Hamed Shafia aurait été à l'écluse quand ses soeurs se sont noyées

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(Kingston, Ontario) Hamed Shafia était à l'écluse de Kingston Mills quand ses soeurs et la première épouse de son père se sont noyées, la nuit du 30 juin 2009. Il s'agissait d'un accident, et la seule faute du fils Shafia est d'avoir fui les lieux sans appeler de secours, et d'avoir caché la vérité par la suite, ce qui a précipité sa famille dans le chaos.

Voilà, en résumé, la version que le jeune Hamed a servie à Moosa Hadi, l'étudiant embauché par son père, Mohammad Shafia, pour découvrir la vérité sur la tragédie, à l'automne 2009. Cette version, Moosa Hadi l'a enregistrée en prison le 7 novembre 2009 et l'enregistrement a été présenté au jury aujourd'hui, au procès qui se déroule à Kingston. Hamed et ses parents (Mohammad Shafia et Tooba Yahya) sont accusés d'avoir tué avec préméditation  les soeurs Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, Geeti, 13 ans, et Rona, 53 ans, première épouse de Mohammad Shafia.

La version d'Hamed va comme suit : la nuit du 30 juin 2009,vers 1h30 du matin, la famille comptant dix membres s'est arrêtée au Kingston Motel East pour dormir. Ils circulaient à bord de deux voitures, une Lexus, et une Nissan. Au motel, les parents et les plus jeunes enfants sont allés dans une chambre. L'autre chambre devait servir aux trois soeurs et à Rona, on suppose. Mais seule Rona est descendue dans la chambre. Zainab, qui n'avait pas de permis de conduire, a avisé son frère qu'elle voulait faire un petit tour de voiture avec la Nissan. Hamed lui a recommandé de ne pas aller loin, de juste tourner dans le stationnement et revenir. Rona, qui voulait s'acheter une carte d'appel à 1 $, est alors sortie de la chambre et est montée dans la Nissan, conduite par Zainab, où se trouvaient aussi Sahar, et Geeti, qui dormait.

Dans l'écluse

La Nissan est sortie du stationnement et s'est engagée sur l'autoroute 15. Hamed, qui devait partir pour Montréal, a décidé de suivre la Nissan. Les deux voitures se sont retrouvées sur la petite route de Kingston Mills, où il faisait nuit noire. La Nissan s'est arrêtée soudainement, Hamed, qui suivait de près dans la Lexus de son père, a percuté la Nissan à l'arrière, légèrement. Hamed n'était pas content. Il est sorti de la Lexus, et s'est mis à ramasser les pièces brisées des voitures par terre. Pendant ce temps, la Nissan s'est engagée dans l'herbe pour faire demi-tour. Ce faisant, elle est tombée dans l'écluse.

Hamed, qui était toujours occupé à ramasser les pièces a entendu un splash. Il a couru vers l'écluse, a vu la voiture qui flottait. Il a déposé les pièces de voitures sur le bord de l'écluse. Il a couru à la Lexus, a actionné le klaxon une fois ou deux, espérant qu'il y aurait quelqu'un. Il n'y avait personne. Il a pris une corde, est revenu à l'écluse et l'a lancée dans l'eau à quelques reprises, en l'agitant. Mais personne ne l'a saisie. Il a replié la corde, et est reparti avec dans la Lexus.

Craignant qu'on l'accuse d'avoir laissé sa soeur conduire sans permis, avec ce tragique résultat, il a quitté les lieux sans appeler de secours. Il ne voulait pas non plus le dire à ses parents. Il est allé à Montréal, a pensé à son affaire. Il a décidé d'aller foncer dans un poteau avec la Lexus pour camoufler l'origine des dégâts. Il a ensuite rangé la Lexus dans le garage de son père. Ce dernier l'a appelé tôt le matin, lui a fait part de la disparition des filles et de la Nissan. Hamed  est revenu à Kingston avec l'autre voiture de son père, une camionnette Pontiac. Il a pensé avouer la vérité à ses parents, mais n'a jamais trouvé le moment propice pour le faire. Le 22 juillet, la police les a arrêtés tous les trois.

Hamed a gardé son secret pour lui, même quand deux enquêteurs l'ont interrogé avec vigueur, le 22 juillet. «Ce que j'ai à dire, je vais le dire au juge, à la Cour», avait fait valoir le jeune homme, à la fin de l'interrogatoire policier. C'était avant que Moosa Hadi n'entre dans le portrait.

Moosa Hadi

Originaire d'Afghanistan comme les accusés, Moosa Hadi étudiait l'ingénierie à l'Université Queens, à Kingston, et travaillait dans un dépanneur, à l'été 2009. Il a entendu parler de la tragédie dans les médias. Il a réussi à se faire embaucher par les avocats des accusés, pour permettre à ces derniers de communiquer avec leurs clients. Mais très vite, le jeune homme a outrepassé son rôle. À l'insu des avocats, il a conclu un marché avec Mohammad Shafia, pour découvrir les vérités.  Il a parcouru la preuve policière, et y a trouvé des failles : l'interprétation était erronée parfois, et les méthodes des enquêteurs n'étaient pas correctes, selon lui.

Moosa Hadi s'est convaincu que les parents étaient innocents, mais pensait que le fils cachait quelque chose. De fil en aiguille, il a montré la preuve à Hamed, et a fini par obtenir la déclaration de ce dernier. Il a fait un rapport sur la «vraie vérité» et est allé le porter à la police de Kingston, le 12 novembre 2009, dans l'espoir que la police réalise son erreur et libère au moins les parents.

À l'époque, les trois accusés n'avaient pas le droit de se contacter. Moosa Hadi les visitait à tour de rôle, et discutait avec eux de l'affaire. Il était aussi en contact avec les autres enfants de la famille.

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