Des dizaines d'employés quittent la CCQ

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Au bureau de Diane Lemieux, PDG de la CCQ, on est conscient de la grogne contre la direction, mais on minimise ce nouveau face-à-face et son impact sur l'organisme.

Photo: Alain Roberge, Archives La Presse

 

Fabrice de Pierrebourg, Francis Vailles et André Noël
La Presse

La grogne contre Diane Lemieux augmente d'un cran au sein de la Commission de la construction du Québec (CCQ). Depuis décembre, 63 employés craintifs ont pris leur retraite et près de 90 autres envisagent de le faire, a appris La Presse.

Cette vague arrive dans une période cruciale pour la CCQ, chargée de remettre de l'ordre dans la construction. Ces 150 employés, dont plusieurs ont des pouvoirs d'enquête, représentent plus de 15% de l'effectif.

Ces employés sont en désaccord avec les méthodes de celle que l'on surnomme «la lionne». Déjà sous la menace d'un lock-out, ils craignent aussi que les négociations du contrat de travail leur fassent perdre d'importants acquis en matière de retraite. L'enjeu excéderait 100 000$ pour ceux qui sont proches de la retraite, soutient le syndicat.

«Les employés ont peur. Même si nous avons un avis juridique en notre faveur, ils ne veulent pas courir de risques; plusieurs préfèrent partir», affirme Serge Cadieux, président national du SEPB.

Les 63 employés étaient tous admissibles à leur retraite au cours des trois prochaines années, comme les 90 autres, explique M. Cadieux. Ils préfèrent prendre leur retraite prématurément malgré la pénalité de 6% par année plutôt que de peut-être perdre la généreuse rente de transition et l'indemnité de retraite.

La rente de transition permet aux employés d'avoir, entre 55 et 65 ans, l'équivalent de ce qu'ils obtiendront avec le Régime des rentes du Québec (RRQ) à partir de 65 ans. Cette rente peut représenter jusqu'à 100 000$, estime M. Cadieux. Quant à l'indemnité de retraite, elle peut atteindre l'équivalent de 17 semaines de salaire (1 semaine par année de service).

Au bureau de Diane Lemieux, on est conscient de la grogne contre la direction de la CCQ, mais on minimise ce nouveau face-à-face et son impact sur l'organisme. «Quelles que soient leurs motivations, ces gens-là seraient partis de toute façon à la retraite prochainement», a dit à La Presse Louis-Pascal Cyr, conseiller de Diane Lemieux.

Le déficit du régime de retraite est impressionnant. Au 31 décembre 2011, l'employeur estime qu'il frisait les 136 millions. Le financement du déficit représente 25% de la masse salariale.

Tensions

La situation est tendue depuis la nomination de Diane Lemieux en janvier 2011 comme PDG. La CCQ est un «maillon fondamental» pour le bon fonctionnement de l'industrie, avait-elle déclaré. «Ce maillon ne peut être ni faible ni vulnérable. [...] Je veux séparer le bon grain de l'ivraie, les dérapages des actes systémiques.»

En mars 2011, la CCQ avait entamé, en vertu de la nouvelle loi sur la corruption, la vérification des antécédents des 300 employés investis d'un pouvoir d'enquête. Immédiatement, le syndicat SEPB avait déposé une requête en injonction en cour contre cette «intrusion injustifiée dans la vie privée du syndiqué».

La moitié des «démissionnaires retraités» depuis décembre, faut-il préciser, fait partie de ce groupe.

L'autre pomme de discorde est l'affiliation syndicale. Pour éliminer tout risque d'influence, les «enquêteurs» devront s'affilier à un syndicat qui n'a aucun lien avec la construction. Or, la SEPB est affiliée à la FTQ, qui a en son sein la FTQ-Construction. Le litige est désormais devant la Commission des relations de travail (CRT).

Le syndicat vient justement de demander la suspension des négociations tant que la question de l'affiliation «des enquêteurs» n'aura pas été tranchée. De son côté, l'employeur veut régler d'abord le contrat des 600 employés de bureau et négocier ensuite celui des 300 «enquêteurs».

Message aux employés

Hier, Diane Lemieux a transmis un courriel aux employés de bureau. «Quelle situation étrange! Votre syndicat veut suspendre les négociations. Un syndicat veut habituellement accélérer les négos, forcer les négos... Mais les suspendre? C'est le monde à l'envers. Et du jamais vu!»

Une initiative que digère mal le syndicat. Serge Cadieux avertit que cette critique de la stratégie syndicale est une forme d'«ingérence» qui pourrait valoir à la lionne une nouvelle plainte devant le CRT.

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