Les cartes politiques sont brassées à Panjwaï

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Le commandement militaire canadien ne prend pas publiquement position dans le domaine de la politique afghane. Les forces canadiennes de l'aéroport de Kandahar affirment qu'elles soutiendront quiconque est choisi par les Afghans pour gouverner Panjwaï.

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Steve Rennie
La Presse Canadienne
Kandahar

Un changement de garde politique dans un coin troublé de Kandahar pourrait avoir des impacts sur les troupes canadiennes qui patrouillent dans la région.

Un vieux routier politique a été éjecté du pouvoir, et ce dernier provient d'une tribu qui tend à être davantage pro-taliban que d'autres. Celui qui le remplace est un homme ayant des relations importantes avec le président afghan Hamid Karzaï, ainsi qu'avec son puissant demi-frère.

L'ancien gouverneur de Panjwaï a déclaré qu'il avait demandé à ses frères de la tribu Noorzai d'accepter le nouveau chef de district comme étant l'un des leurs.

Les troupes canadiennes doivent donc à nouveau agir dans cette incertitude politique et tribale, le tout dans une région de Kandahar qui est depuis longtemps considérée comme une place forte des insurgés.

Ce remaniement politique était prévu depuis quelque temps.

Après beaucoup de spéculation, le bureau du gouverneur provincial a annoncé dimanche un changement à la tête de l'un des trois districts sous responsabilité canadienne.

Un chef tribal nommé Haji Fazluddin Agha a remplacé Haji Baran.

Le commandement militaire canadien ne prend pas publiquement position dans le domaine de la politique afghane. Les forces canadiennes de l'aéroport de Kandahar affirment qu'elles soutiendront quiconque est choisi par les Afghans pour gouverner Panjwaï.

Certains civils et militaires canadiens se sont néanmoins plaints de M. Baran en privé. Certains le voient comme étant inefficace. D'autres pensent qu'il est corrompu et favorable à la cause talibane.

Le remplacement de M. Baran serait survenu après des semaines de discussions à huis clos.

«Le processus était déjà en cours depuis quelques semaines», a déclaré à La Presse Canadienne le porte-parole du gouverneur, Zelmai Ayubi.

Le conseil provincial de Kandahar a produit une liste de candidats afin de remplacer M. Baran, et le nom de M. Agha en faisait partie.

Celui-ci est l'un des plus importants alliés du président dans Kandahar. Il a géré la campagne électorale de M. Karzaï lors des élections présidentielles discréditées de l'an dernier. Il a, de plus, déjà gouverné un autre district de Kandahar.

L'homme est aussi proche du demi-frère du président et monument politique de Kandahar, Ahmed Wali Karzaï, qui est également à la tête du conseil provincial qui l'a nommé.

L'avis de départ de M. Baran lui est parvenu de Kaboul avant la fin de semaine. Ce dernier affirme ne pas s'être vu offrir un nouveau poste.

Ce qui semble être un changement de faible importance parmi les chefs de district afghans a plutôt des répercussions profondes pour la mission militaire canadienne à Kandahar.

Panjwaï, au sud-ouest de la ville de Kandahar, a longtemps été une zone à problèmes de la région. Ce district, ainsi que deux autres, est sous juridiction militaire canadienne.

Les troupes canadiennes sont actuellement à la tête d'un important effort pour sécuriser Panjwaï avant que leur mission de combat ne prenne fin l'été prochain.

À Panjwaï, tout comme partout en Afghanistan, la politique pèse lourd dans la balance.

C'est la tribu Noorzaï qui domine le district. Au sein du complexe système tribal afghan, ce sont eux qui risquent le plus d'être pro-talibans. Leurs étroites relations avec les talibans ont permis aux insurgés de se déplacer librement en territoire noorzaï. Il est donc important pour les troupes coalisées de les avoir de leur côté.

En ce qui concerne M. Agha, il profite désormais de la protection offerte par une quinzaine de policiers afghans. Quant à savoir s'il restera, c'est une autre question.

Le commandant canadien des troupes de la coalition à Kandahar, le brigadier-général Dean Milner, a laissé entendre que M. Agha avait des objectifs plus ambitieux.

«Ça ne prend pas grand-chose pour rassembler tous les morceaux», a-t-il dit le mois dernier. «Il possède des ambitions politiques qui vont au-delà du poste de gouverneur de district.»

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