Le capitaine Semrau expulsé de l'armée canadienne

Le capitaine Robert Semrau, photographié avec sa conjointe,... (Photo: PC)

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Le capitaine Robert Semrau, photographié avec sa conjointe, lors de son arrivée mardi à la Cour martiale.

Photo: PC

John Ward
La Presse Canadienne
Gatineau

Le capitaine Robert Semrau, des Forces armées canadiennes, a été démobilisé mardi par la Cour martiale, pour avoir abattu un insurgé taliban grièvement blessé en Afghanistan en 2008.

Semrau, âgé de 36 ans, avait été reconnu coupable de conduite déshonorante en juillet dernier, mais acquitté des accusations de meurtre non prémédité et de tentative de meurtre.

Le juge militaire, le lieutenant-colonel Jean-Guy Perron, l'a dégradé au rang de sous-lieutenant avant de l'expulser de l'armée.

Le lieutenant-colonel Perron a indiqué qu'il n'avait pu trouver de précédent pour déterminer la peine dans cette affaire. D'autres causes liées au concept de conduite déshonorante n'étaient d'aucune aide, car la plupart d'entre elles traitaient d'agression sexuelle. Le juge a aussi refusé de comparer l'incident afghan au scandale somalien des années 1990, au cours duquel plusieurs soldats canadiens avaient agressé et tué un adolescent détenu.

M. Perron a passé 65 minutes, mardi, à expliquer les motifs de son jugement. Il a décrit Semrau comme un officier exemplaire dont le courage et le leadership ont été signalés par de nombreux soldats. Le geste posé par le capitaine Semrau «n'était pas dans sa nature», a ajouté le juge, tout en soulignant que cela ne diminuait pas la gravité de la faute.

Des témoins ont affirmé que Semrau avait tiré deux balles sur un insurgé gravement blessé, puis leur avait expliqué qu'il voulait abréger les souffrances de l'homme. Le corps de la victime n'a jamais été retrouvé.

Selon le juge Perron, cela constituait un grave manquement à la discipline militaire. Pour lui, une peine de prison n'était pas appropriée, et il n'était pas nécessaire d'expulser Robert Semrau des Forces «avec disgrâce», ce qui l'aurait empêché d'occuper un emploi au gouvernement ou de servir la Couronne de quelque manière que ce soit.

«Vous avez personnellement échoué à obéir à l'un de nos plus importants principes: celui de l'utilisation de la force en accord avec des ordres légitimes, a dit le juge. Vous avez pu être déchiré entre vos valeurs morales personnelles et vos devoirs en tant que soldat canadien.»

Le lieutenant-colonel Perron a cependant ajouté que le capitaine Semrau était également en position d'autorité. «Comment peut-on s'attendre à ce que nos soldats respectent les règles de la guerre si nos officiers ne le font pas?», a-t-il demandé.

La défense avait demandé une dégradation et une sévère réprimande, tandis que la partie demanderesse recommandait une peine de prison de deux ans moins un jour, en plus de la démobilisation.

Robert Semrau, 36 ans, a servi avec les forces armées britanniques avant de se joindre aux troupes canadiennes. Au moment de l'incident, il faisait partie d'une équipe de soldats canadiens assignés à l'armée nationale afghane en tant que mentors.

Le procès s'est déroulé de façon intermittente pendant sept mois, incluant un voyage en Afghanistan pour recueillir le témoignage d'Afghans.

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