Les élus ont une part de responsabilité, disent les représentants du Maine

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L'État du Maine a adopté mercredi une résolution dans laquelle il exprime sa solidarité avec les citoyens de Lac-Mégantic.

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

«Aujourd'hui, nous sommes tous des citoyens de Lac-Mégantic.» C'est par ces mots, et en français, que les élus du Maine ont officiellement témoigné de leur solidarité avec les victimes du drame de Lac-Mégantic. Un drame dans lequel ils se reconnaissent d'ailleurs une certaine part de responsabilité.

L'État du Maine a adopté mercredi une résolution dans laquelle il exprime sa solidarité avec les citoyens de Lac-Mégantic. Le texte, rédigé en partie en français, affirme que les citoyens du Maine sont aux côtés de leurs «voisins du Nord». 

Rappelons que l'entreprise responsable du train qui a ravagé Lac-Mégantic, Montreal, Maine&Atlantic Railway (MMA), est enregistrée au Maine.

L'instigateur de cette résolution est le chef de la majorité à la Chambre, le démocrate Seth Berry. En entrevue à La Presse, il a admis sans ambages que les politiciens ont une part de responsabilité dans le drame.

«Lorsque les agences réglementaires ne sont pas suffisamment aux aguets, les tragédies sont plus susceptibles de se produire. Je crois que nous devons ressentir un certain sens des responsabilités», a-t-il dit.

À l'insu des gens

Cet aveu spontané contraste avec les déclarations des politiciens canadiens, qui disent attendre les conclusions de l'enquête avant de se prononcer. La MMA a quant à elle commencé par blâmer les pompiers québécois, avant de reconnaître mardi une «grande part de responsabilité» dans le drame.

«Je ne connais pas suffisamment la cause de la tragédie pour dire s'il y a quelque chose que nous aurions pu faire différemment», a ajouté Seth Berry. Il reconnaît néanmoins une faute: celle de n'avoir pas vu le nombre de plus en plus élevé de wagons remplis de pétrole transitant sur les voies ferrées du Maine et d'ailleurs depuis un an.

«L'augmentation exponentielle du transport de pétrole par rail s'est produite à l'insu de bien des gens, dit-il. Plusieurs d'entre nous étaient beaucoup moins au courant il y a une semaine des gigantesques volumes de pétrole brut qui passent à travers notre État.»

Et surtout, affirme-t-il, les politiciens ont aujourd'hui la responsabilité d'agir.

«Nous avons une énorme responsabilité d'apprendre des erreurs du passé et de nous assurer qu'une telle catastrophe ne se reproduise jamais.»

Proposition prématurée

M. Berry a d'ailleurs déposé une deuxième résolution demandant qu'un rapport spécial sur le transport par rail de matières dangereuses soit rédigé avant le 6 décembre. Cette résolution n'a cependant pas été adoptée. Selon le démocrate, plusieurs élus ont fait valoir qu'il était prématuré de demander un tel rapport, alors que les conclusions de l'enquête sur le drame de Lac-Mégantic ne sont pas connues.

«J'aurais évidemment aimé que la proposition passe, mais les discussions ont montré qu'il y a une volonté de tirer des leçons de ce qui s'est passé et de faire une révision des pratiques», a dit M. Berry.

«Cet accident aurait très bien pu se produire au Maine, a ajouté le politicien. Ces rails passent souvent en plein centre des villes de notre État. Nous sommes tous concernés par le transport de pétrole par train.»

En français

M. Berry, qui ne parle pas français, a demandé l'aide de collègues d'origine francophone pour prononcer sa résolution de solidarité, mercredi.

«Je sentais que c'était important compte tenu des liens historiques et culturels qui nous unissent au Québec», a dit M. Berry.

Lorsqu'on lui a fait remarquer que la société MMA a d'abord publié ses communiqués en anglais seulement, avant de les publier dans un français bourré de fautes, M. Berry a soupiré.

«C'est malheureux, dit-il. Les communications devraient être sensibles à la langue et à la culture. J'aurais espéré que les entreprises et toutes les institutions y portent attention.»

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