«Un drame épouvantable», selon le préfet de la MRC

Les pompiers de six municipalités ont été appelés... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Les pompiers de six municipalités ont été appelés pour venir prêter main-forte à la brigade de pompiers volontaires de L'Isle-Verte.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Annabelle Blais, André Duchesne
La Presse

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, a été tiré du sommeil par le capitaine Benoit Plante de la Sûreté du Québec, vers 2:45 dans la nuit de mercredi à jeudi. « Il m'a avisé qu'il y avait un incendie majeur à L'Isle-Verte et m'a averti que selon toute vraisemblance il y aurait d'importantes pertes de vie humaine».

Jeudi, le bilan provisoire de l'incendie à la résidence du Havre était plusieurs morts et une trentaine de personnes disparues. « Il y a plusieurs disparus, mais on comprend que, possiblement, il y en a plusieurs d'entre eux qui sont des victimes», a indiqué à La Presse M. Lagacé qui revenait tout juste de la petite municipalité de 1400 habitants.

«Ce qui est encore plus pénible, c'est de savoir que plusieurs personnes étaient à mobilité réduite ou en fauteuil roulant, ça devait être une souricière...ça devait être épouvantable pour eux et pour les familles qui n'ont pas trouvé leurs proches sur place ou à l'hôpital...c'est un drame humain...ça n'a pas de bon sens», a soupiré M. Lagacé.

Les pompiers de six municipalités ont été appelés pour venir prêter main-forte à la brigade de pompiers volontaires de L'Isle-Verte. Les pompiers de Rivière-du-Loup offrent donc du soutien dans les casernes dont les effectifs sont sur le lieu de l'incendie.

«Ce qui est absolument dramatique, a poursuivi le préfet, est que l'incendie se soit produit la nuit. De jour, il y aurait eu la pharmacie, le CLSC, la brigade incendie aurait été mobilisée plus rapidement, mais c'est arrivée en pleine nuit où il y a moins d'effectifs», a expliqué M. Lagacé.

Selon Denis Boisvert, responsable de la Maison Louis-Bertrand, un site historique de L'Isle-Verte, la direction du vent a peut-être permis d'éviter que le feu ne se propage aux bâtiments de la rue.

«Dans le village, le long de la rue Saint-Jean-Baptiste, plusieurs résidences ont une grande valeur historique, dit-il. De plus, elles sont collées les unes sur les autres. La rue est parallèle au fleuve. Donc, si la nuit dernière, le vent avait soufflé dans le sens est-ouest ou vice versa au lieu de souffler du nord, il y aurait pu avoir beaucoup plus de dégâts», a-t-il expliqué à La Presse.

Depuis le milieu de la nuit, le préfet a multiplié les échanges avec le ministre Pascal Bérubé, responsable de la région du Bas-Saint-Laurent et le ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, pour discuter des actions à prendre et s'assurer que tous les besoins et services sont à leur disposition de la communauté de L'Isle-Verte. Il s'est aussi entretenu avec la mairesse suppléante Ginette Caron.

«Pour l'instant, les employés de la municipalité de L'Isle-Verte et les pompiers sont en contrôle. Mais il y a beaucoup d'adrénaline et il y aura des besoins de repos dans les prochaines heures, les autres brigades seront sûrement appelées en soutien», a ajouté M. Lagacé.

Un poste de commandement a été installé à l'école de la Moisson-d'Arts. La Croix-Rouge est aussi sur place pour offrir des ressources, mais aussi du réconfort.

Pascale St-Amand, présidente de la Corporation de développement économique et touristique de L'Isle-Verte, a souligné que la municipalité se caractérise entre autres par son important bassin de personnes âgées.

«Selon le dernier recensement datant de 2011, la municipalité comptait 1469 habitants dont 375 étaient des personnes de 65 ans et plus», a-t-elle dit.

Mme St-Amand a proposé son aide aux autorités. «Je suis passée par l'école primaire Moisson-d'Or pour offrir mes services. J'ai aussi laissé mon numéro de téléphone au CLSC où j'ai travaillé dans le passé. Cette histoire nous touche tous profondément. On n'a pas de mots face à ce qui se passe. On est sous le choc.»

Maurice Dionne, directeur de la Caisse populaire Du Parc et Villeray dont les locaux sont situés à moins de 200 mètres de la résidence du Havre a aussi proposé son aide. « On nous a dit que tout était sous contrôle pour l'instant. Par contre, à la fin de la journée, nous allons dépêcher des techniciens pour aider la pharmacie dans sa relocalisation temporaire dans le bâtiment de l'âge d'or», a-t-il affirmé.

M. Dionne, qui est établi à L'Isle-Verte depuis 1992, est fortement ébranlé par les événements. «Ce n'est pas évident à vivre ce matin, a-t-il confié. Les gens sont consternés et énormément affectés. Mais comme tout le monde se connaît, tous veulent se rallier autour des proches des victimes ou des résidants de la maison.»

La caisse compte 32 employés répartis dans quatre centres de services. Il compte 15 employés à L'Isle-Verte. «Dès demain (vendredi), nous allons permettre aux gens de faire des dons dans nos quatre centres de service. Le tout, en collaboration avec le Centre d'action bénévole de Rivière-du-Loup et la Croix-Rouge», a ajouté M. Dionne.

La Montréalaise Isabelle Michaud connaît bien la résidence du Havre car ses grands-parents paternels y ont longuement résidé avant leur décès survenu il y a quelques années. Selon elle, l'endroit offrait d'excellents services aux résidents. «J'ai souvent fréquenté l'endroit, dit Mme Michaud dont un grand-oncle et une petite-cousine se trouvaient hier parmi les personnes portées disparues. C'était un lieu très humain, ensoleillé et où le personnel était très respectueux envers ceux et celles qui y habitaient.»




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