Une interview de Magnotta restera secrète, tranche la juge

Les policiers du SPVM avaient saisi le document... (Photo Mike McLaughlin, La Presse Canadienne)

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Les policiers du SPVM avaient saisi le document vidéo en juin 2012 et ne pourront donc s'en servir pour peaufiner leur enquête.

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Procès Magnotta

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

Une interview réalisée en 2007 avec Luka Rocco Magnotta, dans le cadre d'une recherche sociologique sur le travail d'escorte, restera confidentielle, a tranché la juge Sophie Bourque.

Les policiers du SPVM qui avaient saisi le document en juin 2012, ne pourront donc s'en servir pour peaufiner leur enquête sur le meurtre et le démembrement de Lin Jun, survenu le 25 mai 2012, à Montréal. M. Magnotta est accusé de ces crimes. Il a eu son enquête préliminaire au printemps 2013, et doit subir son procès en septembre prochain.

La recherche en question avait été menée entre 2004 et 2008 par des professeurs en criminologie de l'Université d'Ottawa, soit les Drs Colette Parent et Christine Bruckert. À un certain moment, celles-ci ont embauché un étudiant, Adam McLeod, pour les assister dans leurs recherches. M. McLeod a ainsi été amené à interviewer plusieurs travailleurs du sexe pour l'étude. Parmi eux, il y avait un certain «Jimmy.»

Quand un mandat a été lancé contre M. Magnotta, en mai, M. McLeod aurait réalisé que celui-ci était le «Jimmy», qu'il avait interviewé en 2007. Il a communiqué avec les policiers du SPVM, pour les informer que l'interview portait sur la vie privée et professionnelle de M. Magnotta. Il y avait un enregistrement vidéo et sa transcription. Les policiers se sont montrés intéressés et ont obtenu un mandat.

Opposition 

Les professeures Parent et Bruckert se sont cependant opposées à cette saisie, arguant que la confidentialité des personnes interviewées était essentielle pour les travaux de recherche. D'autant plus qu'elles impliquaient des personnes marginales qui n'accepteraient pas de participer, sans cette assurance de confidentialité. 

Le litige a été débattu en avril 2013 en Cour supérieure, à Montréal, devant la juge Sophie Bourque. Sa décision, a été rendue hier. La juge donne raison aux deux professeurs, tout en spécifiant qu'il ne s'agit pas d'un privilège absolu. La recherche sur des enjeux importants, et les enquêtes sur des crimes graves sont toutes deux dans l'intérêt du public. Quand ils s'affrontent, il faut faire du cas par cas, signale la juge.

«C'est la première décision de Cour qui reconnaît le privilège des chercheurs participants», a réagi James L. Turk, par voie de communiqué. M. Tuck est directeur de l'Association canadienne des professeurs et professeurs d'université, qui a financé la recherche. La Cour a reconnu l'importance de protéger les sources des journalistes, et cette décision étend la même reconnaissance aux chercheurs.»




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