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Nouveaux noms dans l'ex-empire d'Accurso

Joint en début de soirée, le PDG d'Hexagone,... (Photo Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Joint en début de soirée, le PDG d'Hexagone, Joël Gauthier, a fait valoir que ni Isabelle Perrault ni Alexandre Bibeau n'ont fait l'objet d'allégation laissant voir quelque problème que ce soit.

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Crise dans la construction

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Crise dans la construction

Allégations de collusion entre les entrepreneurs en construction, liens avec le crime organisé, intimidation sur les chantiers: consultez notre dossier sur la crise dans la construction et la commission Charbonneau. »

Hexagone, l'ex-empire de Tony Accurso qui tente de se refaire une virginité entre les mains de ses nouveaux propriétaires, a recruté à la fois une ex-membre de l'UPAC et un individu dont le nom a été cité par Lino Zambito à la commission Charbonneau.

La Presse a appris qu'Isabelle Perrault, une ex-collaboratrice de Jacques Duchesneau, a été embauchée l'été dernier par Hexagone afin de veiller sur l'intégrité et l'éthique au sein de l'entreprise.

Alexandre Bibeau a également été récupéré par Hexagone, où il est directeur des communications. Il est l'ex-chef de cabinet du ministre libéral David Whissell et avait dû abandonner la campagne à la direction de Philippe Couillard après que son nom eut été mentionné dans le témoignage de Lino Zambito devant la commission Charbonneau.

Une réputation à rétablir

La reprise de la majorité des entreprises de Tony Accurso par Groupe Hexagone, qui s'est réalisée l'an dernier, visait à rétablir la réputation d'un véritable empire entaché par des allégations de toutes sortes, depuis la fraude fiscale et la collusion jusqu'à l'établissement de liens incestueux avec le monde syndical et la politique.

Le pari semble avoir été gagné. À la mi-janvier, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a certifié la probité de la firme. Ce feu vert lui donne le droit d'obtenir les précieux contrats publics qui étaient son pain et son beurre à l'époque où elle était menée par M. Accurso.

M. Bibeau est le fils de Pierre Bibeau, un important organisateur libéral à qui l'entrepreneur collusionnaire Lino Zambito jure avoir versé 30 000$ en argent comptant pour le financement de la campagne de la ministre Line Beauchamp.

Dans son témoignage devant la juge France Charbonneau, l'ex-patron d'Infrabec avait ajouté qu'Alexandre Bibeau était intervenu en sa faveur pour calmer les ardeurs d'un collecteur de fonds libéral. Pierre Bibeau aurait appelé son fils Alexandre afin que celui-ci intercède auprès de Christian Côté, un collecteur de fonds libéral qui aurait réclamé 50 000$ à Lino Zambito.

À l'automne 2012, M. Bibeau a abandonné la campagne à la direction du Parti libéral de Philippe Couillard. «Pour ne pas nuire à mon chef, j'ai préféré prendre mes distances», a-t-il expliqué hier en entrevue téléphonique.

Savait-il effectivement qu'un collecteur de fonds de son parti politique réclamait 50 000$ à un entrepreneur? «Je ne peux pas vraiment commenter les travaux de la commission Charbonneau, a-t-il répondu. Je ne crois pas que j'ai à répondre à ça.»

Questions éthiques

Quant à Isabelle Perrault, elle est la rédactrice principale du deuxième rapport de l'Unité anticollusion (UAC) du ministère des Transports. C'est ce rapport que Jacques Duchesneau a défendu devant la commission Charbonneau et qui tendait à démontrer la mainmise des firmes de génie-conseil sur le ministère des Transports.

En septembre 2011, Mme Perrault s'est retrouvée à l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a avalé l'UAC sans M. Duchesneau. Selon les informations recueillies auprès de sources bien informées, les services de Mme Perrault ont été très peu utilisés, ses compétences en éthique étant fort «limitées».

Malgré cela, Mme Perrault a été embauchée l'été dernier par Hexagone, dont l'un des administrateurs, l'ancien conseiller politique libéral Mario Bertrand, est une connaissance de longue date. Mme Perrault est responsable des questions éthiques au sein de l'entreprise.

Au même moment, Hexagone cherchait à montrer patte blanche auprès de l'AMF afin d'obtenir son certificat et d'ainsi brasser des affaires avec le gouvernement. «On a pris des mesures très strictes en matière d'éthique, dont l'embauche d'une directrice à l'éthique qui a pondu un code d'éthique. C'est sûr que pour l'AMF, le fait qu'on ait une directrice à l'éthique et un code d'éthique, ça n'a sûrement pas nui», a reconnu le directeur des communications, M. Bibeau.

Joint en début de soirée, le PDG d'Hexagone, Joël Gauthier, a pris la défense de ses deux employés. «On embauche des gens compétents. Ni M. Bibeau ni Mme Perrault n'ont fait l'objet d'allégations laissant voir quelque problème que ce soit. Nous sommes très satisfaits de leurs services», a-t-il conclu.




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