CLASSE: quelques centaines de manifestants à Montréal

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La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rompu l'accalmie estivale en organisant une manifestation qui se voulait perturbatrice, mais qui n'aura permis d'empêcher l'accès à la tour d'Hydro-Québec que pendant une vingtaine de minutes.

Les militants auront surtout démontré que l'été ne les a pas engourdis.

La plus importante des associations étudiantes en grève avait organisé cette «action de perturbation nationale» qui se voulait une reprise des hostilités au terme d'un été calme dans la rue, mis à part les manifestations des 22 du mois et la 100ème marche nocturne.

«Ce conflit n'est pas réglé parce qu'on est en élection. La campagne n'efface pas tout pour recommencer à zéro ensuite», a lancé Laurence Lagouarde, du groupe des Mères en colère.

Peu après midi, le groupe composé d'entre 200 et 300 manifestants s'est mis en marche, au départ du carré Phillips. Après quelques minutes de marche vers l'est sur la rue Sainte-Catherine, le groupe s'est mis à courir, un bon moment, jusqu'au boulevard René-Lévesque où ils se sont installés sur le parvis de la tour d'Hydro-Québec.

Camille Robert, co-porte-parole de la CLASSE, a indiqué que Hydro-Québec est un symbole fort «de la hausse des tarifs du gouvernement Charest» que contestent les étudiants. Elle a aussi déploré le rôle de la société d'État dans le dossier de l'exploration pétrolière à Anticosti.

Puis, sa collègue Jeanne Reynolds a scandé que, même si plusieurs politiciens et commentateurs  suggèrent aux étudiants de se faire discrets et rentrer en classe pour ne pas donner raison aux libéraux et à la loi 78, «les seules munitions que nous pourrions donner aux politiciens, ça serait de se taire».

Leur siège à Hydro a duré un peu plus d'une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que des policiers du groupe d'intervention du SPVM s'approchent d'eux et les fassent déguerpir. Le SPVM affirme s'être fait lancer quelques morceaux d'asphalte à cet endroit.

Puis le groupe s'est en bonne partie désagrégé, et un peu moins d'une centaine de personnes ont continué à déambuler dans les rues, suivies par les agents casqués. Passant dans le chantier du CHUM, avenue Viger, ils ont renversé quelques cônes, ce qui a donné lieu à des prises de bec avec des travailleurs.

«Où est votre solidarité syndicale ?», leur a demandé une manifestante.

Ils ont marché jusqu'à l'angle Sainte-Catherine et Université. Là, n'étant plus que 30 ou 40, les policiers, arrivant dans tous les sens, les ont repoussés sur les trottoirs. Fin de la manifestation et pluie d'insultes aux policiers.

Et selon plusieurs manifestants, cette tension renouvelée ne risque pas de baisser avec la rentrée qui approche. Jusqu'ici, la police de Montréal n'a pas appliqué la loi 78, préférant s'en remettre au règlement municipal P-6 sur le port du masque et l'itinéraire. Mais si des grévistes bloquaient l'entrée aux institutions où reprennent les cours, l'application de la loi 78 pourrait trouver son sens.

«Quand les mandats de  grève ont été votés, les directions de cégeps ont respecté les votes et ça s'est bien passé. Là où ça a brassé, c'est là où les directions ont tenté de forcer la reprise des cours», note Jeanne Reynolds, qui souhaite que les établissements collaborent là où la grève sera reconduite.

Lors du congrès de la CLASSE, le weekend prochain, elle dit qu'il sera discuté de la façon de faire respecter les mandats de grève dans le cadre de la loi 78, que l'association n'hésite pas à défier dans le moment.

Manifestant et futur étudiant au collège Édouard-Montpetit, Félix Lefrançois-Sabourin concède qu'il serait idéal pour faire respecter ces mandats que ceux-ci soient le fruit du vote de plusieurs étudiants.

«Quand on a juste un quorum de 10 %, et que le vote de reconduction passe à 51 %, c'est techniquement légitime, mais ça a moins de poids contre ceux qui veulent le retour en classe», dit-il.

Son amie, étudiante en psychologie à l'UQAM, croit que si la police applique la loi 78 lors de la rentrée, le système judiciaire sera embourbé par les contestations de la loi.

Relisez notre couverture en direct de l'événement.




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