Détresse psychologique: tirer des leçons de Dawson

Les élèves et employés du collège Dawson ont... (Photo: Martin Tremblay, Archives La Presse)

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Les élèves et employés du collège Dawson ont souffert d'une grande détresse psychologique après la fusillade de 2006, selon une enquête menée par la CUSM et le Centre de recherche Fernand-Seguin de l'hôpital Louis-H.-Lafontaine. Sur notre photo, les proches d'Anastasia De Sousa aux funérailles de la jeune fille, tuée dans la fusillade.

Photo: Martin Tremblay, Archives La Presse

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

Le réseau de la santé peut tirer des leçons de drames comme la fusillade à Dawson ou les attentats du 11- Septembre pour organiser les soins psychologiques des témoins et des secouristes du drame de Lac-Mégantic.

Si l'on se fie aux études réalisées à la suite de catastrophes comme le tsunami en Asie du Sud-Est il y a quelques années, la détresse psychologique de certaines victimes de Lac-Mégantic risque fortement de se transformer en trouble de santé mentale.

La littérature scientifique tend à indiquer qu'une minorité non négligeable connaîtra un état de stress post-traumatique. On peut aussi s'attendre à une augmentation de la dépression et de l'alcoolisme. Et plus les témoins ont vécu le drame de près, plus ils sont vulnérables.

Beaucoup de temps

Les blessures psychologiques peuvent aussi mettre beaucoup de temps à cicatriser. Trois ans après le 11 septembre 2001, 15% des survivants qui sont parvenus à évacuer les tours jumelles avant leur effondrement souffraient encore du syndrome du stress post-traumatique, selon une étude publiée en 2010 dans l'American Journal of Epidemiology.

« Le temps réel et le temps psychologique sont deux choses très différentes", note Pascale Brillon, psychologue spécialiste du deuil et du stress post-traumatique à l'hôpital du Sacré-Coeur.

À la suite de la fusillade au collège Dawson, en 2006, près de 18% des élèves et des employés ont éprouvé un trouble de santé mentale alors qu'ils n'en avaient jamais connu auparavant dans leur vie, a révélé une enquête menée par des chercheurs de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et du Centre universitaire de santé McGill.

« Une chose que l'on a découverte dans l'étude sur Dawson, c'est que 18 mois après l'événement, bon nombre d'élèves et d'employés étaient encore en état de très grande détresse", explique l'un des chercheurs, Stéphane Guay, directeur du centre d'étude sur le trauma à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

« Dans les événements comme celui de Lac-Mégantic, il y a beaucoup d'aide psychologique offerte au départ. C'est passé quelques semaines que les gens en détresse psychologique tombent entre les »craques", poursuit-il. Ce qui va être important maintenant, c'est que les CLSC et les médecins de famille demeurent vigilants au cours de la prochaine année et qu'ils questionnent leurs patients même s'ils consultent pour d'autres problèmes de santé. »

La migraine, des problèmes gastriques, la perte de poids et l'insomnie sont par exemple des symptômes physiques d'un problème psychologique.

Dépistage

Les policiers et les pompiers locaux qui ont fait un travail de secouriste sont aussi très à risque, puisqu'ils pourraient connaître les victimes. Hier, on a d'ailleurs annoncé que les pompiers de Lac-Mégantic ne seraient pas assignés à la zone sinistrée pour éviter le stress post-traumatique.

Mme Brillon explique qu'il sera important pour les témoins de la catastrophe d'être à l'écoute de leur état psychologique afin de dépister des symptômes potentiels. L'empathie des proches peut aussi faire une grande différence.

« Dans le cas d'une explosion comme à Lac-Mégantic, les témoins pourraient revoir des images du drame lors d'un BBQ entre amis ou en voyant un feu de bois dans un camping. D'autres seront en état d'alerte constant, feront des cauchemars ou ne voudront plus jamais mettre les pieds au centre-ville. Si ces symptômes perdurent durant plus d'un mois, il pourrait s'agir du syndrome post-traumatique. »

La bonne nouvelle, explique-t-elle, »c'est que ça se traite".

Malheureusement, plusieurs personnes tardent à consulter un professionnel de la santé, et les symptômes peuvent devenir quasi permanents. Le syndrome se »cristallise", dit-on dans le jargon du métier.

« Il y a des gens qui n'iront pas consulter de peur de prendre la place de quelqu'un d'autre ou parce qu'ils pensent que ce n'est pas acceptable d'aller chercher de l'aide. Mais c'est important de lancer le message aux gens d'essayer de s'autoévaluer afin que leur niveau élevé de détresse ne persiste pas au-delà de plusieurs semaines. »

Pour l'instant, de l'aide psychologique est offerte sur les lieux. »Ça va être en place durant des semaines", a indiqué Ariane Lareau, l'attachée de presse du ministre de la Santé.

Il est encore trop tôt pour savoir si le gouvernement financera un programme d'aide à long terme, a-t-elle ajouté.

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