Le directeur général de L'Isle-Verte défend les pompiers

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Rivière-du-Loup

«Ce n'est pas moi qui va dire que nos pompiers ne sont pas corrects et n'atteignent pas leurs objectifs.» Le directeur général de la municipalité de L'Isle-Verte, Guy Bérubé, s'est lancé dans une défense vigoureuse de ses pompiers volontaires et de leur chef, Yvan Charron, mardi, à l'enquête du coroner sur l'incendie de la Résidence du Havre, qui a fait 32 morts en janvier dernier.

Son plaidoyer intervient après deux jours de témoignages qui ont durement malmené le travail des pompiers dans la nuit du 23 janvier.

«Si on le compare aux autres, je peux être fier de notre service de sécurité incendie, la population peut être fière aussi», a déclaré M. Bérubé, qui a fait valoir que le service arrive même à recruter des jeunes, parce que Yvan Charron est considéré comme un «modèle».

«Je ne l'ai pas vu perdre le contrôle. (...) C'est un homme d'équipe capable de diriger des personnes. Je lui lève mon chapeau. Il peut les répartir comme il veut. (...) Il règne une belle harmonie», a-t-il dit.

M. Bérubé a reconnu qu'Yvan Charron avait une personnalité forte d'un «leader» et qu'il avait eu des «frictions» avec le conseil municipal précédent.

Si d'un côté le directeur général a vanté les équipements «à la fine pointe» dont disposait la brigade et la hausse des budgets consacrés à la lutte aux incendies, il a dû admettre que la formation faisait défaut chez une bonne partie des pompiers et la totalité des officiers.

M. Bérubé a soutenu que la formation, même si elle était fortement préconisée par la MRC, était mal adaptée et peu flexible pour des pompiers bénévoles, qui pourraient être tentés de décrocher.

«Il faudrait des changements, sinon nos brigades locales vont disparaître», a-t-il dit.

Sa défense ne s'arrêtait pas là: le réseau d'alimentation en eau de la municipalité était en bon ordre selon lui, même si sa pression et son débit ont été mis en cause lors de l'intervention. Le schéma de couverture des risques indiquait que «zéro borne (-fontaine) était conforme», a eu beau rétorquer Me Dominique Bertrand, l'avocate des propriétaires de la résidence, M. Bérubé a dit qu'il ne pouvait «tout regarder à la loupe» dans le schéma.

«Personne n'est en mesure de me dire qu'il a manqué d'eau ou que la pression n'était pas forte», a-t-il affirmé.

Plus tôt en journée, un portrait plutôt accablant de l'intervention des pompiers avait été esquissé par le coordonnateur en sécurité incendie de la MRC de Rivière-du-Loup.

C'était le chaos lorsque Christian Chénard-Guay est arrivé sur les lieux de l'incendie vers 1h00, 38 minutes après la première alerte. L'intervention des pompiers était loin de se dérouler dans les règles de l'art: absence de poste de commandement et de mesures d'évacuation, retards dans les délais d'intervention, effectifs dispersés et peu nombreux, problèmes d'alimentation en eau.

M. Chénard-Guay n'avait pas de rôle de commandement, mais arrivait en soutien étant donné l'ampleur du désastre. Ce sont les pompiers de L'Isle-Verte et leur chef, Yvan Charron, qui peinaient à s'organiser.

«Je n'ai pas vu beaucoup de pompiers, et il n'y avait pas beaucoup de choses de démarrées», a-t-il dit, alors que l'incendie faisait rage depuis déjà 40 minutes, considérant qu'il faut seulement 10 minutes pour atteindre un embrasement général dans une pièce.

Les brigades de pompiers et équipements nécessaires pour atteindre la force de frappe requise sont arrivés autour de 1h00, alors que leur arrivée aurait dû se faire en 25 minutes, vers 00h45, selon le schéma de couverture prévu par la MRC, a confirmé M. Chénard-Guay.

Le chef des pompiers de L'Isle-Verte, Yvan Charron, a appelé des renforts des municipalités voisines vers 00h41, or il aurait dû immédiatement appeler à l'aide les brigades voisines après l'alerte confirmée dans ce bâtiment considéré à haut risque, vers 00h22-00h25, toujours selon M. Chénard-Guay.

L'équipe B, c'est-à-dire la brigade de L'Isle-Verte et son chef, ont reçu l'alarme générale à 00h26, priorité A, c'est-à-dire urgence importante, toujours selon le registre des appels et messages.

Ironiquement, on a aussi appris qu'une entente d'entraide automatique était officiellement en place depuis le 1er janvier entre plusieurs municipalités de la région dont L'Isle-Verte, mais il n'y avait pas d'empressement à la mettre en oeuvre en raison de réticences politiques.

Selon M. Chénard-Guay, on ne peut pas dire qu'Yvan Charron était «100 pour cent ouvert», il voulait garder son autonomie, mais il ne voulait pas bloquer le projet non plus.

Le directeur général de L'Isle-Verte, Guy Bérubé, a dit de son côté que comme l'entente était officiellement en vigueur depuis le 1er janvier, la MRC avait à prendre ses responsabilités de gestion le soir du 23 janvier, rejetant ainsi le blâme quant à la coordination des opérations sur M. Chénard-Guay.

L'avocat de la municipalité de L'Isle-Verte, Pierre Duquette, a quant à lui contre-interrogé de façon serrée le représentant de la MRC. Il a tenté de démontrer la futilité des exercices d'évacuation qu'avait supervisés M. Chénard-Guay en 2012 et 2013 dans la résidence.

Tableau à l'appui, il a pris l'exemple de huit personnes à mobilité réduite qui habitaient au deuxième et au troisième étage, qui sont toutes mortes dans le sinistre, et qui ne pouvaient évacuer le bâtiment dans les temps requis, selon lui.

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