Charest refuse toujours de tenir une enquête publique

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(Québec) Avec désormais la FTQ-Construction comme seul allié, le gouvernement Charest a de nouveau dit non à la tenue d'une enquête publique sur la corruption dans l'industrie de la construction et l'octroi des contrats municipaux.

Et même l'opposition de la FTQ à l'enquête publique paraissait ambiguë: pendant que Richard Goyette, le directeur général de la FTQ-Construction, soutenait que ces commissions étaient proches de l'inquisition, parce qu'elles ne respectaient pas les règles de preuves et d'audition de témoins appliquées au tribunal, Michel Arsenault, le patron de la même centrale, était d'un autre avis. Pour lui, l'enquête publique est un recours légitime.

Pour M. Arsenault, le gouvernement devrait adopter rapidement une loi pour resserrer les règles dans l'adjudication des contrats municipaux et le financement des partis politiques. «Sinon qu'on aille à l'enquête publique», a poursuivi le président de la FTQ, une enquête qui toutefois ne toucherait pas le secteur de la construction, comprend-on.

«J'espère que la population va être révoltée devant l'attitude du premier ministre», a soutenu hier en point de presse la chef péquiste Pauline Marois.

Comme Mme Marois, pour sa première question comme chef de l'ADQ, Gérard Deltell a relevé qu'avec les policiers de la SQ et les procureurs de la Couronne, «les deux bras légaux du gouvernement» étaient désormais favorables à la tenue d'une enquête publique. Par son refus, le gouvernement Charest «mine la crédibilité du Québec», a soutenu l'adéquiste.

La sortie de l'Association des procureurs de la Couronne en faveur de l'enquête a déclenché une intervention rarissime du directeur général des poursuites, Me Louis Dionne, qui «s'étonne de cette intervention qui semble s'apparenter à de l'ingérence dans les pouvoirs gouvernementaux».

À l'Assemblée nationale, face à Pauline Marois qui exigeait de nouveau une enquête, le premier ministre Charest a indiqué qu'une telle démarche repousserait de deux ans toute intervention pour enrayer le problème. «Cette affaire, on la prend très au sérieux, comme tous les Québécois. C'est pourquoi le gouvernement priorise les enquêtes policières, tout ce qui peut aller au fond des choses», a-t-il soutenu hier.

Le PQ, selon lui, doit plutôt faire face à ses responsabilités de législateur et collaborer à l'adoption de plusieurs initiatives du gouvernement.

La liste des interventions de Québec est longue, insiste-t-il. L'escouade Marteau, un projet de loi pour resserrer les règles dans l'industrie de la construction, un autre sur l'adjudication des contrats par les municipalités et de nouvelles règles plus contraignantes pour les appels d'offres émis par le Conseil du Trésor.

Pour Pauline Marois toutefois, il est un peu étonnant que Québec s'en remette aux enquêtes policières quand les policiers eux même recommandent une enquête publique.

Cherche-t-on «l'intérêt du Parti libéral ou l'intérêt de la population. Les policiers disent qu'ils ne suffisent pas, ils sont assez bien placés pour le savoir», a insisté Mme Marois.

Plus tôt devant la commission parlementaire chargée d'étudier un projet de loi pour «lutter contre la criminalité dans l'industrie de la construction», le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette, s'est opposé sans équivoque à une commission publique, une opération qui risque de devenir «un cirque» où sa centrale serait le bouc émissaire, prédit-il.

Le ministre Sam Hamad pilote actuellement en commission parlementaire le projet de loi 73 pour hausser une longue liste d'amendes pour les contraventions à la loi R-20 qui régit ce secteur.

Québec veut aussi empêcher qu'une personne avec des antécédents criminels liés à la construction puisse agir comme délégué de chantier pour un syndicat. Pour M. Goyette, ces dispositions devraient prévaloir aussi pour les surintendants patronaux. Le directeur de la FTQ-Construction n'a pas été tendre avec le projet de loi qui pour lui vise davantage à calmer l'opinion publique qu'à régler des problèmes.

Québec joue sur la confusion en parlant à la fois de relations de travail et de «lutter contre la criminalité dans l'industrie de la construction».

M. Goyette est le successeur de Jocelyn Dupuis qui avait défrayé la chronique pour des comptes de frais de plus de 120 000$ en six mois. La direction de la FTQ avait promis que ces cotisations des salariés allaient être récupérées. Pour M. Goyette, il n'y a pas lieu de transmettre le dossier à la police. «C'est une question interne entre la FTQ et M. Dupuis», a-t-il soutenu.

L'ancien directeur de la FTQ-Construction a quitté récemment le Québec, avec son Winnebago et sa Corvette en remorque, pour passer l'hiver dans le Sud, ont indiqué hier des sources dans l'industrie.




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