«J'ai senti beaucoup de sympathie et d'écoute», Colette Roy-Laroche

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

(WASHINGTON) Même s'ils ont dû être traduits du français à l'anglais, les mots de Colette Roy-Laroche ont frappé la cible, hier à Washington, où la mairesse de Lac-Mégantic entamait une mission de deux jours pour promouvoir la mise en place d'une réglementation plus sévère en matière de sécurité ferroviaire.

«J'ai senti beaucoup de sympathie et d'écoute de la part des différentes personnes présentes», a déclaré Mme Roy-Laroche après une rencontre avec le secrétaire adjoint du département américain des Transports, Victor Mendez, et le directeur de la Federal Railroad Administration, Joseph Szabo.

L'élue québécoise codirige à Washington une mission de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire, qui regroupe des maires du Québec, du Nouveau-Brunswick et des États-Unis. Après avoir présenté les demandes de la Coalition, elle a exposé aux hauts responsables des Transports les conséquences pour Lac-Mégantic de la catastrophe ferroviaire qui a fait 47 morts l'été dernier.

«Huit mois après la tragédie, je dirais que c'est une situation extrêmement difficile sur le plan humain, a résumé Colette Roy-Laroche après la rencontre. Beaucoup de gens sont encore traumatisés, je dirais même dépressifs. Sur le plan économique, nous commençons à peine à nous relever. Au niveau environnemental, c'est l'une des plus grandes catastrophes. L'opération de décontamination durera toute l'année, et ce ne sera qu'en 2015 qu'on pourra recommencer à reconstruire cette portion importante du territoire de la municipalité.»

Mesures volontaires

Vers la fin de la rencontre, le secrétaire aux Transports, Anthony Foxx, a tenu à saluer les membres de la mission canado-américaine, un geste de courtoisie qui n'était pas prévu au programme. Dans l'attente de l'adoption de normes plus sévères, il a convaincu récemment les entreprises de mettre en place des mesures volontaires pour assurer un transport plus sécuritaire du pétrole brut sur les voies ferroviaires.

Les sociétés ferroviaires ont notamment accepté de réduire la vitesse des trains dans les zones densément peuplées et à haut risque. Les pétrolières ont convenu, de leur côté, de rendre publiques les informations concernant le type de pétrole transporté dans les wagons-citernes.

«Je me réjouis du fait que, de ce côté-ci de la frontière, on est en train de faire une réflexion, je dirais même une avancée importante dans la sécurité ferroviaire, a déclaré Colette Roy-Laroche. On est en train de regarder de façon intégrée les différentes problématiques, tant au niveau des opérations, de l'entretien des rails, de la sécurité des wagons, qu'au niveau de la réglementation et de l'identification des produits qui se promènent sur notre territoire.»

Un long processus

L'ouverture que les responsables du gouvernement américain ont manifestée à l'égard des demandes du groupe de la mairesse de Lac-Mégantic ne signifie pas que l'adoption de nouvelles normes se produira demain. La lenteur du processus tient en partie à la nécessité d'harmoniser les réglementations de deux pays, le Canada et les États-Unis.

Mais cette lenteur représente aussi un risque, selon Luc Desjardins, maire de Petit-Rocher (Nouveau-Brunswick), un des membres de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire.

«Ce sont de véritables bombes qui circulent dans nos communautés de façon croissante, a-t-il dit en faisant allusion aux wagons transportant du pétrole brut. Il faut se dépêcher à mettre une réglementation en place et assurer la sécurité des gens.»

Colette Roy-Laroche et son groupe poursuivront aujourd'hui leur mission à Washington en se rendant au Capitole, où ils rencontreront des élus du Congrès.

Karen Darch se bat depuis 2008 pour convaincre le département américain des Transports de resserrer les règles entourant la sécurité ferroviaire aux États-Unis. Mais il aura fallu une tragédie au Québec en 2013 pour que les choses commencent à bouger sur ce front. «Lac-Mégantic a ouvert les yeux à tous», a déclaré la mairesse de Barrington (Illinois), qui codirige la mission de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire à Washington. «La connaissance du département des Transports de cette terrible tragédie a vraiment commencé à faire bouger les choses sur le plan de la réglementation», a-t-elle ajouté. Karen Darch n'attend pas moins avec une grande impatience l'adoption par les Transports de normes plus sévères pour la construction des nouveaux wagons-citernes de catégorie 111. Ces mêmes wagons ont été impliqués dans plusieurs explosions ou incendies récents, notamment lors du déraillement mortel de Lac-Mégantic.




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