne ne se donne la peine de nous informer, de rappeler, de faire un suivi? Qu'est-ce que ça envoie comme message?», a indiqué M. Guglielmo à La Presse.

L'entreprise a étudié la possibilité d'une poursuite, mais l'idée a été abandonnée afin d'éviter d'engouffrer encore plus d'argent en procédures judiciaires. La firme continue toutefois de talonner tous les intervenants concernés.

La semaine dernière, après plusieurs courriels, Pomerleau a finalement répondu à Accuworx qu'elle n'avait «rien à voir» avec les paiements, se contentant de diriger l'entreprise vers la Ville de Lac-Mégantic et le gouvernement. «Comment peuvent-ils dire qu'ils n'ont rien à voir là-dedans, ils vérifient tout, et puis, plus rien? Ce n'est plus leur problème!», s'insurge M. Guglielmo.

La Ville de Lac-Mégantic répond de son côté que le dossier est maintenant entre les mains du gouvernement. Après avoir contacté le ministère de la Sécurité publique et celui de l'Environnement, le comptable attend maintenant depuis plusieurs jours qu'on le rappelle.

Sur les 128 fournisseurs, le ministère de l'Environnement affirme avoir terminé l'analyse des réclamations de 122 d'entre eux. «Six ont reçu des avances ou des paiements partiels et seront informés des résultats finaux de la vérification de leurs réclamations d'ici quelques semaines», écrit Geneviève Lebel, coordonnatrice aux relations avec les médias au Ministère.

Mais visiblement, l'information ne se rend pas aux entreprises concernées.

Paul Pouliotte, chef de la direction financière de l'entreprise SIMEC, qui était responsable de la décontamination des eaux, a également dénoncé la «communication à sens unique». L'entreprise attend toujours des paiements.

En décembre dernier, Jean-Claude Morin, président de MD-UN, une entreprise spécialisée dans les interventions en cas d'urgence environnementale, était persuadé que tout n'était qu'une question de jours.

Craignant la faillite l'été dernier, M. Morin et Richard Robert, président de RSR Environnement, avaient été les premiers à dénoncer dans La Presse les retards de paiements pour des factures qui représentaient plusieurs millions de dollars. Depuis cette sortie, ils ont reçu quelques avances au compte-gouttes. «J'ai vraiment hâte d'être payé et que ça soit derrière nous, après un an et demi, c'est tout à fait inacceptable», déplore-t-il.

Les ministres du Comité interministériel sur la relance de Mégantic n'ont pas rappelé La Presse, hier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer