Détenus afghans: une enquête publique s'impose, selon le NPD

La députée néo-démocrate Hélène Laverdière... (Photo Graham Hughes, archives La Presse Canadienne)

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La députée néo-démocrate Hélène Laverdière

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(Ottawa) Le NPD revient à la charge pour réclamer la tenue d'une enquête publique indépendante sur le traitement accordé aux détenus afghans par les soldats canadiens durant leur mission en Afghanistan.

La Presse a publié ce matin une lettre de quatre pages rédigée par un petit groupe de policiers militaires qui ont servi en Afghanistan et qui réclament eux aussi toute la lumière soit faite sur les abus qui auraient été infligés aux détenus afghans qui étaient sous leur garde entre 2010 et 2011.

Dans cette lettre qui a provoqué de nombreuses réactions à Ottawa, ils soutiennent que près de la moitié des Afghans qui ont été capturés par les soldats canadiens au cours des opérations menées durant cette période et qui ont été incarcérés au centre détention de la base militaire de Kandahar n'avaient aucun lien avec les insurgés talibans.    

Ces prisonniers ont plus tard été relâchés par le commandant des opérations, faute de preuves qu'ils appuyaient les insurgés, après avoir passé en moyenne deux mois dans le centre de détention sous la garde de la police militaire des Forces armées canadiennes, soutiennent-ils, alors que le gouvernement canadien affirmait publiquement qu'ils étaient détenus en moyenne entre 48 et 96 heures, tout au plus.

«C'est extrêmement troublant parce que non seulement on parle d'une possible violation du droit canadien, du droit criminel canadien, de potentielles violations du droit international, on parle également d'avoir volontairement caché la vérité aux autorités et aux Canadiens. Et c'est pour ça qu'il faut une enquête publique indépendante.  Il faut absolument essayer, aller au fond des choses», a commenté mercredi matin la députée néo-démocrate Hélène Laverdière.

«Les conservateurs étaient contre une telle enquête. Les Libéraux, dans l'opposition, appuyaient l'idée d'une enquête. Bien maintenant, qu'ils mettent leurs culottes et qu'on ait cette enquête-là», a-t-elle ajouté.

Selon les policiers militaires, qui demandent l'anonymat compte tenu du fait qu'ils risquent la prison pour cette sortie, «une entente secrète a même été élaborée avec le NDS [forces afghanes] pour que les détenus apparaissent comme étant sous leur garde alors qu'ils étaient tous dans nos cellules canadiennes dans le but non avoué de fausser les faits».

La Presse a rencontré un des signataires de la lettre. Ces derniers affirment tous avoir été témoins des événements survenus dans le centre de détention de Kandahar. La Presse s'est engagée à respecter leur anonymat étant donné qu'ils sont passibles d'une peine de prison à vie en dénonçant de la sorte les gestes répréhensibles qui auraient été commis en Afghanistan.

Selon Mme Laverdière, une commission d'enquête permettrait de faire la lumière sur trois questions «troublantes»: le transfert des détenus afghans aux forces de sécurité afghanes par les troupes canadiennes; le traitement qui a été fait aux détenus afghans par les forces canadiennes elles-mêmes. «Et il y a la question d'éventuelles manipulations sérieuses de l'information.»

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