Magnotta ne paraissait pas psychotique

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L'avocat de la défense, Me Luc Leclerc, et le psychiatre Joel Watts.

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

Luka Rocco Magnotta n'avait pas de signe évident de psychose dans l'avion, le 18 juin 2012, lors de son extradition vers le Canada. Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de signe flamboyant de psychose que celle-ci n'est pas présente.

C'est ce que le psychiatre Joel Watts a fait valoir, hier, alors qu'il était contre-interrogé par Me Louis Bouthillier. Le procureur du ministère public soumettait que le comportement de Magnotta n'était pas celui d'un psychotique, entre le moment du meurtre de Lin Jun, le 25 mai, et son retour à Montréal, le 11 juin, jour où il a été admis en psychiatrie à la prison de Berlin. Entre les deux, on sait que Magnotta a vidé son appartement et a quitté le pays pour aller s'établir en Europe.

Me Bouthillier s'est par ailleurs étonné que le Dr Watts ait porté «deux chapeaux» dans cette affaire. En juin 2012, ses services ont été retenus par la police de Montréal, pour raccompagner Magnotta depuis Berlin. Quelques mois plus tard, il acceptait un mandat de la défense, pour évaluer la responsabilité criminelle de Magnotta.

Le Dr Watts, un jeune psychiatre qui travaille à l'Institut Philippe-Pinel depuis 2009, et qui avait quatre ans de pratique en 2012, ne trouve pas que c'est incompatible. Son rôle lors du raccompagnement de Magnotta dans l'avion était très limité, a-t-il dit. Ce sont les autorités de Berlin qui exigeaient qu'un psychiatre soit présent pour le retour de Magnotta. Ce dernier a clairement dit qu'il ne ferait pas de déclaration dans l'avion.

En ce qui concerne son évaluation de la responsabilité criminelle de Magnotta, le Dr Watts a produit un rapport de 124 pages, au terme duquel il conclut que M. Magnotta souffrait d'une psychose au moment des faits. L'accusé savait ce qu'il faisait, mais ne pouvait distinguer le bien du mal.

Me Bouthillier a questionné le Dr Watts sur les raisons pour lesquelles il avait accepté ces mandats. «Parce que c'était un cas grandement médiatisé?», a-t-il demandé.

Le psychiatre a soutenu que c'était plutôt parce que c'était un cas intéressant.

Le procureur a également fait ressortir que le Dr Watts signalait dans ses notes, le 18 juin, que Magnotta pouvait jouer la comédie, faire un show et se réjouir de l'attention qu'il suscitait. Le psychiatre a répondu que c'était une information qui lui venait des policiers.

Me Bouthillier poursuivra son contre-interrogatoire aujourd'hui.

Le procès en est à sa huitième semaine. Au début de la journée, hier, le juge Guy Cournoyer a avisé le jury qu'il pourrait vraisemblablement commencer ses délibérations la première semaine de décembre. Ce sera au jury de décider si Magnotta est coupable du meurtre de Lin Jun et d'autres accusations qui y sont rattachées, ou non coupable pour cause de troubles mentaux.

Le procès en chiffre

30
Hier était le 30e jour du procès.
56
Le Dr Watts est le 56e témoin du procès.
14
Nombre de membres du jury.
12
Seulement 12 d'entre eux iront en délibérations.
4
Le 4 juin 2012, Magnotta a été arrêté à Berlin, dans un café internet.

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