La gestion de la faillite de MMA décriée par les victimes

C'est une étape aussi dure à passer que... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

Agrandir

C'est une étape aussi dure à passer que la première [la tragédie], parce que des gens ont profité de la situation pour s'enrichir», estime Jeannot Labrecque, conjoint de Lise Doyon qui a perdu son fils la nuit du 6 juillet 2013. Le couple a été photographié alors qu'il assistait à une cérémonie religieuse quelques jours après la catastrophe.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Tragédie à Lac-Mégantic

Actualité

Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

«Injuste», mais «pas surprenant»: voilà les mots qu'ont laissé tomber les proches de victimes de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic quand ils ont appris, hier, que les avocats et syndics qui gèrent la faillite de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) ont jusqu'ici encaissé près de 9 millions de dollars en honoraires.

«Ce sont toujours les mêmes qui se remplissent les poches. Ceux qui ont perdu des enfants, qui ont respiré des produits toxiques, ils n'auront rien», a lâché Jeannot Labrecque, dont la conjointe Lise Doyon a perdu son fils, Kevin Roy, la nuit du 6 juillet 2013. «Ma blonde a perdu son fils et elle n'a rien eu. Elle a arrêté de travailler et a eu de la difficulté à avoir du chômage», a-t-il illustré.

Le 26 septembre, le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure du Québec, autorisait le versement de 4 millions en honoraires aux avocats et syndics représentant MMA. Dans le jugement, on apprenait aussi que «les honoraires américains s'élèvent actuellement à 4 500 000$». La nouvelle, relayée hier par Le Journal de Montréal, a fait réagir.

«C'est un peu tannant d'entendre qu'ils font tant d'argent que ça, un peu sur notre dos», a déploré Guy Ouellet, qui a perdu sa conjointe, Diane Bizier, dans la tragédie. Il estime qu'il est «injuste» que des avocats «se payent» avant les victimes. «Mais ça ne me surprend pas», a-t-il précisé. Jeannot Labrecque, cynique, est du même avis. «C'est une étape aussi dure à passer que la première [la tragédie], parce que des gens ont profité de la situation pour s'enrichir», a-t-il avancé, dénonçant au passage les entreprises qui ont, selon lui, trouvé leur compte - financièrement - en fournissant de l'équipement pour décontaminer le centre-ville.

L'avocat Hans Mercier, qui défend des familles touchées par la tragédie devant les tribunaux américains, a qualifié les honoraires de 9 millions d'«élevés». Surtout, il a dit comprendre la frustration de ceux qui n'ont rien reçu jusqu'ici. «C'est un dossier complexe, transfrontalier, il n'existe pas beaucoup d'antécédents. Mais somme toute, je peux comprendre que les victimes soient choquées [que les avocats de la MMA soient payés avant elles]», a-t-il déclaré.

Indemnisations

Me Mercier et ses collègues espèrent obtenir entre 125 et 162 millions au terme du recours collectif qu'ils pilotent. «Je ne peux pas me prononcer sur les négociations, mais nous cherchons à avoir plus», a-t-il souligné. Si tout va bien, les familles de victimes pourraient recevoir des indemnisations vers la fin de l'été ou le début de l'automne, a avancé l'avocat.

Les 9 millions remis aux avocats et syndics de MMA ne doivent pas avoir d'impact sur les sommes offertes pour dédommager les familles, car ils ont été pris à même les actifs de la MMA. L'argent que doivent recevoir les familles proviendra plutôt de «toutes les personnes qui ont une responsabilité potentielle», a indiqué Me Mercier. Il pourrait donc s'agir d'assureurs ou d'administrateurs de la société mère, notamment.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer